J. J. ROUSSEAU. — IV. D'APRÈS KANT
I. Ce qui se voit partout et toujours, dit Cicéron (i) appartient indubitablement à la nature. S'il en est ainsi, il est plus clair que le soleil, que la vie sociale de'coule de la nature humaine. Si loin que nous portions nos regards dans les vastes champs de l'histoire, partout et toujours nous trouvons l'homme en relations étroites et régulières avec d'autres hommes, c'est-à-dire, vivant à l'état social.
Les recherches préhistoriques n'ont jamais amené la découverte d'ossements humains, sans que la preuve de l'état social ne se trouvât à côté. Du sein de la terre, chaque nouvelle fouille fournit un nouvel argument à l'appui de cette assertion.
Voyez l'homme depuis le moment où ses yeux s'ouvrent la première fois à la lumière ! Il est une femme dont le cœur a été inondé de joie à la naissance de cet enfant : il est un homme qui l'a pris fièrement dans ses
(i^ Omni in re omnium gentium consensus lex naturae putanda est (Tusc. I. i3.)
bras et Ta appelé triomphalement « SON » enfant. L'enfant lui-même, rien que par le fait de sa naissance, est lié à son père et à sa mère par des relations inéluctables.
Il est leur enfant; c'est d'eux qu'il tient la vie ; c'est eux qu'il devra assister et aider à des jours encore loin" tains, que l'espérance fait miroiter aux yeux des parents. A-t-on à cet effet demandé conseil à l'enfant ? Comprend il même l'état dans lequel il se trouve? Non, son esprit n'est pas encore éveillé : la faiblesse de ses organes se refuse encore à servir son intelligence. Mais les relations n'en existent pas moins; et lorsque plus tard le fils reconnaissant proclamera le devoir de la piété filiale, il n'aura fait que reconnaitre une relation fondée sur la nature même de son origine.
Prenez le plus grand homme que vous voudrez, peu de temps après sa naissance ! Cet enfant au berceau sera, un jour, Charlemagne ! Cette grande âme, qui remuera plus tard le monde entier, existe déjà dans les limites de ce corps chétif: ce bras qui maniera plus tard Joyeuse est encore emmailloté ; ces membres, quelque robustes qu'ils doivent être plus tard, sont maintenant faibles, débiles, incapables d'aucun soin, d'aucune fatigue. Combien de temps cet enfant reslerait-il en vie, s'il n'avait aucun secours? Combien de temps vivrait il, s'il n'avait pas l'œil vigilant et la main diligente de sa mère, pour le porter plutôt que le conduire à travers les premiers détroits de la vie ? Un trésor de facultés gît caché dans l'âme de l'enfant. Peut-être serat-il un Charlemagne, peut-être un Hemlinck, ou un Maarlant : ses passions seront peut être celle d'un tutbulent démagogue; peutêtre seront-elles les passions sanguinaires du malfaiteur ; ou peut-être, la passion pure et féconde de la sainteté !
Une chose est certaine : toutes les facultés, dont les ger mes sont de'posés dans l'àme de l'enfant, ont besoin d'aide, d'appui, d'excitation ou de retenue ; et supposent par conse'quent l'état social.
Quel bonheur pour une mère, lorsqu'elle saisit pour la premiere fois son nom mutilé sur les lèvres de son enfant ! La parole, notre caractéristique, notre télégraphe, mille fois plus admirable que le télégraphe électrique, notre Rubicon, comme dît Max Muller, que l'animal ne passera jamais, la parole vient d'éclore sur les lèvres de l'enfant. Avec la simplicité de l'innocence, il apprend naivement à bégayer des lambeaux de phrase ; puis il s'aventure à risquer des ajoutes de son cru : heureux, si bientôt vous n'aurez à recourir à une bienveillante violence pour brider sa naïve loquacité. La parole, ce lien d'or, est évidemment donné à l'homme dans le but de l'attacher à d'autres hommes, pour communiquer ses pensées, recevoir communication de celles des autres, et travailler ainsi à son perfectionnement personnel ainsi qu'à celui des autres.
