EXPLICATIONS
La Brochure attendue par M . Lisiscki était le Message de M. Lagarde à Versailles. Elle ne fut pas publiée à cette époque, et M. Lisiscki ne fut pas justifié, non plus que M. Plou et quelques autres.
M. l'abbé Lisiscki. toujours poursuivi par le cha- ^'rin. mourut en Amérique, en 1882.
Dieu laura certainement récompensé de ses actes et de son dévouement pour la délivrance de rarche\éque et du clergé de Paris.
On a souvent parlé des quatre-vingt dames de la halle, qui firent des démarches pour obtenir de la Commune la délivrance de M. l'abbé Simon, leur curé. Ces démarches n'auraient pas pu aboutir, si elles n'avaient été appuyées, d'autre part et spécialement, par des amis de M. l'abbé Lisiscki. Voyez Appendice â La Roquette. page 33.
De son côté, M. Amodru rédigea l'article concernant les démarches des 80 dames de la Halle, qui fut publié par V Univers.
Dans cet article de V Univers, où l'on fait jouer, ave c raison, aux dames de la Halle, un rôle glorieux, on ne pouvait pas tout dire, on ne pouvait pas surtout parler de l'initiative de M. l'abbé Lisiscki et de ses amis. La vérité n'en demeure pas moins, (i)
Ce digne prêtre, docteur en théologie, était bien connu de M. Bieil, directeur au séminaire St-Sulpice.
Attiré par tout ce qui se passait d'édifiant à Notre- Dame des Victoires pendant la Commune, l'abbé Lisiscki venait régulièrement trouver M. l'abbé Amodru dans un but spirituel. Un jour, dans un entretien intime, il lui dit que les Polonais, étant catholiques, ne voulaient pas la persécution des prêtres ; que les officiers Polonais, qu'il connaissait, prêteraient facilement les mains à la mise en liberté de Tarchevêque
et de tout le clergé C'est ainsi que commencèrent
les négociations dont il est spécialement question dans le Message par M. O., c'est-à-dire, dans la brochure qu'attendait avec impatience le pauvre abbé Lisiscki.
La brochure n'avait pas encore vu le jour en 1888. L'abbé Lisiscki est mort sans l'avoir lue. M. Lagarde en a laissé plusieurs exemplaires. Enfin, elle vient de paraître, pendant le mois de mai 1889
Nous venons de démontrer que le parti polonais agissait dans le même but que M. Plou, mais ni l'un ni l'autre ne se doutaient de cette double coopération,
(1) Voyez l'Univers, avril -1871.
qui eut pour efïel d'arrêter de grands malheurs. On en jugera par le Message,
Etait-il opportun de publier actuellement ce Message ?
La réponse à cette question est résolue dans V Appendice à la Roquette, pages 33, 36, 3j.
Cette publication était devenue, après dix-huit ans de silence, un devoir sacré de justice (*).
(*) L'accueil que cet écrit a reçu dans toute la France et même à l'étranger nous démontre qu'il ne fallait pas retarder davantage cette publication.
LETTRE DE M. DRAPPIER. PÈRE A M. L'ABBÉ AMODRU
Paris, i5 août 1871 .
Monsieur le Curé,
Il \' a quelques jours, à l'occasion de la mort du vénérable abbé Bertaux, nous exprimions tous deux l'admiration qu'ont éprouvée tous ceux qui lont connu. J'en entendais souvent parler, par M. Lemaire, mon beau-frère, qui l'avait connu lorsqu'il était curé de Suresnes, et à l'intervention duquel il a peut-être dû la vie. Voici comment : M. Lemaire avait fait ses études dans l'Institution Delafosse. à Suresnes, dans laquelle il avait été longtemps condisciple de Cluseret. (3r, lorsque M. Bertaux fut emprisonné comme otage, Cluseret était ministre de la guerre de la Commune. M. Lemaire n'hésita pas à Taller trouver pour lui demander la liberté du vénérable curé. II le trouva au Luxembourg, au moment où il montait en voiture pour se rendre à l'école militaire : « J ai à te parler, dit M. Lemaire. — Je ne puis m'arrêter, répond Cluseret, mais monte dans mon coupé, nous causerons en roule ». Ils partent ensemble et M. Lemaire lui
demande la mise en liberté de M. Bertaux. Je ne me mêle pas de ce qui concerne les prêtres, dit Cluseret : je ne puis rien faire pour ton ami, ne compte pas sur
moi. Cependant je verrai » On parla d'autres
choses, puis on se quitta en anciens camarades, et le lendemain M. Bertaux était relaxé.
J"ai cru que ce détail pouvait intéresser le véridique auteur de La Roquette, et je le lui livre pour ce qu'il vaut, avec l'expression de mes plus respectueux sentiments.
Signé : DRAPPIER, père.
86, Rue de la Tour. Passv.