QUATRIÈME PARTIE
cru, VOUS, à ça, moi j'y ai laissé mon âme. Par phrases hachées, à l'emporte-pièce, il crachait son fiel :
— J'ai avorté, c'était trop grand, trop beau pour eux surtout, trop hardi aussi, quel rêve! Je voulais une école à moi, ouvrir une route nouvelle. Et Mourrette aussi, une saleté, elle est venue, elle est partie; qu'elle soit au diable...
Et sous son ricanement on devinait des larmes. On sentait un cœur ravagé.
— Ah! les agonies de Paris sont épouvantables, poursuivait-il, il vaut mieux mourir sous le soleil latin, c'est plus chic, on crève plus à l'aise; là-bas, on étouffe, c'est l'océan qui roule ses houles de passions mauvaises. Vous êtes mal enraciné, une lame plus forte vous emporte.
Vous sombrez avec votre génie, personne n'y prend garde, c'est la bataille, et, en soldat de la vie, on tombe obscurément, dans le tas, sans savoir; on vous piétine sans pitié, fWrrs, amis ou inconnus, aveuglés qu'ils sont par la folie du but qu'ils croient atteint.
Ah! oui. Se baisser, vous ramasser, vous
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consoler, des blagues, on n'a pas le temps. Et puis, un de moins ça fait de la place pour les autres...
— Mais vous aimiez Mourrette, vous aviez sa tendresse, essayait Maud, vainement consolatrice.
— Ah ! IMourrette, Mourrette, répétait le sculpteur, des caresses, des bîiisers qui traînent partout, puis, les femmes, toutes des ararcesl De la chair à jouir, pas plus, faut pas dcmandrr davantage.
Ah! Mourrette, Mourrette, dismt-il encore, avec des quintes do toux qui le secouaient avec des hoquets et des dcgoùts.
Celte desespérance territtait (^lahrici ( t M.md dans leurs quiétudes.
Ils ouvraient des yeux très grands, dans l'ignorance de ces douleurs et de ces combats.
Ils contemplaient ce cœur, comme un champ de ruines, et restaient stupéfaits, après ces récits qui Unissaient toujours ainsi :
— La salope m'a tout pris !
Sans qu'on sût jamais s'il parlait de la femme ou de la ville.