Maintenant que le jeune homme peut se passer de l'appui de ses parents, la nature ne trahit-elle plus aucune impulsion à la vie sociale ? A peine le fils a-t-il échappé aux mains de sa mère, qu'un autre sentiment le porte à fonder lui-même une famille. 11 sent en lui-même un changement qu'il ne s'explique pas. Le sang roule plus violemment dans ses veines : jamais il ne s'est senti autant de force. Un esprit d'illusion est descendu sur lui ! Que le monde devient beau ! C'est comme s'il était irisé de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ; c'est comme si le monde s'était tout à coup élevé à une hauteur inconnue jusqu'alors ; tel qu'on le verrait à travers un prisme.
Voyez, comme tous les astres du firmament font la cour au soleil ! Ainsi aussi, le jeune homme rêve un idéal, une espèce de déesse devant laquelle il voudrait, s'il le pouvait, porsterner en adoration toutes les créatures de l'univers. Période difficile que celle de la jeunesse ! Heureux ceux, qui ne se laissent pas guider uniquement par l'illusion, et qui comprennent que, le char étant entraîné dans une course furibonde, ce n'est pas le moment de fouetter les coursiers, mais celui de les modérer, et de ne jamais perdre de vue le chemin que dévorent les roues. Cette difficulté même, que l'homme éprouve dans cette « lutte contre lui-même » est une preuve inéluctable de la violence avec laquelle la nature pousse à la vie sociale.
Connaissance, progrès, vêtement, nourriture, en un mot la vie entière, toutes les nécessités, si multiples, que l'homme éprouve sous le rapport matériel et moral, et qu'il porte toujours avec lui , ne montrent-elles pas assez que la destination naturelle, le besoin le plus intime et le plus indispensable de l'homme, c'est l'état de société ?
Tous les hommes, créés par le même Dieu, tendent vers ce même Dieu, comme fin dernière. Égaux d'origine et de destinée, égaux par l'amour dont Dieu les aime comme le chef-d'œuvre de ses mains et ses enfants, il faut qu'ils marchent, en frères, la main dans la main, vers la maison de leur père. La fraternité obhge les hommes à s'entr'aider, et à rendre le but commun d'un accès possible, sinon facile. Quel philosophe, digne de ce nom, oserait jamais le nier? La saine raison suffit à elle seule pour donner à cette vérité l'évidence du jour. Voici les paroles d'Aristote. « (Pol. I. i.) L'homme est de sa nature un être fait pour la société. »
IL La première négation de cette vérité se rencontre
chez les disciples de Bacon de Vérulam, c'est-à-dire chez les écrivains de Fe'cole Empirique ou Naturaliste Anglaise. Dans la première partie du seizième siècle, Thomas Hobbes contesta cette vérité dans son Leviathan, or matter, for m and Authoritj- of Government, ainsique dans son livre De Cive. A ses yeux, l'homme n'est point né pour la société. S'il vit en société, ce n'est qu'accidentellement, parce qu'il ne peut faire autrement, et en vertu de la nécessité de sa position dans la nature : « Le droit naturel, « c'est la liberté qu'a tout homme de se servir à son gré de « la force dont il dispose pour la conservation de sa nature ; « et conséquemment, de faire tout ce qui est utile à cette fin, . . « De là suit, qu'à l'état de nature, tous ont droit à tout, sans « exception, y compris même la vie corporelle des hom-nes. » — « A l'état de nature, il est permis à tout le monde « de se soumettre les hommes et même de les tuer, tou- « tes les fois qu'on le trouve utile et avantageux, » De là suit, que mon droit n'a d'autres bornes que votre force. Etes-vous en possession d'un bien? C'est une chose sur laquelle j'aurais le même droit que vous, si ma force égalait la vôtre. Vous avez acquis ce bien : par là même vous limitez, vous diminuez mon droit ; puisque vous prenez quelque chose à votre usage exclusif, et qu'ainsi vous rétrécissez le champ d'activité de ma force. Est-il étonnant que je vous fasse la guerre ? La doctrine de Hobbes c'est la guerre de tous contre tous avec la force brutale comme seule arme reconnue par les belligérants. L'état naturel de l'homme serait donc la division, la discorde, la guerre et une ruineuse violence ! Pour empêcher le genre humain de périr, œuvre de miséricorde dont ils auraient pu se dispenser s'ils l'avaient voulu, puisqu'elle dépendait complètement du libre choix
de leur volonté, les hommes ont conclu un contrat, d'après lesquel tous les droiîs devaient être mis en commun, afin d'en donner à lous la sécurité contre les attaques des autres. On ne peut que féliciter l'humanité d'avoir arrangé ainsi ses affaires à l'amiable plutôt que de s'entre déchirer, et de se dévorer elle-même.
