‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 38 sur 295 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

crut pouvoir confier à de plus habiles mains la charge d'ambassadeur extraordinaire en Espagne (1614) et plus tard à Rome (1 621-1624). " En cette dernière occasion, " voulant qu'il surpassât en magnificence toutes les u autres couronnes, elle lui fit tenir soixante mille écus u pour le jour de son entrée " dans la Ville Eternelle. Le spectacle fut en effet superbe. M. de Sillery " était " dans un carrosse ouvert, en forme de calèche, tout u brillant d'or, même jusqu'aux roues qui étaient dorées. u Ses chevaux étaient ferrés avec des plaques d'argent, l* qui ne tenaient que par un seul clou, afin que, venant " à se détacher, elles fussent ramassées par les pauvres " à qui, outre cela, il faisait jeter quantité d'argent. " Son carrosse était entouré de douze gentilshommes " bien montés et superbement vêtus, et de douze valets " de pied, d'une riche livrée, suivis des carrosses que le " pape avait envoyés pour lui faire honneur. Sa Sainteté " fut sur un balcon pour voir cette entrée. M. l'ambas- " sadeur était vêtn en chevalier de Malte avec sa croix " enrichie de diamants. " i1)

D'abord envoyé extraordinaire de Marie de Médicisj il devint ambassadeur régulier au départ du marquis de Cceuvres qui avait demandé son rappel. (2)

1 Note 2, p. 216, Vie citée ; et aussi p. 17. L'ouvrage que nous analysons ne pèche pas par excès de dates. Cependant une petite note, p. 17, dit que le commandeur fut en ambassade en 1614, âgé de trente-sept ans. D'autre part, à la fin, la note 9, p. 221, 222, dit qu'il était ambassadeur à Rome en 1624.

2 On lui avait fait jouer un rôle désagréable. Pendant que l'ambassadeur était chargé de faire des instances pour obtenir l'élévation de l'évêque de Luçon au cardinalat, le roi de France faisait mander secrètement au Pape de n'en rien faire. Voir une ancienne Vie de Richelieu, publiée à Cologne en 1696, sans nom d'auteur ni

Chose intéressante pour nous, l'objet principal de la mission de M. de Sillery était d'obtenir le chapeau de cardinal pour Richelieu, en récompense de la réconciliation que ce prélat avait opérée entre Marie de Médicis et son fils Louis XIII (1620-162 1).

Il y réussit : Richelieu nous l'apprend lui-même dans une lettre, du trente juin 1622, où il remerciait le marquis de Puisieux auquel il se croyait en partie redevable des bons offices de son oncle, le commandeur de Sillery, en cette affaire du cardinalat. (0 II ajoutait en post-scriptum :

"M. l'ambassadeur a esté le mieux receu du monde, " il tient une très grande maison, on n'a point veu de " si beaux meubles que les siens, ses livrées passent " toutes autres qui y ayent esté faictes ; enfin sa " despense étonne les Italiens desquels tous il est " estimé. "

Le vingt-deux (2) et le vingt-huit septembre, il témoignait de sa reconnaissance au commandeur de

d'éditeur, vol I, p. 79-80. — Bibliothèque de l'Hôtel-Dieu de Québec. La biographie citée dit que Paul V régnait lors de l'arrivée de M. de Sillery à Rome. Ce pape est mort le 18 janvier, 1621.

1 Avenel, " Documents inédits sur P histoire de France. Lettres, instructions diplomatique et papias d' Etat du cardinal de Richelieu. Paris, Imprimerie impériale, 1853, I, p. 713-714. — Biblioth . de l'Univ. Laval. M. l'abbé Amédée Gosselin, préfet des études, a consulté, pour nous cette précieuss collection et nous a fourni ces renseignements,— comme beaucoup d'autres, au reste, qu'il a tirés des riches archives du Séminaire de Québec, et souvent copiés de sa main ! — Je n'ose pas dire merci : le mot me semble pâle. Le bon La fontaine a bien raison de dire :

" Qu'un ami véritable est une douce chose !"

2 Ibid. I. p. 725.

( D'après une estampe du XVI ïe siècle )

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