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DEUXIÈME PARTIE

conception divine de son art, Gabriel créa de la beauté.

Mais l'étincelle n'était pas durable. Le piano avait tu sa voix. Et l'artiste, acharné sur son œuvre, continuait à penser et s'épuisait en de vaines recherches.

Ah! l'inspiration qui lui manquait et qui se dérobait au moment triomphal, il la voulait à tout prix !

Qui la lui donnerait, et qui exalterait, pour la première fois, son âme encore peu donnée?

Il se voyait seul, perdu dans ses folies, conscient de son impuissance, devant la stérilité de son inaction.

Pour arriver au but, il se sentait incomplet ; mais il voulait marcher quand même, quitte à rouler après dans les abîmes où tant d'autres étaient tombés, avant lui, qui tous étaient partis enivrés de gloire.

]Mourrette ou figure de femme entrevue dans un moment propice, tout ce qui donne un désir, une joie, une larme, une plainte. Muses, inspiratrices de chef-d'œuvre, dans quel pays d'espérance vous trouvez-vous?

Sur les routes fleuries, sous l'orbe montant des soleils, ou sur les âpres sentiers, les poètes iront toujours, empanachés de téméraires franchises; et, hardiment, éternels ^chevaliers de Sigurd, ils disputeront aux monstres des légendes la Walkyrie prisonnière.

Gabriel pouisuivait sa cliimère lorsqu'un invisible frôlement lui fit tourner la tête.

Une femme était debout derrière lui.

Sans mot dire, Gabriel se redressa et prit dans ses mains les deux mains finement gantées qui l'avaient arraché a son rêve.

Ils restèrent ainsi, muets, immobiles, fascinés, les yeux plongés dans les yeux, comme s'ils eussent voulu prendre toute leur pensée dans un regard.

Non surpris de sa présence, il la contemplait, religieusement. C'était pour lui l'envoyée célrslo qu'il avait appelée n L'^innds cris, dans la fougue de son inspiration.

Il était étonné seulement de la voir si discrètement belle.

Puis, il eut une peur craintive que, vision, lin sonfllr la fit s'évnnonir.

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