‹ Notre-Dame des Victoires pendant la Commune, ou, Lettres justificatives & documents conservésChapitre 6 sur 58 · EXPLICATION DE LA GRAVURE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA GRAVURE

Les plans de 1 édifice ci-contre ont été tracés par M. Abrias, architecte à St-Vallier. et exécutés sous sa direction et la surveillance de M. l'abbé Rover, en correspondance journalière avec l'abbé François Amodru.

Voir dans la gravure, à gauche sur la hauteur, la chapelle de Notre- Dame de Vais : à droite, celle de Ste-Euphémie : au bas, celle de St-Joseph : trois sanctuaires séparés par les eaux de la Galaure qui serpentent autour des rochers sur lesquels ils sont bâtis.

Quelle charmante vallée, toute remplie de souvenirs religieux.

N. B. — De la chapelle Ste-Euphémie on aperçoit le iMont-Blanc, lorsque le lemps est serein.

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l'on sait que la maladie qui l'a fait mourir si jeune a été contractée dans ce ministère auquel il ajoutait de rudes pénitences.

M. l'abbé François Amodru a été déposé au caveau de sa famille, à Saint- Vallier, à quatre kilomètres environ de la petite église de saint Joseph qu'il a fait construire, et que sa famille a fait considérablement agrandir depuis sa mort (g).

(g) Cette chai-mante chapelle est située sur un rocher presque entièrement entouré des eaux de la Galaure et en un lieu extrêmement pittoresque que nous connaissons. Les pieux pèlerins, les touristes, les peintres paysagistes la visitent avec bonheur. Les principaux habitants du voisinafre ne manquent jamais d'y amener leurs hôtes. Dans cette chapelle, dédiée à St-Josepii, l'abbé François avait accumulé de précieux souvenirs de Notre-Dame des Victoires et de la Terre-Sainte, qu'on y voit encore. — Ainsi se trouve réalisé le projet que les deux frères prêtres avaient conçu dès lem* enfance, projet dont le vénérable abbé Bergeret, curé de St-Uze, et son zélé neveu, M. l'abbé Royer, qui lui a succédé, désirèrent longtemps la réalisation. Cette chapelle vient d'être considérablement agrandie par les soins de la famille de l'abbé François.

A quatre kilomètres de là, il avait placé une grande statue de la Ste- Vierge, dans la propriété paternelle, près de la gare de St-Vallier, où se trouve pareillement un oratoire privé renfermant des souvenirs de N.-D. des Victoires; (Ve.st dans cet oratoire qu'il offrait le Saint Sacrifice, et nous aussi pendant les vacances. En ce même lieu, sur un roc élevé qu'on voit de fort loin, apparaît une croix, souvenir touchant des journées de mai 1871. Sur la rive opposée, au-delà du Rhône, dans une gorge remplie de précipices au fond desquels coule la rivière de Notre-Dame d'Ay, une autre croix s'élève et semble répondre à la première. Là, au bord d'un chemin nouvellement ouvert, une pensée chrétienne a placé Notre-Dame d'Espérance où l'abbé François allait quelquefois prier. Il me souvient d'y être allé avec lui. Quel site incomparable ! C'est, nous le croyons, le seul point de toute la vallée du Rhône dans lequel cinq grandes lignes de communication soient aussi rapprochées les unes des autres. Ces cinq hgnes sont les deux chemins de fer live droite et rive gauche, deux routes nationale^' et enfin le Rhône avec ses bateaux à vapeur.

L'abbé François, dans sa piété, ne perdait aucune occasion de glorifier Notre- Seigiiein- et de faire aimer la Ste- Vierge. Son cœur était brùlimt d'amour pour Jésus-Christ.

C'est ainsi qu'il savait utiliser ses vacances, que nous avons été bem'eux de partager quelquefois avec lui à Saint-Vallier et dans notre pays natal, Auriol près de Marseille. On sait que l'abbé François a laissé un ouvrage, en deux volumes, fort estimé et intitulé : Visites aux Lieux Saints (chez Lecoft're, Paris)- Il préparait d'aiiti'cs pieuses piihliintions restées entre les mains de son frère.

