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CHAPITRE V

Les noces pourprées.

Les rais de soleil, obliques, pénétraient dans la chambre avec des poussières fines, qui valsaient, les cannelures des cadres brillaient et aussi les verroteries, comme mille feux, quand Maud et Gabriel se retrouvèrent enlacés.

Elle souriait, cette Maud gamine, à son amant qui ne se ressouvenait plus, se croyant endormi en un conte de fée, ou dans les paradis enchantés promis par le Prophète.

Elle eut un rire, qui s'égrena, limpide et sonore, et qui rompit le charme de l'illusion, pour la réalité bien plus belle.

Maintenant, en foule, les souvenances s'éveillaient des voluptés de la nuit.

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Sans honte, ils profitaient d'une aurore nouvelle qui se levait pour eux.

Malgré sa connaissance approfondie des choses de l'amour, et de leurs sensualités, Maud, dans la floraison subite de sa virginité, avait été douloureusement et bienheureusement surprise.

Elle avait eu peur de ce déchirement au seuil de sa tendresse.

Mais elle se réveillait dans la joie de l'olfrande portée sur l'autel du divin Eros...

Après, ils s'étaient pris avec des frénésies. Elle avait gardé son amant, longuement, sur sa chair, les bras noués à ses reins.

Elle eut des assouvissements et ses ongles s'enfonçaient, aigus avec des meurtrissures.

Enervés, ils avaient senti monter en eux lappel désespéré du Principe de Vie, qui débordait de leurs vingt ans comme d'une outre éventrée.

Ils s'étaient rués, ivres, à la conquête de leur désir, avec des ivresses farouches, pour la communion humaine de leur corps.

Ah ! toutes les beautés sublimes et idéales

DEUXIÈME PAÎlTiE 79

n'existaient plus dans leur esprit aAeuglé, il n'y avait plus que l'amoar, l'amour, l'amour...

Puis, harassés par la violence mutuelle de leur passion, ils étaient retombés sans vigueur, dans la béatitude de leur apaisement.

Et maintenant ils se réveillaient, côte à côte, dans leurs forces renouvelées, pour des destinées triomphales.

Et comme Adam et Eve après la faute, ils reconnurent alors qu'ils étaient nus, mais ils étaient sans remords, dans la savoureuse ivresse du péché.

Maud avait encore des désirs dans les yeux.

Le frôlement de leur chair les faisait naître et des frissons légers couraient, à fleur de peau, dans l'épanouissement de leur nudité.

Sa nuque fragile était renversée sur le bras nerveux de Gabriel, montrant le halètement de la gorge dans la promesse attendue du baiser.

Elle s'offrait, tenant dans ses petites mains la coupe de ses seins, tendue à des lèvres aimées.

— Prends*les... encore, dit-elle.

Et Gabriel ne sut pas refuser.

Non rassasiés, ils restèrent au lit, y faisant des dînettes de poupée, avec des friandises de péché.

Le jour monta tout à fait, ensuite redescendit, et les heures nocturnes les virent, à nouveau, dans l'étreinte de leur extase amoureuse, anéantis, perdus, dans leur volupté.

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