‹ Notre flotte aérienneChapitre 21 sur 28 · LRS EXPIRATIONS POLAIRES EN BALLON DIRIGEABLE. J · texte numérisé non relu

LRS EXPIRATIONS POLAIRES EN BALLON DIRIGEABLE. J

après une enquête soigneuse, à laquelle s'est livré il y a 2 ou 3 ans un des membres les plus éminents de l'Académie de Stockholm, il paraît que cet objet n'était autre que l'enveloppe de VŒrnen, contenant encore un peu de gaz.

Quant aux trois voyageurs, on peut en .conclure qu'ils avaient disparu plus ou moins loin du lieu où l'on a vu l'épave, dans les profondeurs de l'océan Glacial qui ne restituera jamais leurs cadavres.

« L' America ».

Le triste sort d'Andrée n'a pas découragé M. Wellman, célèbre explorateur des régions polaires, auquel on doit des découvertes importantes dans l'archipel du Roi-Georges.

Il conçut l'espérance de réussir là où son illustre prédécesseur avait échoué, en employant un ballon non pas partiellement, mais totalement dirigeable.

11 fut encouragé dans cette noble intention par les progrès accomplis tant par M. Santos que par M. Julliot. En conséquence, dès Tannée 190$, il quittait Washington pour se rendre dans notre capitale, afin de consulter les principaux aéronautes et de formuler le plan définitif d'une expédition qui serait réellement triomphante.

De retour en Amérique, il trouva facilemenlunpuissantappui financier dans le Chicago Record Herald, Cet important journal mit à sa disposition tous les fonds nécessaires pour une entreprise dont les proportions excédaient notablement celle que du haut de son trône le roi Oscar de Suède avait patronnée.

En 1906, M. Walter Wellman fit à Paris une conférence solennelle devant la Société de Navigation aérienne réunie dans la grande salle de l'Hôtel des Ingénieurs civils.

Là, il exposa avec éloquence les principes de son expédition et les raisons qui le déterminaient à entreprendre ce voyage aventureux. Outre le désir de pénétrer le mystère des différentes questions scientifiques qui ne peuvent être résolues que parla conquête du pôle, M. Wellman est poussé par un sentiment légitime d'orgueil civilisateur; il veut faire disparaître à tout prix celte tache qui déshonore nos Cartes géo-

igo NOTRE FLOTTE AÉRIENNE.

graphiques. Il est décidé à tout faire pour donner à sa nation Thonneur d'avoir ainsi complété la connaissance de notre hémisphère; il est décidé à recommencer jusqu'à ce qu'il soit parvenu au but de ses ardents désirs.

Ces explications, couvertes d'applaudissements, furent suivies d'un discours de son lieutenant, le major Hearsey,

Le dirigeable polaire America dans son hangar à l'ile des Danois.

délégué spécial du Weather Bureau de Washington et depuis compagnon de l'aéronaute américain Lahm dans l'ascension qui remporta la coupe Gordon-Bennett pour Tannée 1906.

M. Walter Wellman fit ensuite une communication que Ton peut trouver dans les Comptes rendus de V Académie des Sciences, à laquelle elle fut présentée par M. Janssen, directeur de l'Observatoire de Meudon ; puis il organisa dans les ateliers de M. Louis Godard, à Saint-Ouen, une exposition du matériel aéronautique et mécanique du dirigeable qui allait partir pour l'île des Danois, c'est-à-dire dans le lieu même où Andrée avait organisé sa malheureuse expédition.

Tout d'abord nous aperçûmes une énorme caisse destinée

LES EXPLORATIONS POLAIRES IDN BAIXON DIRIGEABLE. I9I

à protéger penlant le transport Tenveloppe pesant à elle seule laSo^s.

Ce formidable poids n'a rien de surprenant pour un ballon allongé contenant ÔSôo"** de gaz.

Le tissu du plus gros ballon à direction mécanique construit en France est formé par la superposition de trois étoffes de qualités et de résistances différentes variant suivant la distance où elles sont placées de la maîtresse section, là où la pression intérieure est au maximum, à cause du grand diamètre.

Cet aérostat, qui, dans l'esprit de l'inventeur, n'est jamais destiné à être animé d'une grande vitesse propre, n'a point reçu un allongement aussi considérable que celui du Lebaudy, Ayant 5o» de longueur, le maître-couple placé à 20"» seulement de l'avant a un diamètre de 16"», ce qui constitue un allongement à peine supérieur à 3.

M. Hervieu, aéronaute français bien connu, chargé du pilotage de l'expédition, nous fournit très aimablement tous les détails techniques.

Mais, à la suite de l'expérience acquise par un premier voyage au Spitzberg, la plupart des dispositions ayant été modifiées, nous n'entrerons pas dans une description minutieuse de la partie mécanique.

Nous dirons seulement que le premier projet comprenait une longue nacelle en osier de 16°» de long, munie de deux moteurs actionnant à chaque extrémité une hélice de grand diamètre recouverte en toile. A Saint-Ouen, où les moteurs ne fonctionnaient qu'à une allure modérée, les essais avaient été considérés comme satisfaisants. Mais au Spitzberg, où l'on donna aux propulseurs leur vitesse normale, ceux-ci se comportèrent d'une façon toute différente.

M. Wellman ne devait pas emporter à bord l'intégralité de sa provision de pétrole; une notable partie était contenue dans des flotteurs en acier qui devaient être remorqués au moyen de câbles, sur l'eau ou sur la glace.

On voyait en outre dans l'atelier de M. Louis Godard deux traîneaux munis chacun d'un moteur à pétrole. En cas de descente forcée, l'expédition comptait sur ces véhicules pour emporter les provisions et l'équipage jusqu'au plus prochain lieu habité.

Les prépai*atifs faits en 1906 ne purent aboutir à organiser

un départ immédiat, par suite des insuffisances et des imperfections d'une certaine paHie du matériel. Lorsque les hélices furei^t lancées à leur vitesse normale, elles éclatèrent et furent immédiatement mises hors d'état de servir. En outre.

Un des propulseurs de Y America.

l'arbre de commande, beaucoup trop allongé, subit de tels effets de torsion, qu'il se rompit à plusieurs reprises.

D'autre part, on reconnut des inconvénients sérieux au traînage des réservoirs sur le soi; à cet effet, M. Wellman résolut d'agrandir l'enveloppe, afin d'être à même de porter à bord tout l'approvisionnement de pétrole et d'huile.

Fort heureusement, l'explorateur américain avait prévu que, malgré tous ses efforts, la campagne de 1906 ne pouvait être

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