J.-J.-L. UARGÈS.

Sur bien des points de la France et de l'Etrang-er, où tant d'amis font écho à la douleur du pays natal de M. Amodru, on apprendra avec émotion et reconnaissance comment la petite ville de Saint- Vallier a honoré un de ses enfants dont elle était fière à juste titre.

A la fin de ce volume, nous avons mséré une courte notice sur la vie édifiante de notre cher et regretté ami et un grand

nombre de documents.

Première Lettre de M. Laurent Atnodru,

Chanoine honoraire de Paria, Ancien Sons-Directeur général de l'Archiconf'rérie,

à M. l'abbé François, son frère,

Vicaire à Nolre-Danie des Victoires.

Paris, le Saint jour de l'Asceribion 1872.

Mon bien cher Frère,

Vous me signalez une petite brochure, de 32 pages in-12, qui vient de paraître avec ce titre : La Commune à Notre- Dame des Victoires, par M. labbé ***, vicaire à Notre-Dame des Victoires, et vous me demandez ce que j'en pense (a).

J'applaudis aux intentions de l'auteur, tout en regrettant qu'il n'ait pas jugé à propos de signer son écrit.

Peut-être a-t-il voulu par modestie garder l'anonyme ; mais cette considération a-t-elle une bien grande valeur, dans une brochure de quelques pages ?

De mon côté, je me trouve plus à mon aise par cet anonyme, n'ayant qu'à examiner les faits sans aucune considération personnelle.

Je vais donc vous dire librement toute ma pensée, à l'aide de mes souvenirs écrits.

Vous savez que j'ai conservé toutes mes notes, prises journellement pendant le siège et la Commune, tandis que

(il) Chez SiiiiKii l{;i.i()ii et (]'", lilir.iiivs. P.iris. 1. nie (l'Erlni-lh. ('.cite tjrorhnre fui réiiuiKliic iivi-c pntliisioii :i l'iTilnM' de l"rj,'lis(' de Notre-Dame des Vie- Un reB.

mes chers confrères, rédacteurs des Annales avant moi, conviennent qu'ils ont perdu toutes les leurs {b).

Vous recevrez plus tard d'autres lettres concernant les Journées des i6, 17, 18, ig mai 1871, que j'ai écrites sous l'impression des événements, à peu près comme je l'avais fait pour les journées de la Roquette et vous les publierez lorsque l'heure sera venue. Aujourd'hui, je m'occupe brièvement de la brochure de M. l'abbé ***, sur les points où notre nom est spécialement visé, suivant en cela le conseil de l'Imitation : « Respondit tamen Paiihcs interdùm, ne infirmis « ex sua lacitiirnitate gêner arctiir scandalum yr'. (Imit. liv. III, chap. 36.)

Je suis déterminé à garder longtemps le silence; c'est un sacrifice personnel ; mais il sera bon que vous le fassiez ces" ser un jour, dans l'intérêt de l'histoire.

N'oubliez pas le Message de M. Lagarde, vicaire-général à Versailles, auprès de M. Thiers, en iS'ji. Ce Mémoire justifie pleinement M. l'abbé Lagarde qui me l'a remis lui-même. L'auteur, M. O., l'a signé de sa main. Vous avez le droit et le devoir de le publier, si d'autres ne le font pas. Ce sera un acte de tardive justice. La gloire de Dieu y est d'ailleurs intéressée (c).

Je joins à ma lettre un pian des mouvements exécutés dans l'église par les envahisseui s, le 17 mai 187!, vers cinq heures et demie du soir, heure précise de rinva,sion sacrilège de l'église de Notre-Dame des Victoires, heure terrible, car au

. (6) Annales, aoiU 1871, pajre GG7. Voici le texte : •« Nous aurions voulu signaler tous les traits édifiants dont nous avons été témoins pendant les loiijrs jours du siéjîc : notre travail était prêt, mais il a disparu dans la spoliation île notre sanctuaire, la fmeur des vandales n'a voulu rien épargner ». (c) Ce MensiKjc est pidilié après dix-liuil ans de siliMice.

même instant, la grande cartoucherie du Champ-de-Mars prit feu et sauta, faisant de nombreuses victimes {by).

