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CHAPITRE V

En wagon.

Seuls dans le sleeping-car qui les menait h toute vapeur au pays du soleil, les deux amants étaient joyeux, comme des écoliers en vacances.

Maud frappait les mains, petite fille, et regardait la fuite vertigineuse des arbres, rayés par les paraphes longs des fils télégraphiques.

Puis, la nuit venue, elle remarqua :

— Savez-VQus, monsieur mon amant, que c'est notre voyage de noces ?

— Véritablement, chérie.

— Eh bien! que fait-on à sa fiancée?

— Des choses bien folles, reprit Gabriel.

— Moi, je ne sais.

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— Eh bien ! ceci, dit-il en lui donnant des baisers sur les yeux.

— Puis ceci, et c'étaient des baisers dans le cou.

— Puis encore ? fit Maud haletante.

— Ceci, ceci, ceci, et les lèvres de son amant couraient partout, partout, fugitives; mais celles de Maud les happèrent comme des ventouses, et, goulues, elles aspirèrent leur amour.

Les mains s'aventuraient curieuses et la chair de Maud avait des tressaillements de belle bète sauvage.

Elle se coulait dans ses bras et, relevant aux tempes, de ses doigts fuselés, les boucles blondes, elle lui mit un baiser au lobe de Toreille, murmurant :

— Prends-moi?

— C'est fou.

— Non, c'est bon.

— Folle, répétait-il, on nous regarde.

jNIais c'était l'œil jauni et curieux de la petite

lampe ronde, à flamme courte.

Klle insistait, plus féminine, avec do^ ciires^es plus subtiles, voulant connaître toutes les voluptés, tous les désirs.

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