‹ Notre-Dame des Victoires de Québec [microforme]Chapitre 6 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

FONDATION DE L'ÉGLISE DE LA Basse-VILLE

"EST au vénérable Monseigneur de Leval

que revient l’idée de fonder à la basse-

ville une église succursale de le cathédrale,

pour la desserte de ce quartier de Québec.

En 1680, un mémoire fut adressé au roi Louis

XIV pour obtenir le terrain nécessaire à cette construction. On y lit :

“ Mémoire touchant une place de le basseville de Québec pour y bastir une chapelle qui

doit servir d’ayde à la paroisse.

44 L'ÉGLISE DE Se.

“ Comme les rigueurs de l’hyver sont cause th bien souvent qu’on ne peut pas porter les sacrements aux malades de la basse-ville de Québec sans s’exposer à de grands accidents, et que les vieillards, les enfants et les infirmes ni ne peuvent aller à la haute-ville pour y enfl tendre la messe, l’évêque de Québec a été obligé de permettre une chapelle en la basseville pour servir d’ayde à la paroisse et qu'on se serve pour cela de la maison d’un particulier, en attendant qu’il y ait une chapelle et d'autant qu’il n’y a plus de place vacante en ce lieu là, Sa Majesté est très humblement suppliée d’accorder une place appelée le vieux magasin du Roy pour y construire la dite chapelle qui doit servir d’ayde à la dite paroisse.””

Monsieur le docteur Dionne, à qui nous empruntons le texte de ce mémoire, ajoute :

“Le vieux magasin du Roy dont parle ce mémoire n’est autre que celui de la Compagnie des Cent Associés anéanti en 1682 par une conflagration qui détruisit presque toute la basse-ville. Il ne faut pas le confondre avec la première habitation de Québec érigée en 1608, et détruite par l’incendie, en même temps que la chapelle de Québec, durant l’absence des Français, de 1629 à 1632, alors que la colonie subissait le joug des frères Kerth.”

L'emplacement du vieux magasin fut d’abord concédé, en bonne et due forme, à Mgr de Laval le 22 octobre 1683 par le gouverneur de la Barre et l’intendant de Meulles 4. Parti

4. Nous sommes particulièrement reconnaissant à Mgr Amédée Gosselin, archiviste et historien aussi sûr que richement documenté, de nous avoir fourni les précisions requises au sujet des achats et transferts successifs de cet emplacement de Notre-Dame des Victoires. Nous lui devrons encore dans la suite d’autres rectifications précieuses.

pour la France à l’automne de 1684, Mgr de Laval n’avait pu faire commencer sur ce terrain les constructions qu’il projetait d’y élever.

En juillet 1685, Mgr de Saint-Vallier, évéque élu, arriva au Canada en qualité de grand vicaire. Ignorant peut-être que l’emplacement du vieux magasin appartenait déjà à l’évêque de Québec, ou quelque doute s’étant élevé au sujet de l1 première concession, Mgr de Saint-Vallier en demanda la concession au gouverneur et à l’intendant. Le terrain!

fut mesuré par Renaud, architecte, le 11 août 1685. Il était borné d’un côté par la rue Notre-Dame, et de l’autre par une petite rue qui le séparait de la maison du Sieur de Ville. ray et d’autres maisons voisines de celle-ci. L’un de ses bouts touchait à la place publique (la place Notre-Dame, la place du marché) et l’autre s’étendait vers la rue Sous-le-Fort.

Le 12 août 1685, par devant maître Gena- “Jple, notaire, le marquis de Denonville, gouverneur, et le seigneur Jacques de Meulles, -Jintendant, firent cession à Mgr de Saint-Vallier du terrain arpenté la veille, à condition -Rqu’on y construirait une chapelle et un presbytère.

Mis au courant, Mgr de Laval faisait observer, le 15 février 1686, “ que cet emplace-

ment lui a été remis pour y faire construire lune chapelle succursale et une maison d’accommodement qui s’y doit joindre pour l’instruction de la jeunesse de la basse-ville. ”

Comme Mgr de Saint-Vallier allait lui- -Imême repasser en France, il concéda :, à son .Etour, l’emplacement au Séminaire, qui avait charge de la cure, le 29 octobre 1686, paracte

5. “ Cette concession fut faite par ordre du Roy,à la demande de Mgr de Laval ”. Dionne “ Historique de Notre Dame des Victoires ”, édit. 1888, p. 7.

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du notaire Rageot ‘, à la condition d'y bâti une chapelle et un presbytère.

Mgr de Saint-Vallier s’embarqua pour 1 France le 18 novembre 1686, et y séjourn:

près de deux ans. Il y fut sacré évêque le 2! janvier 1688. Pendant son séjour en France le nouvel évêque n’oublia pas les projets qui avait formés pour Notre-Dame des Victoires Envoyant des ouvriers de France, en 1688, il les recommande au nouvel intendant, M.

de Champigny. “ Vous voulez bien que je vous demande, monsieur, votre protection pour nos églises.