III. Jean Jacques Rousseau, l'esprit le plus retors du dix-huitième siècle, le philosophe le plus superficiel, le sophiste le plus rêveur qui ait vécu depuis deux siècles, est plus aimable qui Hobbes à l'égard de l'humanité. Voulez-vous savoir quel est l'état de nature de l'homme, état dans lequel de fait il a vécu assez longtemps à l'époque primitive ? Rien que Vétat Sauvage. « Sans in- « dustrie, sans parole, sans domicile, sans guerres et sans « liaison, sans nul besoin de ses semblables comme sans « nul désir de leur nuire, peut-être même sans en recon- (( naître aucun individuellement, l'homme sauvage, sujet « à peu de passions, et se suffisant à lui-même, n'avait (( que les sentiments et les lumières propres à cet état : il
(( ne sentait que ses vrais besoins Son intelligence ne
« faisait pas plus de progrès que sa vanité. Si par ha- « sard il faisait quelque découverte, il pouvait d'autant (( moins la communiquer qu'il ne connaissait pas même « ses enfants. L'art périssait avec l'inventeur. Il n'y avait
({ ni éducation, ni progrès... les siècles s'écoulaient
« l'espèce était déjà vieille et l'homme restait toujours « enfapt. » (i)
Où Hobbes et Rousseau cherchent ils les preuves de ces affirmations insensées ? Ils avancent le prétendu
(i) Discours sur l'inégalité parmi les hommes, i»"® partie.
état de nature comme un fait : il fut un temps ou les homme vivaient en dehors de tout e'tat social, et où ils étaient en guerre générale ou sauvages ! Un fait appartenant au passé demande des preuves. Les preuves où sont-elles ?
A moins que nous n'admettions sans preuve un fait qui serait en opposition avec le témoignage de tous les peuples et de tous les siècles, et qui renverserait toute nos idées sur la société ! « L'antiquité, dit Cicéron, est la plus voisine des Dieux. »
Il veut signifier qu'en remontant les âges on arrive à une époque qui par rapport à la notre n'est pas le déclin comme l'état sauvage l'est comparativement à la civilisation, mais qui fut un état typique d'où nous sommes déchus « Je ne doute guère, dit sénèque, que « les premiers hommes ne fussent doués d'une grande intel- « ligence : il est hors de doute que la terre n'en produisit « jamais de meilleurs. » — Tous les peuples ont dans leurs traditions le souvenir, non d'un temps où les hommes furent sauvages, mais d'un temps, le principe de tous les temps, où les hommes vécurent en paix, en félicité, en état de parfaite société.
Vage d'or le premier se montra sur la terre, dit le poète avec toute l'antiquité. Cette tradition est un souvenir de jours plus heureux, qui est demeuré dans le mémoii'e de l'humanité, comme le souvenir de l'abondance, semblable à l'écho d'une fête, demeure gravé dans la mémoire de l'enfant qu'a dépouillé le caprice de la fortune. Les recherches préhistoriques montrent, il est vrai, qu'à des temps très-anciens la plupart des peuples se trouvaient à un état de civilisation peu avancée :
mais jamais, nulle part, elles n'ont déposé en faveur d'un état dépouillé de tout caractère social.
