‹ Notre-Dame-des-Voluptés-sans-nombreChapitre 52 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

toutes les voluptés résumées par un Organe. Vous direz, ils diront tous que c'est monstrueux, que ce n'est pas naturel, mais voilà, j'ai voulu quelque chose de grand, dans l'audelà des conceptions humaines.

Du reste les imaginations primitives, plus propices que les nôtres, n'avaient-elles pas enfanté les Gyclopes, avec leur gros œil rond, étincelant, au milieu du front ?

Et pourtant nos poètes, nos artistes, nos auteurs, notre monde enfin, notre civilisation, ont accepté les Cyclopes comme un symbole : rintelligence jaillissant du cerveau.

Moi, c'est un symbole de l'Amour, de la Volupté, du Spasme : une Trinité de jouissance éternelle, et j'ai pris mon modèle où vous savez.

Par une sorte d'opération césarienne de l'amour, j'ai fait surgir de perpétuelles sensations— sans la crainte de l'enfantement — aussi dirai-je, avec un néologisme, j'ai ovariolomisé sa fécondité importune.

J'ai pris son idée à Baudelaire, mais Baudelaire mettait la blessure au flanc, moi, je l'ai

préférée élargie et plus belle, saignante, effrayante, dans le mi tan du corps.

Emballés, tous admirèrent, mais avec tttië crainte cachée. Cette fièvre, cette fougue iliot'bides les étonnaient.

Perdigal trouvait * ça » épatant et manifestait son enthousiasme avec des éclats de trompette :

— Mon vieux, c'est génial, dit-il; ce qtie lil vas leur eh bouclier un coiii aux accroupis de l'Institut !

— J'ai bien puur iju a^ nv Luuipiciiiiciii pus, chuchotta à Maud Gabriel.

— C'est Uri spasme étrange, critiquait Du Gau de la Salle. Médicalement parlant, le spasme est une contraction, involontaire, des muscles et particulièrement des muscles qui n'obéissent pas à la volonté.

Les muscles de ton œuvre sont tendus, uniquement vers un seul but : la jouissance démesurée d'un plaisir» C'est de Térotomanie.

— >Iais, mon vieux, cette jouissance, ce spasme, reprit Perdigal, avocat de toutes

Page 1