Son Ex. M. Vuitry, au Corps k^gislatif, — 23 juin 18G
2. M. Duvergicr s'exprimait ainsi sur la loi nouvelle : — « Si on imposant le luxe on empêche la production il faut s'abstenir, parce qu'alors on supprime le travail qui profite aux classes ouvrières, spécialement si la taxe sur les voitures et sur les chevaux en avait fait cesser ou seulement diminué l'usage on aurait eu raison delà supprimer; mais personne n'a jamais prétendu cela, ot, dans la réalité, cela n'a point eu lieu, n est étrange que l'on montre une si grande drconspection quand il s'agit d'établir un impôt sur le luxe, et qu'on n'hésite pas à établir ou à maintenir des impôts qui atteignentVirectement et certainement l'industrie dans la personne des ouvriers. Je suis convaincu que l 'impôt sur les voitures était juste, qu'il n'atteignait pas le luxe d'une manière dangereuse. Je ne crois pas surtout qu'il faille adopter cotte théorie absolue qui condamne tout impôt qui porte sur les manifestations de la richesse qu'on peut considérer comme des jouissances de luxe. »
Lois annotées, 1805, p. 362 et suiv.
Al. Dallez disait, Ag sotv c^Xjîi \ — «. Ow ^ («it remarquer, avec
En me faisant, à mon tour, le défenseur d*uT> impôt modéré sur le luxe, — incedo per igne»^ aussi ai-je tenu à appuyer mon opinion de celle: des hommes éminents qui la partagent.
Je me trouverai désormais plus à Taise poui^ pi'oclamer après eux qu'un impôt sur le luxe sera toujours un bon impôt.
J'ajouterai que je le considère comme une ressource contre son excès.
juste raison, que si l'impôt doit, en générai, être le prix d'uD service rendu par l'État ou l'administration, cette justification ne saurait faire défaut à l'impôt sur les chevaux et voitures par suite de la circulation chaque jour Croissante des chevaux et voitures sur la voie publique. »
Répertoire général, t. XLIV, p. 186, 464 et saiv.
Conclusion, — Le luxe ne peut être confondu avec le Progrès, — Définition du Progi'ès. — L'auteur s'est efforcé d'être vrai. — Destinée des Empires. — Noire ennemi le luxe n'est pas encore notre maître ! — La victoire sera le prix de notre bon accord. — Mission de la jeunesse. — État présent de la France. — L'Europe nous envie. — Travaillons à ne pas déchoir !
Les apologistes du luxe, le confondant volontairement avec le Progrès, ont dénoncé comme hostile au Progrès lui-même toute tentative qui aurait pour objet d'en arrêter Tabus.
Aucune critique ne pouvait être plus injuste.
Le luxe et le Progrès ne doivent pas être pris r un pour l'autre.
Si le luxe est la maladie des États prospères, le Progrès en est la vie. C'est le souffle générçux qui pousse en ayant le vaisseau de l'État , . le phare qui le guide, le soleil qui l'échauffé; c'est la puissance rénovatrice, sève féconde ^ qui entretient et vivifie le corps social en lui assurant rharmonie, la giandeur, la force et la durée.
En dénonçant les ravages du luxe, j'ai la.conscience d'avoir rempli un devoir, mais j'éprouve le regret de n'avoir pu mettre au service de cette grande cause que des moyens bornés.
J'ai parlé de cœur, d'après ce que j'ai appris et ce que j'ai vu. 11 y a des choses que je ne connais pas, d'autres m'auront échappé : le lecteur suppléera à mon insuffisance.
J'ai voulu dire la vérité sans fard comme sans passion, je me suis efforcé de me tenir en garde contre l'exagération de certains esprits moroses qui proclament le mal sans remède, l'ennemi déjà vainqueur, notre civilisation perdue, et le soleil de la France à son déclin.
S'il m'est arrivé de sortir des justes bornes et de charger la couleur en croyant rendre le
tableau ressemblant, je demande que l'on m'excuse, — surtout que l'on ne me soupçonne qî de misanthropie ni dé mauvais vouloir contre la société, ou une classe sociale.
Si quelqu'un, après avoir lu ce livre, prenait la peine de me démontrer que j'exagère la portée du mal, aussitôt j'irais trouver cette personne, je me nommerais à elle et je l'embrasserais comme un ami porteur d'une bonne nouvelle.
Combien je souhaiterais de m'être trompé !
La destinée des Empires est entre les mains de Dieu.
Ils subissent la loi commune, naissent, grandissent, atteignent à leur apogée , puis déclinent et meurent, nourrissant de leur cendre 4es Empires nouveaux . Lorsque l'instant de la décadence est venu, aucune force politique, législative ou morale n'a le pouvoir de retarder cette fatale échéance.
Que sont devenus les Empires florissants des Égyptiens, àea ^feâie^, ^^^ ks>^^\vftus^ des Perses,
des Grecs, des Romains, des Turcs, des Chinois, des Arabes?
iirâce au ciel, T ennemi qui a terrassé ces peuples, et qui actuellement nous menace, n'est pas ♦încore notre maître !
Il a profité de notre incurie pour gagner du terrain, se fortifier dans ses conquêtes , en préparer de nouvelles; il nous presse de toutes parts, mais nous sommes en force, prêts à le r.ombattre. Il suffira pour en venir à bout d'un effort fait avec entente et bonne volonté!
J'ai maintes fois signalé dans ce livre, à coté i\e ceux qui donnent de mauvais exemples, la présence de ceux qui pourraient en donner de bons; les seconds sont plus nombreux que les premiers, mais ils redoutent le bruit, fuient la lumière et se contentent de blâmer à voix basse fies excès contre lesquels ils devraient protester au grand jour : une dernière fois je les adjure de sortir enfin de leur indifférence!
Notre régénération morale et sociale sera l'œuvre de la jeunesse ; de cette jeunesse vertueuse, la-
borieuse, courageuse et intelligente, qui forme l'armée de l'avenir. Je vois en elle la bonne semence destinée à remplacer le mauvais grain.
L'avenir de la Patrie sera ce que la jeunesse française aura voulu !
Le mal est grand, sans doute, mais, s'il ne faut pas s'en dissimuler l'étendue, on ne doit point non plus s'en exagérer la portée.
Le progrès intellectuel, scientifique et ai'tistique de la France ne s'est pas, à vrai dire, arrêté un seul jour. Nous avons droit d'être fiers d'un siècle qui a su fixer la lumière, a trouvé la vapeur et l'électricité.
La France tient la tête des Nations.
Dans ce grand concours, récemment ouvert au sein de sa capitale à l'industrie de tous les peuples, c'est elle qu'on a vue briller au premier rang. Dans les lettres, les sciences, les beauxarts, elle donne le ton aux autres peuples ; si l'art et la littérature ont eu, dans ces derniers temps, des écarts regi^ettables, ils s'expliquent par leur fécondité.
Forte de son passé, confiante dans son avenir, la France ne doit craindre que l'excès de son bienêtre et l'abus de sa richesse. Guerrière, artistique, savante et lettrée, elle n'a donc, malgré les travers de certaines classes, — travers qui seront, je veux le croire, des travers passagers, — rien perdu de son prestige.
On le reconnaît à la jalousie qu'elle excite autour d'elle; et si quelque jour ses intérêts ou son honneur se trouvaient menacés, le monde verrait si son Patriotisme s'est refroidi !
Préface î Deux citations Pages v-vii