Sans parler des preuves historiques, qu'il nous suffise de montrer, que la sauvagerie ne peut à aucun égard être l'état naturel de l'homme : « Le sauvage coupe « l'arbre pour cueillir le fruit, il dételle le bœuf que les « missionnaires viennent de lui confier, et le fait cuire « avec le bois de la charrue. Depuis plus de trois siècles <i il nous contemple sans avoir rien voulu recevoir de (( nous, excepté la poudre pour tuer ses semblables et « l'eau-de-vie pour se tuer lui-même ; encore n'a-t-il « jamais imaginé de fabriquer ces choses : il s'en repose « sur notre avarice, qui ne lui manquera jamais. Gomme (( les substances les plus abjectes et les plus révoltantes sont « cependant encore susceptibles d'une certaine dégéneration, « de même les vices naturels de l'hurrfenité sont encore « viciés dans le sauvage. Il est voleur, il est cruel, il « est dissolu ; mais il l'est autrement que nous. Pour (( être criminels, nous surmontons notre nature ; le sauvage « la suit ; il a l'appétit du crime, il n'en a point les « remords. Pendant que le fils tue son père pour le (( soustraire aux ennuis de la vieillesse, sa femme détruit « dans son sein le fruit de ses brutales amours, pour (( échapper aux fatigues de l'allaitement. Il arrache la « chevelure sanglante de son ennemi vivant ; il le déchire, « il le rôtit et le dévore en chantant ; s'il tombe sur « nos liqueurs fortes, il boit jusqu'à l'ivresse, jusqu'à (( la fièvre, jusqu'à la mort, également dépourvu et de la « raison, qui commande à l'homme par la crainte, et « de l'instinct, qui. écarte l'animal par le dégoût. 11 est u visiblement dévoué ; il est frappé dans les dernières
~ iS -
« profondeurs de son essence morale ; il fait, trembler « l'observateur qui sait voir : mais voulons-nous trembler « sur nous-mêmes et d'une manière trés-salutaire ? Songeons « qu'avec notre intelligence, notre morale, nos sciences « et nos arts, nous sommes précisément à l'homme primitif « ce que le sauvage est à nous. » (i) Magnifique peinture de la sauvagerie, telle qu'elle existe, et telle que seule pouvait la rendre la plume de l'incomparable De Maistre. Cette sauvagerie est un signe certain de décadence.
Elle n'est évidemment qu'un volcan plein de forces foncièrement gâtées, d'où sortent des effluves sans nom, mais dans lesquelles un œil exercé n'a pas de peine à distinguer des substances de la plus haute valeur. Mais s'il est vrai, que la sauvagerie, c'est l'abus des forces humaines, la sauvagerie ne saurait donc être l'état naturel de l'homme ; à moins qu'on ne soutienne que la destination naturelle et l'usage naturel du feu et de l'acier, c'est l'incendie et le meurtre. — Soit ! mais la sauvagerie, décrite par De Maistre, n'est pas celle qu'exalte Rousseau. — En effet, la différence est palpable. Inutile de raisonner sur l'état sauvage tel que le dépeint J. J. Rousseau, car il constitue une contradiction dans les termes. Il suffit, pour le voir, d'en examiner la formule comme nous l'avons exposée plus liaut. Du reste considérez cette formule, et jugez si l'état qu'elle exprime mérite le nom d'état de nature, ou celui d'une profonde et presque irrémédiable décadence.
