PREMIÈRE PARTIE
se terminaient par des étreintes folles, presque goulues.
Nus, tous deux, d'une beauté divine, il aimait rester, de longs moments, la tête posée entre les seins de son amante qui caressait, d'une main légère ses boucles blondes de chérubin, et des frissons couraient sur leur jeune chair.
Puis Mourrette gourmande se faisait plus câline, elle avait des demandes pareilles à des ronronnements.
Elle était si chatte, Mourrette !
Il s'était fait un intérieur, à son image, de calme et de béatitude, qui contrastait singulièrement avec l'atelier d'Oustalet, tout étincelant d'armes barbares et d'amoureux trophées.
Gabriel, lui, aimait courir les quais, fureteur, recherchant l'àme de la race éparse dans les poussières amoncelées des siècles.
Sa fortune lui permettait des folies et c'était chez lui tout un paradis de martyrs et de saintes, des primitifs aux longues mains mystiques; si bien que Mourrette, impressionnée, lui disait, avec une enfantine crainte :
— C'est drôle, chez toi, Ton croirait aimer chez le Bon Dieu !
Une fois même qu'il lui jouait des musiques sacrées de Mozart onde César Franck, avec des accompagnements d'orgue, la pauvre petite éclata tout à coup en sanglots.
«... parce que, cela lui rappelait, disait-elle, sa première communion. »
Et Perdigal qui assistait, ému aussi, à cette scène bougonnait et grognait :
« ... que cet animal lui donnait des envies d'aller se confesser. »