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DEUXIÈME PARTIE

— Petit démon, va, ajoutait Gabriel, rieur, en lui tapotant la joue épiscopalement.

Ils jouaient la comédie avec une coquetterie subtile et un libertinage ingénu.

— Chevalier, reprenait Maud, je n'ai point trouvé de fraises dans le bois.

— C'est méchant, répliquait son amant, moi sans chercher si loin, j'en ai trouvé beaucoup.

— Vrai?

— Mais oui, les deux fraises de vos seins et celle de vos lèvres et puis encore... une autre...

— Chut!

— Oh! ce n'est qu'un point de langue rose, plus expressive qu'un baiser.

— Impertinent!

Et Maud essayait de rougir.

Ils étaient comme ces petites filles qui, dans une cour d'asile, pendant une récréation, se font de grandes révérences en s 'appelant : « Chère madame, » cependant qu'elles ont grand souci de « leurs enfants », c'est-à-dire des poupées — parfois bien laides — qu'elles dorlotent tout de môme avec une tendresse déjà maternelle.

INIaud aimait son amant sons toutes ce-formes : en mère, en gri^nde sœur, en petite fille, mais surtout eji femrne passionnée.

S'ils allaient fouiller dans la poudre des siècles, e'était pour arracher leurs secrets à ces bouches closes, afin de connaître leur manière d'aimer et de se posséder avec de toujours nouvelles voluptés dans la perpétuelle eavie de leurs flancs non encore satisfaits.

Alors ils se prenaient, sur les gazons, sous un elfcuillemcnt de roses, dans la chanson du vent et celle des oiseaux...

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