Nous étions trois vicaires présents : M. Ducaurroy, M. Delacroix et moi (c).

M. Delacroix partit, emportant le T. -S. Sacrement à St- Roch, et ne reparut plus. M. Ducaurroy se rendit vers la grande porte, qui s'ouvre sur la Place des Petits-Pères et je le crus parti définitivement. (Voir plan de l'église, page 17).

Le pieux abbé Le Rebours (d), qui venait de prêcher l'instruction du mois de Marie, me dit au moment où j'hésitais,

(b3] Chose étrange I mis au secret, j'ignorais complètement ce terrible accident de la cartoucherie du Champ-de-Mars. Et cependant mes gardiens me menaçaient comme si j'eusse contribué à cet effroyable incendie. — S'ils avaient ou la loi, ils auraient vu, dans celait, la foudre du ciel éclater, en même temps que la profanation.

.(c) Le vénérable curé de la paroisse, M. Chanal, était parti le mercredisaint, .0 avril 1871, et après lui, tous ses vicaires, à l'exception des trois susnommés. En partant, le digne pasteur avait laissé libres de leurs actions tous ses prêtres, à l'exception d'un seul, qui était l'abbé François Amodru, alors Agé de 28 ans : « Partez, mon ami, lui dit-il, car on vous forcerait, à cause de votre jeunesse, à prendre les pantalons rouges ». L'abbé François partit sur cet ordre, mais il était bien décidé à rester, si son vénérable curé ne lui eût pas parlé ainsi. M. Chanal, du fond de sa retraite, fit savoir à M. l'abbé Laurent Amodru combien il approuvait les offices qu'il avait organisés à Notre- Dame des Victoires pendant la Commune. Mgr l'archevêque lui envoya aussi son approbation par l'entremise de M. Plou. (Voir La Roquelle, 19", 20% 21° édition, pages de 7 à 12). Enfin, M. l'archidiacre Lagarde ratifia toutes ces approbations. — Voir aussi Message de M. Lagarde à Versailles.

On trouvera sur M. Chanal, premier successeur de M. Des Genettes, quelques détails intéressants, dans la collection complète des Annales, publiées par M. l'abbé Amodru, spécialement dans le n" de mars 1872.

Mais cette collection est devenue rare et il nous a été dit autrefois que le n° de mars 1872, en particulier, manque même aux collections conservées aux archives de Notre-Dame des Victoires. Heureusement l'abbé François Amodru et son frère en ont conservé quelques exempla ires.

{d) M. Le Rebours, actuellement curé delà Madeleine, sur l'invitation et à Ui prière de M. L. Amodru, prêchait deux fois par semaine dans les commencements de ces exercices et M. L. Amodru faisait les autres prédications, qui avaient lieu tous les jours et souvent deux fois par jour. Les fidèles accouraient en foule de tous les points de Paris. Le mois de Marie arrivé, deux exercices furent établis. C'est alors que MM. Knurbonne et Salard prêtèren leur concours.

ne sachant quel parti prendre : « Il faut que vous restiez^ sinon je resterai, moi ».

Ces paroles furent pour moi un trait de lumière et je lui répondis que « ce n'était pas à lui, prêtre étranger à la paroisse, mais à moi de rester ». 11 y avait, mon bien-aimé frère, dans cette décision, un acte solennel dont je sentais toute la gravité. Je vous parle dans l'intimité fraternelle, vous confiant les secrets de mon âme. Cette réponse était le sacrifice de ma vie, pour Dieu et l'honneur de la Sainte Vierge.

Aussitôt je me rendis près de l'autel de l'Archiconfrérie avec mon surplis et mon étole, et là j'eus à soutenir le choc des envahisseurs et à leur répondre. J'ai vraiment ressenti, en cette douloureuse circonstance, toute la force de ces paroles de l'Evangile : Quand oti vous traduira devant les synagogues, les magistrats, les puissances, soyez sans inquiétude sur ce que vous aurez à répondre. L'Esprit Saint vous le suggérera à l'heure même {d").

