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CHAPITRÉ II

Un caractère.

Oui, ce fut un apaisement délicieux : après la volupté endormie, l'amour sage, sage d'une sagesse étrange qui faisait entrevoir des passions plus furieuses, peut-être.

Après s'être pris dans une étreinte furibonde, il§ avaient tendu leurs lèvres goulues à tous les plaisirs et, d un seul trait, ils avaient épuisé l'ampliorc.

Toutefois, ils étaient encore insatisfaits, l'àme seule sommeillait dans un recueillement.

Devaient-ils se quitter désormais, ou se bercer d'une illusion qui ferait croire à leur chaste amitié ?

Non pas. Ils préférèrent dcmandci' dv, non-

veiles sensations à leur cliuir et, comme s ils eussent eu peur que l'amour ne partît, pour se rattacher ils eurent recours aux caresses feintes.

Sentant leur cœur chavirer, dans ,1a peur du naufrage, ils crièrent : « Secours !» Et la Volupté leur tendit ses mamelles.

Dès lors, ce furent des tendresses dont ils prirent le goût malgré les lassitudes qui viennent après !

C'est vers cette époque qu*un douloureux hasard les mit en présence de Pierre Oustalet, le sculpteur.

Eux qui Tavaient connu plein de vigueur et d'espérance, dans rcnivrement des succès présumés, avaient eu peine à reconnaître leur ami, en cet être hâve, miné de tuberculose et de vice, dont les yeux seuls, brillants de fièvre, semblaient vivre, loque humaine oîi la raison chancelante ne tenait qu'à un fil.

Us le rencontrèrent à Beaulieu.

— Je vous cherchais; Perdigal m'avait bien dit que c'était par ici, il m'avait même, je crois, donné une adresse, mais je ne sais plus... je ne me rappelle pas.

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