“ J’envoye un entrepreneur et six massons et trois charpentiers. Voilà bien du monde capable de travailler, je leur ay fait de gran-

6. Cette donation » vait été faite d’abord sous seing privé au Séminaire, le 20 octobre 1686. L'acte notarié confir. mait cette donation, lequel acte donne les Fornes du ter-| rain mais inexactement vers la rue Sous-le-Fort. Cf. Concession à Levrard par Frontenac, 20 avril 1678.

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sent pas inutiles et que quelqu'un tint la main à les faire agir.

“Je crois que nous aurons du monde suffisamment pour travailler à la cathédrale et à la succursale.”

Il écrivait en même temps au gouverneur, dans le même sens et presque dans les mêmes termes.

Ces ouvriers partirent de France, au printemps de 1688, de LaRochelle, avec Mgr de Laval, dont le retour, imploré par le gouverneur, précéda de deux mois celui de Mgr de Saint-Vallier. Celui-ci arriva à Québec le ler août ; Mgr de Laval était arrivé le 3 juin de la même année, 1688.

Malgré l’absence des deux évêques et en attendant leur retour, leur projet avait reçu un commencement d'exécution. Voici en effet, un nouveau renseignement que nous

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Ra À tenons de Mgr Amédée Gosselin : “ Le contrat pour la maçonnerie de la chapelle avec Baïllif dit Renaud, architecte, est du 31 décembre 1687, pour deux murailles de 50 pieds, de côté et d’autre, sur la longueur ; troisième muraille, du côté où doit être l’autel, trois pieds dans les fondements et deux pieds huit pouces au rez-de-chaussée, 20 à 22 pieds de hauteur. Chaque pan aura trois fenêtres — “ qui est pour la chapelle qu’il plaît à Sa Majesté faire construire ”. “ Pas de façade, ajoute ici Mgr Gosselin. Pour allonger et finir la chapelle telle qu’est sa façade actuelle, on fut obligé d’acheter le terrain en avant, de Eustache Lambert Dumont.”

La pose de la première pierre fut faite le er mai 1688, par le gouverneur, comme en témoigne l'inscription latine, qui se trouve aux archives, et que l’on a aussi inscrite dans l’église, du côté de l’épître.

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En voici le texte et la traduction :

ANNO DOMINI MDCLXXXVIIT, IN- NOCENTIO XI SUMMO PONTIFICE, FRANCISCO DE LAVAL PRIMO EPIS- COPO QUEBECENSI, REGNANTE IN GALLIA LUDOVICO MAGNO XIV, PRI- MARIUS LAPIS ECCLESIÆ SUCCUR- SALIS INFANTIS JESU URBIS INFE- RIORIS ITEM QUEBECENSIS POSITUS EST AB ILLUSTRISSIMO VIRO DOME NO D. JACOBO RENATO DE BRISAY, MARCHIONE DE DENONVILLE, IN NO- VA FRANCIA PRO REGE.

L'an de Notre Seigneur 1688, Innocent XI tant Souverain Pontife, François de Laval tant premier Evêque de Québec, Louis XIV : Grand régnant en France, la première pierre le l’église succursale de la basse-ville de Québec, lédiée à l'Enfant Jésus, a été posée par l’Illus-

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52 L'ÉGLISE DE rm — = — trissime Seigneur Jacques René de Brisay marquis de Denonville, Vice-Roi en Nouvelle France.

La chapelle Sainte-Geneviève, d’après l’inscription qui va suivre, conservée dans les archives et dans la chapelle elle-même, fut

commencée la même année, et probablement

le même jour.

ANNO DOMINI MDCLXXX VIII, REGNANTE LUDOVICO MAGNO XIV, PRIMARIUM LAPIDEM SACELLI | SANCTÆ GENOVEFÆ DICATI IN EC- CLESIA SUCCURSALI INFANTIS JESU | URBIS INFERIORIS QUEBECENSIS POSUIT ILLUSTRISSIMUS VIR DOMI.

NUS D. JOANNES BOCHARD, D. DE CHAMPIGNY, NOROY, VERNEUIL, ETC. IN NOVA FRANCIA JURIS REI POLITICÆ ET ÆRARII SUPREMUS PRÆFECTUS.

Mocr F.-X. Facuy

Sous ie règne duquel se fit la restauration de Notre-Dame des Victoires en 1888

L'an de Notre Seigneur 1688, Louis XIV le Grand régnant, le Très Illustre M. Jean Bochard, sieur de Champigny, Noroy, Verneuil, elc., premier intendant de l'administration politique et financière en la Nouvelle-France, a posé la première pierre de la chapelle dédiée à sainte Geneviève dans l’église succursale de l'Enfant Jésus de la basse-ville de Québec.

Le curé de Québec en cette année 1658

{ était le révérend messire François I ré,

nommé le 20 mars de l’année précéden., et qui fut curé jusqu’en 1707.

Les travaux de l’église de la basse-ville étaient donc commencés lorsque Mgr de Laval et ensuite Mgr de Saint-Vallier revinrent au Canada, en juin et auût de cette même année. |

Quand furent-ils terminés? On ne le sait guère. M. Dionne estime que l’église fut

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