‹ Notre droit national et la révolutionChapitre 49 sur 57 · Voir Annales de la Charitéy année 1849, p · texte numérisé non relu

Voir Annales de la Charitéy année 1849, p

vu les jeunes filles employées dans une filature des environs de S* Sébastien, soumises à une discipline tutélaire, fondée sur les pratiques de la religion. Nous avons montré que ce patronage offre, au point de vue matériel aussi bien qu'au point de vue moral, les meilleures garanties, (i) M. Reybaud, dans ses Études sur la condition des ouvrières en soie, décrit un patronage exercé dans des conditions à peu près semblables. L'œuvre est ici d'autant plus digne d'attention, qu'elle a été pratiquée avec un égal succès daris plusieurs manufactures. M. Reybaud en cite trois: Jujurieux dans l'Ain, Tarare dans le Rhône, la Séauve dans la Haute- Loire. Nous nous arrêterons particulièrement à la manufacture de Jujurieux, sur laquelle M. Reybaud nous donne des renseignements détaillés.

Le village de Jujurieux était assez pauvre, lorsque, il y a un demi siècle, M. Bonnet le quitta pour s'établir à Lyon, d'abord comme ouvrier, eusuite comme fabricant. La fortune d'un homme allait devenir celle de la commune. Fils de ses œuvres, M . Bonnet ne se montra ni oublieux ni ingrat envers le hameau natal. Dès qu'il le put, il y monta des ateliers, et, aux ressources du sol, il ajouta celles de l'industrie ; il créa ce vaste établissement où se résument toutes les opérations de la soie, depuis le cocon jusqu'à l'étoffe, et où la matière, préparée avec un soin infini, produit ces taffetas et ces satins noirs qui ont fait la renommée de sa maison.

Des femmes suffisent à ce travail, où, grâce à un moteur externe, la dextérité importe plus que la vigueur. Cet emploi exclusif des femmes a permis d'établir à Jujurieux une règle qui, par sa sévérité, se rapproche de

Page 1