TEREZIA CABARRLS DEVANT LA CONVENTION
Le 5 floréal (24 avril 1794), madame de Fonlenay exposa ses doeirines évangéliques et républicaines devant la Convention, soos la présidence de Robert Lindei, qui succédait àTallien.
Voici le texte même du Moniteur :
tt Citoyens représentants , lorsque la morale est plus que jamais à Tordre du jour de vos grandes délibérations; lorsque chacune des factions que vous terrassez vous ramène avec une force nouvelle à cette vérité si Seconde, que la vertu est la vie des républiques, et que les bonnes mœurs doivent maintenir ce que les institutions populaires ont créé, n'a-t-on pas raison de croire
que votre attention va se porter avec un pressant intérêt vers la portion du genre humain qui exerce une si grande influence?
» Malheur, sans doute , aux femmes qui y méconnaissant la belle destination à laquelle elles sont appelées y affecteraient, pour s'affranchir de leurs devoirs, Fabsurde ambition de s'approprier ceux des hommes, et perdraient ainsi les vertus de leur sexe sans acquérir celles du vôtre !
îî Mais ne serait-ce pas aussi un malheur si, privées, au nom de la nature , de l'exercice de ces droits politiques d'oii «naissent et les résolutions fortes et les combinaisons sociales , elles se croyaient fondées à se regarder comme étrangères à ce qui doit en assurer le maintien, et même à ce qui peut en préparer l'existence ?
» Ah! dans une république, tout, sans doute, doit être républicain, et nul être doué de raison ne peut sans honte s'exiler par son vœu de l'honorable emploi de servir la patrie. Les compagnes de l'homme ne doivent pas , il est vrai , en être les rivales , car elles en sont les consolatrices et souvent les appuis; mais il est d'intéressantes fonctions que la nature semble leur avoir départies, et dont, j'en suis certaine, vous ne vous offenserez pas , si elles se plaisent à vous en entretenir.
» Pardonnez toutefois, législateurs, si elles vous parlent par ma voL\ de leurs destinées et de leurs devoirs; nulle d'entre elles n'a le ridicule orgueil de prétendre vous les faire connaître. Mais peut-être leur sied-il bien