‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 65 sur 295 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Arrivée des Ursulines et des Hospitalières à Québec . — I^es pre* mières élèves des Ursulines. — Marie Négabamat.— L,a petite vérole en 1639. — Les deux premiers capitaines de Sillery à l'hôpital. — Mort de François-Xavier Nénaskoumat . — Dévouement des Hospitalières et des Jésuites ; — résignation des malades.-— Mme de la Peltrie à Siilery pour la fête de Noël.

Marie Guyart, (0 en religion la mère Marie de l'Incarnation, surnommée la Thérèse de la Nouvelle-France, était arrivée à Québec le premier d'août 1639, accompagnée de deux autres Ursulines, la mère Marie de Saint-Joseph et la mère Cécile de la Croix : elles venaient consacrer leurs vies à l'éducation des filles sauvages, Une jeune femme aussi remarquable par sa beauté que par sa naissance, madame de la Peltrie, venait les aider de sa personne et de sa fortune. Madeleine de Chauvigny, (2) fille unique d'une noble famille de Normandie, avait eu dès l'enfance le goût de la piété et des bonnes oeuvres. Dédaignant les avantages, que pouvaient lui procurer, dans le monde, sa grâce, son rang et ses richesses, elle aurait voulu se donner toute à Dieu, mais elle dut, par

1 Voir sa vie par l'abbé Richaudeau et par l'abbé Cas^rain.

2 Née en 1603. Vie de la vén. M, de V Incarnation, par M. labbé Casgrain, 1. II, ch. VII, p. 126, ss.

BIBUOTHECA

IOO PREMIÈRE PARTIE, 1541-1670

obéissance à son père, accepter pour époux le chevalier Charles Grivel de la Peltrie. Ces liens furent bientôt brisés par la mort, et madame de la Peltrie, restée seule, après avoir traversé de cruelles épreuves, surmonté les obstacles mis par sa famille à son sacrifice, put venir au Canada mener cette vie de charité et d'abnégation, qui lui a valu une si belle place parmi les femmes illustres de notre histoire.

En même temps, trois Augustines de Dieppe, dont la plus âgée, la mère Marie Guénet de Saint-Ignace, (0 n'avait que vingt-neuf ans, étaient envoyées par la duchesse d'Aiguillon pour fonder un Hôtel-Dieu.

Reçues avec grande pompe, au bruit du canon et au chant du Te Deum, on conduisit, le lendemain de leur arrivée, les héroïques religieuses à Sillery (2) pour leur faire voir ces sauvages, qu'elles aimaient sans les connaître et dont elles avaient si grand désir de procurer l'instruction et de soulager les misères. " Quand

1 Les deux autres, la mère Anne Lecomte de Saint-Bernard et la mère Marie Forestier de Saint-Bonaventure, avaient, l'une vingthuit et l'autre vingt-deux ans.

Le P. Vimont, nouveau supérieur des Jésuites, et le P. Chaumonot, arrivèrent aussi cette année- là. V. le P. Rochcmonteix, op. cit., I, 401 ; — Ferland, I, 297.

2 "Le lendemain on nous mena à Sillery voir les sauvages, je " ne sçay lesquels, d'eux ou de nous, eurent plus de joye et d'éton- " nement de cette entrevue." Hist . abrégée de V établissement de V Hôtel-Dieu de Québec, fol. 9, manuscrit rédigé par la mère Juchereau de Saint- Ignace ou sous sa direction, et conservé aux arch. de l'Hôtel-Dieu. Avec une rare bienveillance la R. mère S. André, archiviste du monastère, l'a mis à notre disposition avec un volumineux carton de documents relatifs à cette histoire, et des notes précieuses que nous utiliserons ailleurs. Il n'est que juste de ren-

er à l'humble religieuse l'honneur qui lui est dû et de lui rendre l'hommage public de notre gratitude.

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