Ah ! comme cette parole est vraie et combien j'ai éprouvé alors cette douce et forte assistance de l'Esprit Saint !

Dans les lettres qui suivront je vous raconterai tous les détails. Aujourd'hui je veux me borner à rectifier et expliquer

pour cinq instructions paiseinaiiio. Il en resta S ou 'J par semaine à la cliarge de l'auteur de cette lettre. Nous tenons à conserver ce souvenir parce que M. l'abbé *** a oublié de le sifinaler, ainsi que l'auteur des Avnales du n° d'octobre 1871 et de ['Histoire de N.-D. des Victoires. Le vénérable curé de St-Rocb. M. l'abbé Millault, voulut bien couunencer ces exercices : M. Auuulru Ten avait prié à cause des diflicullés qu'où lui opposait. (Voir Jinqiiettr. '20' édition, page 77.)

((/*) Luc XII, v. II. Cnm aulem induceiil vos in sjinaijogas el ad magis- Iratus et poteslates, noliti- solliciti esse qiinliter nul quid respoiidealis ont ijitid dicdtis.

Spiritiis eiiiiii Siini'Ius donliil ros ili ip.sn Imni, ijhIiI npm-lent ros dirvre.

- irj —

les récits inexacts ou trop incomplets, contenus dans la brochure de l'abbé ***.

Au moment donc où les envahisseurs arrivaient en grand nombre vers l'autel de l'Archiconfrcrie, je me croyais seul prêtre dans l'église, quand tput à coup j'aperçus, là-bas, près du tambour de la grande porte d'entrée, place des Petits-Pères, M. l'abbé Ducaurroy, qui rentrait par le côté gauche des fonts baptismaux, et qui arriva plus tard auprès de moi. Je le croyais parti définitivement.

J'ignore absolument tout ce qu'il a dit ou fait en ce lieu, je n'ai rien entendu, rien vu. C'était une cohue. De son côté, il n'a rien vu, rien entendu de ce qui se passait autour de moi, ni de ce que je disais ou entendais. Quand il en parle, c'est absolument sur le témoignage des autres et peut-être des gens de la Commune qui ont dit ce qu'Us ont voulu.

L'arrivée des fédérés qui expulsaient les fidèles ne se fit pas sans tumulte et sans bruit ; comment aurions-nous pu nous entendre réciproquement ? C'était le désordre le plus complet. On comprend alors les inexactitudes de l'auteur anonyme. Cinq heures et demie du soir venaient de sonner et la grande cartoucherie du Champ-de-Mars venait de sauter. Jamais je n'oublierai ce moment solennel de ma vie. Pour mieux comprendre mon récit, jetez un coup d'œil sur le plan B du mouvement serpentant, que je vous laisse cijoint. M. Ducaurroy était au point B D, j'étais moi entre A et T.

Toute la scène qu'il décrit longuement pages 8 et 9 se passa au point B D, près de la grande porte, très loin de

moi. Evidemment, il ne pouvait pas voir -et entendre de là ce qui se passait auprès de moi, à côté de l'autel de la Ste- Vierge.

Je me trouvais donc seul prêtre devant ce cher autel Refuge des pécheur s, ci à côté de la pierre tombale de M. Des Genettes qu'on allait briser malgré mes protestations. Je disais aux profanateurs : « Vous ne découvrirez là qu'un cadavre, ou ft plutôt qu'un squelette, qui est celui d'un ancien curé. Y « a-t-il ici quelqu'un qui sache le latin ? Qu'il lise l'inscrip- « tion et il verra que je lui dis la vérité. »

Mais la rage de satan contre ce saint Prêtre poussait de plus en plus les envahisseurs sacrilèges à profaner sa tombe. Tels qu'ils m'apparurent, le 17 mai 1871, il me semble les voir encore, les yeux pleins de colère, devant un mort dont le nom est une gloire pour la France et pour l'Eglise. Pourquoi s'acharnaient-ils après lui comme s'ils eussent voulu en tirer vengeance? — Celui que la Vierge Marie avait choisi et inspiré, en ce lieu, pour être l'instrument de ses miséricordes, repose silencieusement dans sa tombe, que leur a-t-il fait pour qu'ils viennent troubler son repos et souiller ses cendres ?

