Les Hommes illustres et grands capitaines françois
Les d'Aguesseau, les Lamoignon ont donné ce même exemple, — toujours plus efficace que la sévérité des lois.
S'il était nécessaire que l'un des grands corps de rÉtat prît part à la ligue formée pour résister à la contagion du luxe, c'est à la Magistrature qu'en reviendrait l'honneur.
Placé en vigie à la proue du bâtiment, le Magistrat voit de plus loin le péril, et sa voix est bien venue à le signaler.
Appelé à guérir les plaies que le luxe ouvre au sein des familles, il connaît mieux l'étendue du mal; aussi la société n'hésite pas à le croire lorsque, dans ses arrêts, ses paroles ou ses livres, il signale la présence de l'ennemi et enseigne à le combattre.
La simplicité de Frédéric le Grand fut plus efficace pour entretenir les vertus guerrières de son peuple que toute la rigueur de sa discipline.
L'éloignement que montrait dans sa vie privée r Napoléon pour le faste n'a pas peu contribué
non plus, durant cette courte et glorieuse épopée de r Empire, a arrêter parmi ses généraux gorgés de richesses une nouvelle et plus funeste explosion du luxe. En 1811, au temps de sa plus grande puissance, l'Empereur ne possédait que trois habits militaires et deux redingotes grises. Il envoyait de sa main , à Duroc , grand maréchal du palais, la liste des effets et du linge composant cette modeste garde-robe. Les habits devaient dui'er trois ans : il' n'était pas tenu compte de l'usure aux jours de bataille * !
Ces traits sont bons à recueillir; en voyant les Princes et les grands mépriser ces jouissances que nous convoitons et qu'il leur serait si facile de se donner, on aiTive à moins estimer le luxe.
Pour assurer l'efficacité de l'exemple , il faudrait que la femme, — précisément parce qu'elle est plus accessible à la tentation, — fût la première à le donner.
« Je voudrais, — a dit M. le Procureur général