TROISIÈME PARTIE
Le rire de Maud fusa, 1res clair, avec des sonorités cristallines, et Tenvie, bien féminine, la prit de voir Perdigal, comme elle aurait voulu voir un échantillon d'étoffe à la mode, ou la curiosité d'un chapeau nouvean modèle.
— Attendez, monsieur Perdigal, dit-elle.
Puis à son amant :
— Gabriel, faites la causette, je suis à vous, je passe un peignoir. Retournez-vous, Un..., deux..., trois. C'est fait, dit-elle, riant encore.
— Nous en avons bien pour deux heures, lit Peidigal qui connaissait les femmes.
Mais si bas qu'il eut prononcé ces paroles, Maud, très fine, les entendit :
— Non, non, à Faméricaine, monsieur Perdigal.
De fait, Gabriel n'avait pas expliqué, en quelques mots, sa liaison et son amour, que INIaud paraissait, délicieuse, en kimono de soie jaune brodée de chrysanthèmes rouges, les cheveux noués par un ruban en papillon.
Perdigal ébloui ne trouvait pas une phrase. Il lui tendit la main instinctivement.
^Slaud lui donna un shake-hand.
— Aïe... cria-t-il, cré bon Dieu, quelle poigne I
Maud et son amant éclatèrent.
— Ça vous fait rigoler; pour sur, j'ai quelque chose de démoli!
Et sa main gauche frottait son épaule.
— Je veux ma revanche, fit-il bon garçon, belle cousine, permettez, je vous embrasse.
— Volontiers, monsieur Perdigal.
Il lui mit deux baisers retentissants sur les joues, à la façon des pastours du Midi lorsqu'ils embrassent leur promise.
— Réconciliés, n'est-ce pas? dit Maud en lui rendant ses baisers, c'est-à-dire en frottant son petit museau de chatte sur la joue de Perdigal.
— Nous t'enlevons, mon vieux, ou plutôt nous te gardons, déclara Gabriel à son cousin qui voulait se sauver.
— N'est-ce pas, Maud?
— Mais oui, Kate ira nous commander un petit déjeuner soigné, et nous ferons la dînette ici, tous trois.
— Ça colle, fui d avis Perdigal.