‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 263 sur 295 · CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME

ni la principale cause de sa décadence : un malheur pareil en 1639 n'avait pas empêché la mission de se développer et de prospérer. La vraie cause de la ruine, il faut la chercher dans le vice qui a été signalé plus haut, l'ivrognerie. (0

C'est la plainte unanime des missionnaires chez les Iroquois comme ailleurs, (2) que les boissons paralysent leurs efforts et ruinent leurs chrétientés, que c'est le plus grand obstacle à la conversion des indigènes. Lorsqu'ils peuvent en préserver leur néophytes, ils s'en réjouissent comme d'un événement très heureux et de grande importance.

Cette peste s'était introduite peu à peu à Sillery ; des témoignages, assez rapprochés des faits pour être considères comme contemporains, l'établissent d'une façon péremptoire. Et cela expliquerait pourquoi la petite vérole, en 1670, y trouvant un terrain tout préparé par l'intempérance, fit tant de victimes, tandis que Notre- Dame de Foy, encore dans la première ferveur, perdit si peu de monde.

Mgr de St-Valier, dans la description qu'il fait de son diocèse, dit en parlant de Sillery : " C'est propre - " ment le pays des Algonquins qui faisaient autrefois " une très florissante mission, mais, s'étant rendus in- " dignes des grâces qu'ils avaient reçues, Dieu a substi-

1 On aura remarqué les barils dans les "armes de M. de Sillery : c'était de mauvais augure.

2 Voir lettre du P. Lamberville, 25 août, 16S2 ; éd. Burrows LXII ; p. 68, ss.— Rel. 1675. p. 244, vol. I/IX.— ib. p. 256 ; vol LVIII p. 82, p. 114, p. 250; Rel. 1673, 1674, (I/VII) p. 66 ; Rel. 1672, 1673 passim etc. Voir aussi L,X, p. 236, lettre du P. Vaultier.

" tué depuis peu données les Abénakis à leur place." (r> Le P. Bèchefer, qu'on a vu à Sillery en 1666, témoin oculaire, dans une lettre datée d'octobre 1683, (2> est plus explicite : " Sillery, dit-il, est le pays des Al- ' gonquins où ils faisaient autrefois une des plus floris- ' santés missions du Canada ; mais l'ivrognerie y a fait 1 un si furieux dégât qu'il n'y a plus que quelques mi- ' sérables restes de cette nation, qui se sont dispersés * dans les bois et dans des lieux où n'ayant plus de mis- ' sionnaire qui leur reproche leurs désordres, ils puissent ' s'y laisser aller avec pius de liberté. Il semble que la i Providence de Dieu ait fait venir ici les Abnakis dans ' le dessein de les substituer aux Algonquins.

C'est un de ces exemples, si nombreux dans l'histoire, où Dieu se retire d'un peuple qui méprise ses bienfaits, pour les porter avec le flambeau de la foi a un autre qui s'en montrera plus digne.

Varrivée des Abénakis en 1676 donna à Sillery un regain de jeunesse qui ne dura que psu d'années.

Entre temps le P. Chaumonot avait construit à la côte Saint-Michel, pour les H urons, une chapelle dédiée à Notre - Dame de Foy. En 16^8 on y bâtit une église en pierre qui est

1 Mandements des Ev., de Québec, I, p. 241. Doc. vers r pp. 191-265.

2 Ed. Burrows, LXII, p. 25S— Voir le P. Rochemonteix, III,

224, s., notes.

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