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CHAPITRE V

Sur la grève.

Maud et Gabriel n'avaient pas besoin de pré. ceptes et de paraboles, ils agissaient suivant la poussée de leur âme et de leurs sens.

Dès qu'ils sentirent les premiers effluves du printemps, ils partirent, courant les chemins, foulant les sentiers, et laissant à chacun un peu de leur tendresse et de leurs baisers, comme les moutons des débris de laine accrochés aux ronces des buissons. '

Ils emplissaient leur chambre de fleurs des champs, apportées en trophées de leur école buissonnière, et chaque brindille était, pour eux, un souvenir.

D'autres fois, subitement calmes, ils allaient se tenant la main, comme les pastours et les

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bergères, les doigts entrelacés, avec des .ti^^olterieset des cbuchotements discrets, comme s'ils eussent eu peur qu'on entendît leurs paroles, leurs paroles d'amour.

. Plus d'une fois les promeneurs surprirent au milieu d'une route cette belle fille, à jupe claire, se dressant sur la pointe de ses souliers de Cendrillon, pour embrasser sur la bouche ce grand garçon qui se laissait faire en riant.

Seules les vieilles filles insexuées et dévotes criaient au scandale en levant les bras au ciel.

Un après-midi, poursuivant tous deux leurs pensées, ils descendirent le petit chemin (jui dévalait tout droit de la villa à la grève.

Heureux, les vagues clapotant à leurs pieds, ils allèrent longtemps, cherchant une solitude paisible qui abritât leur bonheur.

Ils découvrirent le creux d'un rocher et s'assirent parmi les galets et les coquillages.

Leur fringale avait eu un moment de. répit et, déjà, une longue semaine d'abslinènce et de continence s'était écoulée, les laissant tout étonnés.

Mais ils comprenaient, ils sentaient très

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