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LES EXPLORATIONS POLAIRES EN BALLON DIRIGEABLE

L'OErnen

Lldée d'explorer les régions polaires en ballon date du commencement du XIX* siècle ; mais la?première tentative sérieuse fut faite par l'aéronaute suédois Andrée, en 1 896, avec un ballon dirigeable, mais malheureusement d'une façon imparfaite.

La déviation du lit du vent ne pouvait être obtenue que par la combinaison d'un système de guide-rope ralentissant la translation d'un ballon sphérique et de voiles sur lesquelles le vent avait alors une certaine prise.

Ce système, plus hardi qu'efficace, fut suggéré à Andrée dans une des ascensions qu'il exécuta seul à bord de son l)allon La Swea dans les glaciers de Norvège. Les résultats qu'il obtint furent décrits dans une très intéressante brochure qu'il adressa à la Société de Géographie de Stockholm, ainsi qu'à l'Académie des Sciences de cette ville. Le roi s'éjant.intét^sér.à. cette expédition qui avait reçu l'approbation de ces deux corps savants, la souscription ouverte par Andr.ée fut. immédiatement couverte. Ce résultat fut obtenu grâce à la généreuse intervention d'Oscar Dickson, grand armateur de Gothembourg, qui s'était constitué le mécène des explorations arctiques, et d'Alfred Nobel, le richissime fondateur des prix qui portent son nom.

Andrée vint en France pour faire construire son ballon et envoya son^ Mémoire à l'Académie des^Scienc0s, à laquelle il fut présenté pao* Faye. Mais l'illustre astronome, tout en i:endant hommage au talent doat Andrée av^it fait preuve, ainsi qu'à son cour^jige, prit biea$oind'éviterdans son discours toute expression tendant à faire croire qu'il espérait une issue heureuse de l'eut cepriae. . . ,. .^ ...

l88 NOTRE FLOTTE AÉRIENNU.

Le point choisi pour le départ était l'île des Danois, située sur la côte Nord-Ouest de l'archipel du Spitzberg, dans une position très favorable pour le départ pendant que souffle un vent poussant dans la direction du pôle. Andrée avait pour compagnons deux jeunes et intelligents Suédois, MM. Fraenkel et Strindberg.

La première expédition eut lieu en Tannée 1896 et unepartie du séjour à Tîle des Danois fut occupée par l'érection d'un aérodrome, d'autant plus difficile qu'ilfallut tout apporter de Suède. Les vents se montrèrent constamment défavorables, et Andrée s'aperçut que son ballon était trop petit.

Il le ramena avec lui pour le faire agrandir et le retourna aux ateliers de M. Lachambre, son constructeur.

La seconde année, Éole se montra en apparence favorable. Andrée profita de la première brisé accentuée du Sud pour disparaître dans la direction du pôle.

Mais les nombreux spectateurs qui assistaient à ce départ émouvant eurent devant les yeux la preuve des inconvénients du système qu'Andrée avait si longuement élaboré. Les cordes traînantes, dont le poids était considérable, s'embarrassèrent dans les rochers dont l'île des Danois est couverte; VŒrnen s'arrêta et se rapprocha brusquement de la mer, comme s'il allait s'y engloutir. Mais, les* attaches du guide-rope ayant cédé, comme Andrée l'avait disposé, une portion considérable resta sur le sol et VŒrnen bondit dans l'espace.

Qu'est-il devenu? On est encore réduit à des conjectures ; une seule chose est trop certaine : c'est que les trois héroïques aéronautes ne sont plus de ce monde.

VŒrnen avait emporté à son bord une cage remplie de pigeons voyageurs; deux de ces messagers sont arrivés, et des nouvelles qu'ils portaient sous leur aile on peut conclure que pendant un jour environ le grand ballon suédois a vogué vers le pôle. Mais à ce moment il est survenu un changement de vent que l'on a ressenti du reste au Spitzberg et dans les mers voisines. Il est presque certain que VŒrnen en a subi les effets et a rétrogradé dans le Sud-Est, car on a trouvé quelques épaves sur l'île du Roi-Guillaume. Enfin, entre la Sibérie et la Nouvelle-Zemble, des navigateurs norvégiens déclarent avoir aperçu quelques jours après un objet flottant qu'ils ont pris pour la carcasse d'une baleine; toutefois,

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