CINQUIÈME PARTIE
Le crépuscule tombait tout aussi beau qu'en leurs meilleurs soirs d'amour. Ce n'avait donc pas été exprès pour eux qu'ils étaient autrefois superbes, puisqu'ils étaient pareils, aujourd'hui que leur débâcle était accomplie...
Pourquoi ces arbres, ces fleurs, ces coloris délicieux et tendres? Pourquoi ces choses d'amour, ces Eros et ces nymphes?
Pourquoi, pour qui, puisqu'il n'aimait plus ?
Par la barrière basse, du ôôté des prairies, il était entré furtivement, comme chez lui!
C'est là, sous ce grand marronnier, qu'ils avaient aimé un jour, c'est là qu'ils s'étaient pris...
Ici, parmi les glycines et les jasmins, il revit le banc rustique où ils s'étaient assis, lisant des poètes chers... Ce petit coin là-bas... ils l'appelaient l'Ermitage, c'était presque un nid, où les fauvettes et les mésanges nichaient par couples... là aussi ils s'étaient enlacés...
Il s'arrêta, quelqu'un venait.
Il se cacha derrière un buisson oii des oiseaux s'endormaient, et tout près l'ombre passa...
lil'" xot;;:; :)A^:I:-!)!;s-\l)Ll:l'll:s-sANs-^v^..vi.,...,
La nuit protégeait deiix êtt*es, deux amants, tellement réunis cjd'ils ne faisaieîit qu'une ômbrë...
Une voix disait :
— Alors, tii m'aimeras toujours?.,.
— Oh ! oui, toujours, répondit une voix féminine.
Gabriel se soiitenait à peine.
On a remué dans le buisson, reprit la voix, [)eureuse.
— Bah ! des feuilles frôlées par ta jupe.
Ils poursuivirent leiit route avec de nouvelles tendresses :
— IMon amour.
— Ma joie.
Gabriel eut une oiivii' iiTé&it^libh' do nin .
— Mensonge !
Mais le mot s'arrêta dans sa gorge.
— Vous mentez, je ne vous connais jias, mais vous mentez, vous mentez, je n'aime plus, je n'aime plus, je ii'aimerai jamais, on ne doit plus aimer.
Vous vous quitierez, Vous serez lAelies! Partez, partez !