‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 91 sur 295 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

posée d'environ trente-cinq personnes, (0 tontes d'une grande piété, et la plupart opulentes, fut formée, sons le nom de Notre-Dame de Montréal, et acheta de M. de Lauson ses droits de propriété sur l'île de Montréal. La cession fut ratifiée par la compagnie des Cent-Associés (2) et par le roi. L'homme d'action, nécessaire pour organiser et commander l'entreprise lointaine, se présenta de lui-même : c'était Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, aussi remarquable par son courage que par la sainteté de sa vie, restée sans tache au milieu de la licence ,des camps. Dieu lui suscita un auxiliaire précieux dans la personne d'une fille de grande vertu, originaire comme lui de la Champagne, Jeanne Mance, (3) à qui madame de Bullion, veuve d'un riche contrôleur des finances, remit douze cents livres pour commencer lin hôpital que, à l'exemple de la duchesse d'Aiguillon, elle voulait fonder en la Nouvelle-France.

Elle donna ensuite jusqu'à soixante mille livres à la société de Montréal, mais elle désirait que son nom ne fût pas mentionné et ses largesses ne furent connues qu'après sa mort. (4)

moires particuliers pour servir à V histoire de V Eglise de V Amérique du Nord ", Introduction ; Hist. de la colonie française, I, 2ème partie, c. I, II.

1 Toutes ne sont pas connues. La liste la plus complète a été dressée par l'abbé Verreau, principal de l'école normale Jacques-Cartier à Montréal, et publiée dans \e Journal, no du 24 juin 1900.

2 Leblond de Brumath, — Hist. de Montréal, p. 6-7.

3 Née, vers 1606, à Nogent-le-Roi à quatre lieues de L,angres.— Voir sa vie par l'abbé Faillon ;— aussi Hist. de la colonie Française, I, p. 401, ss.

4 Faillon, Hist, de la Col. Fr. I, 437, 43S.

On était au printemps de 1641. Dès l'année précédente la société de Montréal avait expédié à Québec " vingt tonneaux de vivres, et d'autres choses néces- " saires pour commencer en son temps une nouvelle " habitation. " (D

Le convoi se composait de trois petits bâtiments. L'un, équipé à Dieppe, portait dix hommes, dont deux amenaient leurs femmes. Au moment du départ une vertueuse fille, désireuse d'aller à Montréal, pénétra dans le vaisseau et y resta malgré les efforts qu'on fit pour l'empêcher. (2) Les deux autres, montés, le premier par M. de Maisonneuve et vingt-cinq hommes, (3) le second par Mlle Mance, le P. Laplace et douze hommes, avaient appareillé à la Rochelle.

Le navire parti de Dieppe arriva le premier, vers le commencement d'août, et les ouvriers se mirent aussitôt à construire près du fleuve, à l'endroit assigné par M. de Montmagny, un magasin pour la société de de Montréal, et aussi, sur les peintures qu'on leur fit du danger de s'établir à Montréal, une maison pour loger les recrues qu'amenait M. de Maisonneuve. (4)

Melle Mance arriva le huit août, et monsieur de Maisonneuve, obligé de relâcher trois fois en France, seulement le vingt-quatre, alors qu'on ne l'attendait plus.

1 AW. 1642, ch. IX, p. 36.

2 Paillon, op. cit., I, 418 : — Leblond de Brumath, ffist. de Montréal 1 S, suppose que cette fille monta sur le vaisseau de Mlle Mance.

3 Outre l'abbé Antoine Faulx, prêtre séculier destiné au chapelinat des Ursulines.— Paillon, op. cit., p. 41S.

4 Paillon ibid ., p. 419 ; — lettre de la mère de l'Incarnation, 16

sept. 1641 I. p. 124.

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