LES EXPLORATIONS POLAIRES I:N BALLON DIRIGEABLE. IQJ
décisive;. dans son esprit, elle n'éiait que préparaloirc. Aussi aucun des efforts auxquels il se livra ne fut perdu; non seulement le matériel j-eçut les perfectionnements importants que nous allons résumer, mais on n'a pas eu à s'occuper, en 1907, ni de la construction du hangar de gonflement, ni de Térection d'une maison d'habitation. Ces deux édifices furent élevés solidement de manière à braver les. ouragans et les terribles froids deThivernage. D'ailleurs, pendant tout le temps qu'il a duré, une équipe d'ouvriers a veillé à la conservation de ces deux constructions essentielles.
Au mois de janvier 1907, M. Wellman a fait remplir Tenveloppe de retour du Spitzberg avec du gaz ordinaire. Cette opération, effectuée dans la Galerie des Machines, a permis de s'assurer que M. Louis Godard avait réellement conçu un chef-d'œuvre aéronautique.
Pendant tout le temps que le ballon est resté sous pression, aucune perte appréciable ne se produisit. En présence de ce beau résultat, M. Wellman ^procéda à l'agrandissement qui avait été projeté, en se contentant d'ajouter à l'enveloppe pfimitive une bande centrale circulaire, de façon à porter le volume à 7800™'.
La nacelle, de section triaugulaire, a été refaite tout entière en tubes d'acier soudés à l'étain, de façon à obtenir la rigidité que l'on n'avait pas réalisée jusqu'alors.
Elle se termine à Tarrière par un tube de o'",8o de diamètre, dans, lequel 3ooo* d'essence seront logés. La plus importante modification est celle dont les moteurs et les propulseurs ont été l'objet : les hélices sont toujours au nombre de deux, mais elles sont placées comme dans le Lebaudy, l'une à bâbord, l'autre à tribord.
Elles reçoivent leurs mouvements d'un nioteur unique placé au centre de la nacelle. La puissance de celui-ci a été portée à 63 chevaux.
La rigidité de l'enveloppe est assurée à l'aide d'un ballonnet dont le volume, comparable à celui d'un ballon ordinaire sphérique, atteint 800™'. Ce chiffre, considérable en lui-même, nous parait cependant un peu faible en présence de l'énorme délestage que produira en s'accnraulant la consommation de pétrole.
Celle-ci a été calculée pour une maicho de 100 Iicui'cs coude F. i3
sécutives, à raison de 25^°^ par heure. Gefte provision a été jugée suffisante, parce que le départ, comme celui d'Andrée, doit être exécuté par un vent favorable.
Gomme nous venons de l'indiquer, l'ajournement de la campagne 1906 a eu pour cause principale l'insuffisance de la partie mécanique ; si le départ pour le pôle n'a point été tenté en 1907, ce sont les événements météorologiques qui
L America, le dirigeable polaire de M. Walter Wellmann, quittant le sol de l'île des Danois.
en sont uniquement la cause. Avant que le gonflement ait pu commencer, le hangar était renversé par une épouvantable tempête. Gependant cette catastrophe matérielle fut réparée avec tant de rapidité, qu'elle n'aurait point empêché l'ascension si le vent ne s'était montré obstinément contraire.
Ges circonstances atmosphériques, exceptionnelles à cette époque, sous ce climat, entraînait forcément une remise en 1908, car M. Wellman, avec un sang-froid et un bon sens dont il faut le louer, ne se risquera à accomplir sa dangereuse et glorieuse mission qu'après avoir réuni tous les atouts