O Prêtre vénérable, tout brûlant d'amour pour Jésus- Christ et son Eglise, ô Prêtre, qui avez arraché tant d'âmes à l'ennemi du genre humain, ne vous sera-t-il pas permis de dormir du sommeil de la mort dans ce lieu constamment témoin de vos prières et de votre zèle ? On a vu et on verra peut-être encore des statues de bronze s'élever en l'honneur de ceux qui^ par leur conduite et leurs doctrines, furent le scandale et le fléau du genre humain ; mais vous, vénérable fondateur de l'Archiconfrérie, dont le nom est respecté dans le monde entier, vous n'avez pas ici la moindre statue pour perpétuer votre souvenir ! Vous n'avez qu'une pierre sur laquelle est gravé votre nom. Satan ne vous a pas fait Iran-

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S.Jean donna Jil. la Coiiujiiuuon a la Scu/dt Pfayc

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ilaitl de àc ùinman^ i^ac awal le^ eus Ixbiecuc de Icc 6'ainie Vœrge, CliMjelle . C S .

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T Aulet. TaUeau de S^Jecut donnuiil la Conuiiiuucu à (a Saiii/i: P'inx/c

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N Biiretiii du Sous DuvcLtui- de i Ankiivulfirip

JVl Bureau du prtjiuer Vtcaire .

H Buiatii. du. SuuvdHanl: de ta, Cemmu/u ifui avail /kr cL's

X MaUre-Autcl.\ Tàhlcau, de la. Sainte Vierije Clinpplle (' S .

'il.s L'a)jtibmau

' Autel de

Chap. S' Jean. Chap Je la S'' Enfance Chap N D- des Sept, S' Augustin .

Douleurs.

Tbiç y^tie Dame des Victoires

V> I) oiijid d abord cl IvngleinfJS retenu IW'l Abbé * ** AT où se tenait l'Abbé Atnodixi cl où il ètail quaiid oïl s'empara deLii.

tvt lÊC porte c/c scrite 1 et 2 Fctdcs parla- dclii Saa-i.4ic c/ de la Cluij,

elle es

cher la tête pendant votre vie, mais il la séparera de votre corps plusieurs années après votre mort. Et cette tête roulera sur les dalles de l'église, comme roule une pierre qu'on chasse sur le chemin Ces mêmes hommes qui s'acharnaient, hier, à briser la colonne Vendôme (i), fouillent aujourd'hui le tombeau d'un Prêtre pour lui enlever la tête et jouir du spectacle d'une tête de mort roulant dans l'église avec un bruit sinistre et douloureux. Pauvre France !

C'est en ce moment, mon bien-aimé frère, que je fus saisi subitement et mis au secret le plus absolu. Je pus entendre les coups de marteau que l'impiété unie à l'hérésie triomphante faisait retentir dans l'église ; mais je ne vis plus rien qu'une cinquantaine d'hommes qui se précipitèrent sur moi et se condamnèrent bientôt au silence, devant cinq ou six paroles que je vous dirai plus tard

L'inscription tombale fut brisée.

Je la reproduis telle qu'elle était le 17 mai 1871.

(i) Le jeune Odelin, lieutenant de mobiles, était présent quand on travaillait à la chute de la colonne Vendôme. Il s'efforçait d'empêcher ce crime national, et fut tué pour ce fait, d'un coup de revolver, le 16 mai. Ce bon jeune homme était venu me prier de bénir son épée devant l'autel de N.-D. des Victoires, ce que je fis en demandant la conservation de celui qui la portait. En effet, il se conduisit courageusement et revint sain et sauf de la guerre contre les Prussiens. J'ai su qu'ayant été envoyé à Aubervilliers pendant le siège, il maintint bravement la discipline et sauvegarda l'éghse de Notre-Dame des Vertus autant qu'il dépendait de lui. C'est sur la place Vendôme, lorsque la paix était faite avec l'ennemi du dehors, qu'il trouva la mort.

de la Tombe de M. DKS GEl^ETTES

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