‹ Notre ennemi le luxeChapitre 22 sur 41 · Encyclopédie, vorbo Llxe · texte numérisé non relu

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malheurs, ce sera l'augmentation du prix de toutes les marchandises, dont nous éprouvons déjà le commencement ^ »

11 est hors de doute que les ressources de la France se sont notablement accrues dans ces der-

1. D^Agucsseau dénonçait de son côté rinfluence directo quNîxercent le luxe et Fagiotage sur le renchérissement de la vie : — « Le véritable commerce perd autant de sujets que le faux commerce en acquiert, et au lieu que ceux qui se livrent au dernier étaient auparavant des hommes utiles à TÉtat, qui, en gagnant leur vie d'une manière laborieuse, y produisaient tous l<»s jours un nouveau fonds de richesses, ce ne sont plus que des gens oisifs, riches pour eux-mêmes et stériles pour l'État, ou plutôt véritablement nuisibles à la société où ils ne servent plus qu'à faire enchérir à l'excès les fruits de la nature, et les ouvrages de l'art : en sorte qu'il faut , ou devenir agioteur comme eux, ou être menacé de mourir de faim par le prix énorme des choses nécessaires à la vie. Quand les richesses réelles croissent dans un royaume, quand l'or et l'argent s'y multiplient considérablement, le prix des denrées croît à la vérité, et la dépense augmente nécessairement; mais les moyens de payer ce prix croissent en même temps, et la recette s'augmente autant que la dépense, en sorte que la fortune des hommes se trouve toujours à peu près dans la même proportion. Mais ici la dépense monte à l'excès, 'et les revenus, ou les moyens de la soutenir, diminuent aussi à l'excès. Celui qui n'avait que 0,000 liv. de rente, et qui était obligé de les dépenser, est forcé d'en dépenser 12,000; et s'il est assez heureux pour ne voir diminuer son revenu que de la moitié, il n'a qno 3,000 liv. pour

niers temps; Tor et l'argent, en devenant plus communs, ont perdu de leur valeur et donné lieu à un légitime renchérissement du prix des choses. La question est de savoir si le prix des vivres et des objets de première nécessité, en augmentant dans une proportion à peu près double de ce qu'il était il y a douze ans, a suivi la progression de la richesse, ou s'il ne Ta pas dépassée.

Il l'a dépassée incontestablement.

Le développement du luxe, l'accroissement anormal des grandes villes qui, par les chemins de fer, attirent à elles les produits des provinces, ont eu pour conséquence d'augmenter la consommation sans que la production se soit sensiblement accrue.

Ce fâcheux état de choses pèse moins lourdement toutefois sur la classe ouvrière et agricole que sur la classe moyenne. L'ouvrier a vu s'élever le taux de ses salaires, le cultivateur vend plus avantageusement ses produits.

eu dépenser 12,000 ; et, par conséquent, il s'en faut les trois quarts qu'il n'ait le nécessaire pour vivre. » Mémoire sur le commerce des Actions^ t. XUI, p. 552.

Le gouvernement leur est du reste venu en aide par tous les moyens. Nous verrons bientôt ce qu*il a fait pour T Agriculture.

L* Empereur, dans son incessante sollicitude pour le sort des ouvriers de la ville, s'est personnellement occupé d'améliorer leur situation économique et morale, — sollicitude dont l'ouvrier ne lui a pas jusqu'ici témoigné une reconnaissance bien vive ! On a vu le Prince encourager la construction de cités ouvrières, — logements à bon marché dont il fournissait les modèles, — et envoyer aux Maires des villes de fabrique des sommes importantes prises sur sa cassette, notamment cent mille francs au Maire de Lille. 11 a assuré à l'artisan le droit de débattre librement le prix de son salaire, fondé et placé sous le patronage de son fils V Orphelinat du Prince impérial'^ pour donner au fils de l'ouvrier sans famille un apprentissage et une industrie, — la Société du Prince impérial pour les prêts de l'enfance au travail, association touchante qui vient en aide aux classes laborieuses en les garantissant contre les chômages et leur assurant

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le travail , source de leur moralisation et de leur bien-être.

iNi le cultivateur ni Touvrier n'ont donc trop à souffrir du renchérissement de la vie.

Mais la classe moyenne, celle qui comprend la masse des rentiers de l'État, les petits commerçants, les titulaires de rentes sur les particuliers, les petits propriétaires de maisons urbaines ou de domaines ruraux, — classe intéressante parce qu'elle est nombreuse et forme la principale force des États démocratiques, — a vu, depuis douze ans, sa dépense croître hors de proportion avec son revenu.

Non - seulement le luxe appauvrit la classe moyenne, mais il tend à la supprimer.

Au milieu de la gêne à laquelle renchérissement excessif de la vie soumet ceux qui la composent, ils sont loin, nous l'avons vu *, de se tenir pour satisfaits de leur sort, et mettent en usage tous les moyens pour le changer. S'ils'succombent dans

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