CHAPITRE PREMIER
Des roses.
Les deux cousins décidèrent de partir ensemble, en vacances, pour le Midi.
Aussi, très calme, le cerveau assagi, après la rafale des pensées mauvaises, Gabriel Lauriol paressait, douillettement, dans son lit cannelé de cuivre.
Il se levait, heureux de vivre, réveillé d'un trop long cauchemar, et, pour laisser pénétrer un rayon de soleil matinal, il ouvrit — toutes grandes — les persiennes.
A ses pieds des roses s'effeuillèrent, en grappes, et des effluences montèrent, embaumées.
Gabriel en augura des espérances meilleures.
XOTRE-DAME-DES-VOLUPTES-SANS-NOMimii
et les relevant, en toud'e, avide, il les huma, (léiicieuscmcnt, en ailisle amoureux fie (l/-."ochoses.
Mais il goûta, soudain, un tel enivrement de volupté féminine que ses narines se dilatèrent, et frissonnèrent, à petits coups, comme deux ailes d'oiseaux qui se frôleni
Une phrase musical<* vin! sur si ,
Fleurissait une rose, au bord du chemin ;
et la pensée de Massenet le poursuivit encore^ avec des Noëls joyeusement païens.
Tl chanta :
Le Dieu qui remet nos péchés Elst né dans un berceau de roses...
Dans une flûte de cristal, il mit. les fleui>, reines orgueilleuses.
Puis il rangea les pétales détachés, dévotement, daus les r<Miillets (luî^c partition volnmineuse.
(46 bonjour de poésie lui laissa, tout le jour, des rêves vagabonds, et le fit anxieux du lendemain.