L'on doit s'étonner, que J. J. Rousseau ait pu faire accepter des rêves pareils à son siècle. Ce serait incompréhensible, si nous ne connaissions l'état de la France
(i) Soirées de S* Petersbourg, Deuxième entretien.
au dix-huitième siècle. Licence sur Ie trône et dans les palais ; orgueil blessé dans la bourgeoisie ; pauvreté et misère dans le peuple ! Tous étaient naturellement portés à se mettre à la suite du premier venu, qui se poserait en réformateur. Rousseau se posa en réformateur : ne rien trouver de bon, briser tout sous le marteau de la critique, cela fait les délices d'un grand nombre. Rousseau rassasia cet appétit public de critiques malveillantes. Malheureusement il avait un style séduisant, qui avait des semblants d'élévation ; un style qui n'était pas sans éloquence, et oa la société négative du siècle passé devait trouver l'expression de la vérité. La noblesse invita Rousseau dans ses salons : Rousseau ne savait pas causer ; en compagnie de ces seigneurs et de ces dames dandinés du temps, le philosophe de Genève restait bouche béante. Ou s'il trouvait quelque parole d'à propos, c'était trop tard, au moment où il avait déjà son chapeau à la main, ou était sur l'escalier pour partir.
Cependant il avait quelque chose d'original, quelque chose qui excitait plus l'étonnement que l'admiration de ses contemporains. Il était pauvre, et il s'en vantait. Il feignait de mépriser la richesse, et savait parler de la vertu comme s'il l'aimait. Hypocrite, qui est mort dans un château, et laissa porter ses enfants, fruit de ses excès, à l'asile des enfants trouvés. Néanmoins Rousseau a réussi à se faire accepter par la France comme le plus grand des philosphes. Les restes de J. J. Rousseau se trouvent dans les souterrains du Panthéon à Paris. L'artiste qui a sculpté son monument, l'a représenté au cercueil, mais passant par le couvercle entrebaillé son bras armé d'un flambeau. A-t-on voulu signifier que Rousseau serait la lumière des siècles futurs, ou bien a-t-on voulu signi-
— io —
fier que Rousseau a fourni le feu aux communards pour incendier les monuments de Paris ? L'histoire n'hésite pas à répondre. Entretemps, l'idée de Rousseau reste le fond de la pensée des sophistes, nos contemporains. La science, cette noble fille de Dieu, ne s'estime pas trop élevée pour faire de la propagande en faveur de la théorie de Rousseau. Si elle traverse les continents et les mers, si elle scrute les entrailles de la terre, si elle analyse avec une exactitude minutieuse et patiente jusqu'aux dernières fibre > du corps humain, c'est dans fespoir d'y découvrir la confirmation de la doctrine de Rousseau. L'esprit de Rousseau est comme un cavalier qui a enfourché l'esprit de notre siècle, et qui le pousse à coups d'éperons là où il lui plait ! Juste punition d'un siècle, qui refuse de s'agenouiller devant le Christ et qui est condamné à porter sur ses hères épaules un soi-disant philosophe, (( qui est complètement dénué de vraie science, de perspicacité (( et surtout de profondeur, tout en ayant des apparences (( de profondeur, qui ne dépassent pas les mots. » (i).
IV Kant, le grand sophiste de l'Allemagne, n'a pu échapper au vent qui soufflait à son époque, c'est-àdire à la fin du siècle dernier. Il n'accepte pas, il est vrai, avec Hobbes et Rousseau, qu'il fut un temps où les hommes vécurent de fait en dehors de tout état social. Cependant, d'après lui, l'état îsocial ne découle pas de la nature de l'homme : il est accidentel, adventice, et tout à fait dépendant de sa volonté libre. Cette doctrine trahit une connaissance très-superficielle de la nature humaine. Les considérations par les quelles nous avons établi notre
(i) De Maistre, soirées de S» Petersbourg. Deuxième Entretien.
sociabilité sont puisées dans notre nature, et sont si indépendantes de notre consentement libre, qu'il y a un haut degré de vertu, à savoir surmonter quelques unes des tendances vers l'état social, même en mettant en jeu toutes les forces de la volonté. La naissance et la vie, prise à n'importe quel moment, placent l'homme en société ; et il n'est pas plus libre à l'homme de vivre en société, qu'il n'est libre à l'oiseau de respirer lair et de se balancer sur ses puissantes ailes dans les profondeurs de l'espace.