TROISIÈME PARTIE
Ses mains se crispaient volontaires.
— Je veux.
Et gamine, elle aurait presque pleuré, comme si on lui eût ravi un joujou favori.
Mais n'était-ce pas joujou d'amour qu'elle réclamait pour son plaisir?
— La fiancée sera bien sage, ajoutait-elle pour le convaincre.
— Oui, mais Maud est gourmande, c'est vilain! disait Gabriel taquin.
— Vous le fûtes aussi, gourmand, et très, pour les friandises de mes seins, reprit Maud avec une moue mi- fâchée, mi-grondeuse.
— Chut ! m'amour mignonne.
Sous les baisers, l'àme grisée, il leur semblait qu'ils allaient vers le Bonheur. Et le train les roulait, enivrés, vers les jardins délicieux où sommeillent les amants éternels.
Gomme Maud s'offrait encore, ils se prirent d'une étreinte toujours pareille, avec la même fureur, la même joie que la première fois.
Ils eurent le même cri, arraché à leur chair PAr la volupté jouisseuse. Et ce cri se perdit dans les halètements et les trépidations du
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train, qui se hâtait niaiutenant, dévalant la vallée grandiose du Rlionc, sur lequel les premiers feux du soleil mettaient des miroitemenls de bijoux.
Seule, la petite veilleuse les regardait toujours de son œil roiid, à la flamme jaunie et discrète.