CHAPITRE SIXIÈME, 1637-1638 8î
Le premier était supérieur et devait conserver cette charge jusqu'en 1647. Les deux familles sauvages se présentèrent et furent reçues à bras ouverts, mais, bien que composées de vingt personnes, on ne put leur donner qu'une seule pièce assez petite, où elles restèrent plusieurs mois sans que (J) l'ombre d'une dispute vînt troubler leur bonne harmonie.
Restait une inquiétude au sujet de la réponse attendue de France. Dans l'été on apprit que les pères qui l'apportaient étaient arrivés à Tadoussac. Dans leur impatience, Négabamat et Nénaskoumat, craignant que le vaisseau où étaient les nouveaux missionnaires (2) ne fût retardé par le vent d'ouest, allèrent au devant d'eux jusque-là, et les ramenèrent sur leur canot d'écorce rapide comme le vent. " Notre joie fut double, écrit le " P. Le Jeune, et de voir nos Pères en bonne santé et " d'apprendre les saintes volontés de cet homme vraiu ment de Dieu, lequel accordait ce secours aux pauvres
vint aussi au Canada en 1637, repassa en France en 1658 et mourut à Quimper en 1668. Rel. édit. Burrows, loc. cit.
La copie des catalogues annuels, dont nous nous servons, nous a été gracieusement fournie par le R. P. Melançon, archiviste du collège Sainte-Marie, à Montréal.
Lss deux premiers missionnaires de Sillery furent bien les PP . Dequen et Le Jeune : une note marginale, d'une écriture ancienne, les désigne expressément.
1 Rel. 1638, loc. cit.
2 PP. François Duperon et Simon Le Moyne probablement, qui arrivèrent tous deux le 30 juin 1638. Relation des Jésuites, Ed. Bura rows, vol LXXI, 1901. p. 143. — Le P. Jérôme Lalement élait arrivé le 25 juin [ibid)— .Quant au P. Raymbault, il était au pays dès 1637 {ibid): Voirie P. Rochemonteix, op. cit. I. 181, s. Dans cette circonstance, il y avait deux pères. Rel. 1638 p. 19, édition de 1658, que nous citons toujours, sauf avis contraire.
" sauvages avec un cœur si dénué et plein d'amour que " nous en restions tout étonnés. (0
La lettre du commandeur confirmait le fait accom. pli. C'est en son honneur que l'anse prit le nom de Sillery qui s'est étendu au fief entier. M. de Sillery ne pensait qu'à la gloire de Dieu, il a reçu ici bas une récompense qu'il ne cherchait pas : la gloire humaine lui a été donnée par surcroît et son nom, attaché à l'une des plus belles paroisses qui forment la parure des bords du Saint- Laurent, est pour nous impérissable.
1 Rel. 1638, p. 19.
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