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CHAPITRE XII

Tout passe... tout casse...

Quelques jours après, à l'endroit même où Gabriel et Maud avaient aimé, dans le creux des rochers, on trouva un cadavre rejeté par les flots.

C'était celui de Pierre.

Gabriel le réclama et lui fit de simples funérailles.

Et tandis qu'il suivait seul le cercueil, il éprouva une angoisse indéfinissable, il lui semblait qu'il s'enterrait lui-môme.

Lorsqu'ils se retrouvèrent ensuite, avec Maud, dans la petite villa, toute blanche, elle leur parut vide.

Leurs pas y résonnaient comme dans un

sanctuaire, ils glissaient comme des ombres, s'arrètant au moindre heurt, dans la crainte d'éveiller des souvenirs.

Pareille à son amant, il semblait à Maud que quelque chose en elle était brisé.

Leurs lèvres s'étant rencontrées, par hasard, dans une tendresse vainement renaissante, des frissons secouèrent leurs chairs endolories.

Une lassitude les faisait s'éloigner l'un de l'autre. Elle passait de longues journées dans la véranda, recueillie et farouche, la pensée lointaine, les yeux obstinément fixés vers la haute mer qui, pour elle, portait dans ses flancs verdàtres des secrets d'épouvante.

Un soir, elle dit à son amant :

— Vois-tu, darling, j'avais raison, nous avons aimé trop vite, il ne restera bientôt plus rien.

Indifférent, il essayait de ranimer en elle des voluptés qu'il savait n'être plus.

Il voulut alors demander, en ces Iieures toutes de tristesse, la guérison de ses souffrances à de pieuses harmonies.

Mais, comme aux premières journées, il res-

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