L. AMODRU
OBSERVATIONS DE L'EDITEUR
Hélas ! ni M. l'abbé anonyme •'=**, ni M. E. L. qui avait écrit le n' d'octobre des Atinales 1871, supprimé par l'autorité religieuse, ne sont plus de ce monde. L'abbé François lui-même est mort pareillement. Tous nous édifièrent pendant leur vie, par leur charité et leurs amicales relations.
De son côté, M. L. Amodru, dont nous publions le mémoire après dix-sept ans, dans l'intérêt de l'histoire et des archives de Notre-Dame des Victoires, témoigna toujours et à tous une cordiale amitié.
Nous aimons donc à répéter que nous n'avons eu qu'un but. en imprimant cet" écrit. Ce but est de conserver l'histoire vraie des événements et d'édifier le public.
C'était le but de l'abbé François Amodru, chapelain de
Notre-Dame des Victoires, qui visait en toutes choses à la
gloire de Dieu, car nous en avons trouvé la preuve dans les
. notes qu'il a écrites et qu'il conservait si soigneusement. La
justesse de ces observations apparaîtra avec évidence dans les lettres suivantes.
S'il y avait eu un but personnel, les deux frères ne seraient pas restés dix-sopt ans sans les publier.
Qu'on nous permette encore quelques détails sur notre cher ami. Nous nous rappelons une lettre écrite à l'abbé François par M. Caval, ancien supérieur général de la Société de Saint-Sulpice, lettre que ce cher ami nous avait montrée avec attendrissement ; de crainte qu'elle ne tombe dans l'oubli, nous l'insérons ici, quoique sa place naturelle eût été au conimencement dans la Notice sur la mort de l'abbé François (page 8-12).
Avant de mourir, ce Vénérable Supérieur qui avait formé, pendant sa longue carrière, tant de prêtres aux Vertus Sacerdotales, s'était retiré dans le Grand Séminaire de Toulouse.
Il gardait, pour notre cher et regretté ami, une affection paternelle très spéciale.
Qu'il est beau de voir ce vénérable vieillard, qui a laissé partout et principalement à Paris, une réputation de sagesse et de sainteté, porter sa pensée sur un de ses chers disciples et lui léguer, d'une main tremblante, une lettre et un souvenir avant de quitter ce monde, et quelle belle page pour l'histoire de l'Archiconfrérie !
Voici la lettre encadrée avec le crucifix :
GRAND SÉMINAIRE DE TOULOUSE, le 26 Janvier 1882.
« Je vous remercie un peu tard de votre bon sou- « venir.
« C'est que je ne puis pas écrire quand je veux.
<*. comme il vous sera facile de le voir par ces quelques « mots.
« Parmi les choses qui m'ont déjà abandonné, il « faut compter la mémoire et la vue. Dieu. soit loué « de tout. -
« Je profiterai de la première occasion pour vous « renvover un crucifix que vous m'avez donné à votre « retour de Jérusalem, car c'est bien vous qui me « l'avez remis, à mon départ de Paris.
« Je ne puis que vous remercier mille fois.
« Et que ferais-je mieux que de vous le rendre en « ce moment où je dois me préparer à aller voir la « réalité ! »
« Si le cœur écrivait, vous me liriez plus facile- « ment.
« Tout vôtre, CAVAL ».
L'abbé François conservait cette lettre comme une relique précieuse. A la suite il avait écrit ces mots :
« Oh I non le prêtre qui m'a donné ce crucifix ne pouvait « prévoir tout le bien qu'il me procurerait ! »
« Avec quelle éloquence le divin Maitre nous prêche de « cette Chaire ! Oh ! si nous y montions, quelle force n'au- « raient pas nos paroles ! »
Après avoir lu la lettre de M. Caval et l'annotation qui l'accompagne, il est permis de croire que le disciple était digne du Maitre.
En dessous de cette annotation, l'abbé François avait aussi écrit ces mots : Michel Caval XIV*' Supérieur Général de Saint-Sulpice, né le 8 décembre 1799 et mort le S mai 1882, (jouroù l'Eglise célèbre l'apparition de St-Michel son Patron).
L'abbé François aimait le crucilîx ; il le tenait habituellement à la main quand il entendait les confessions à Notre- Dame des Victoires ; il le baisait avec amour quand il se sentait impuissant à toucher les cœurs des pécheurs.
Sur sa poitrine, il porta, jusqu'à son dernier soupir, un crucifix sur lequel il avait gravé les paroles que nous reproduisons et qui expriment bien les sentiments de son cœur.
Le Crucifix de l'Abbé AMODRU
ChapL-lain de N.-D. des Victoires DÉCÉDÉ A PARIS LE !<"• FÉVRIER I8«6.
Que je vous rejiarde.
Haptr-iiic
ô Ji''stis,
1" Commuiiioii.
Quand arrivera
Tiers-Ordre.
mon lieiuv dernière !
Entrée au Séminaire.
Suiis-DiaLonaL
Prêtrise