‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 258 sur 295 · CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME

Missionnaires à Sillery, de 1659 à 1670.— Pas de baptêmes de sauvages en 1669 et 1670. — Causes de la décadence de la bourgade. — La traite de Teau-de-feu. — Mort de Noël Négabamat en 1666. — Election de son successeur en 1669. — Les boissons alcooliques s'introduisent peu à peu dans la bourgade de Sillery. — La petite vérole de 1670. — La ruine.

Pendant que la Nouvelle-France, sous l'impulsion de M. de Tracy et l'habile direction de Talon, voyait commencer une ère de prospérité inconnue jusqu'alors, et que la paroisse de Sainte- Foy prenait ce développement rapide dont aucune autre peut-être dans le pays n'offre l'exemple, la bourgade algonquine, qui lui avait donné naissance, entrait au contraire dans la voie de la décadence et de la ruine.

La mission, de 1659 à 1663 avait été dirigée par les PP. Druillètes et Bailloquet, aidés, pour le temporel, du frère Jean Feuville. Le liber baptisatorum montre qu'il en fut de même en 1663 et 1664. (T) Cette dernière sour-

1 Les catalogues annuels n'indiquent, pour ces deux années, ni le lieu ni l'emploi.

ce d'information nous offre encore les noms du P. Jacques Frémin, de la fin de 1660 au mois de mai 1663, du P- Henri Nouvel, d'octobre 1662 à 1665, où ce père devint supérieur. U) Les pères Rafïeix et Louis Nicolas lui sont donnés pour compagnons par les catalogues annuels, mais, en 1665, le premier ne paraît pas et l'autre n'est mentionné qu'une fois au liber baptisatorum, qui du reste contient probablement une lacune de la mi-mai 1665 au mois d'avril 1666.

Le P. André Richard, nommé alors supérieur, exerça cette charge jusqu'à la fin de 1669, où il fut remplacé par le P. Albanel. En 1666 on rencontre encore, aux catalogues annuels, les noms des PP. Nouvel, Nicolas et Marquette, que fournit aussi le liber-baptisatorum, outre ceux des PP. Julien Garnier, Thierry Bèchefer et Bruyas. En 1667 on retrouve les PP. Bailloquet et Druillètes et ce dernier était encore à Sillery l'année suivante avec le P. Nouvel et le frère Maigneret, qui y demeura jusqu'en 1672.

Les PP. Albanel, Beaulieu et Nicolas aidèrent le P. Richard en 1669, et *e premier lui succéda Tannée suivante dans la charge de supérieur. Le nombre de baptêmes d'enfants sauvages, toujours très faible depuis 1660, tombe à zéro en 1669 et en 1671.

C'est que la célèbre mission algonquine, — il semble que les Montagnais se fussent dispersés dès avant cette époque, — n'était plus alors qu'un souvenir.

On peut en accuser l'inconstance naturelle aux sauvages, l'amour de la vie nomade. Mais il est des causes

plus efficaces qu'il est bon de rechercher.

1 Catalogues annuels.

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