A MONSIEUR LE CHEVALIER DE POUGENS
DE l'institut,
Rue des Saints -Pères, à Paris.
Bruxelles, 16 novembre 1824.
Je ne sais pas, mon ami, si vous connaissez M. de Lacretelle autrement que par son Histoire de Frange ; mais si vous êtes lié avec lui, rendez-moi le service de lui exprimer ma reconnaissance pour la manière dont il a bien voulu parler de moi dans le onzième volume,
f aurais sans doiUe voulu quil mentionnât ma lettre du 7 thermidor à A/. Tallien, et le diner anniversaire du 9, dans lequel f avais réuni tous les dépités mar^ quants et exagérés de tous les partis. Voyant que par les toasts portés on allait finir par se jeter les assiettes à la tête, je me levai, et avec un sang-froid qui imposa à la bruyante assemblée, je portai le toast qui fit tout rentrer dans le calme le plus payfait : A l'oubli des erreurs ! au pardon des injures I à la réconciliation de tous les Français !
Aux menaces succédèrent les applaudissements, et tout le monde parut avoir oublié la divergence des opinions, à ce point qu on porta un toast à Notre-Dame de Thermidor.
Ce fut aussi moi quijis effacer par des jeunes gens qui venaient chez moi, dans toute la rue Saint-Georges, où je demeurais, cette inscription absurde et sanguin naire : l'égalité, la fraternité, la république ou la