‹ Notre flotte aérienneChapitre 24 sur 28 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LES AÉROPLANKS.

L'ambition d'imiter les oiseaux est tellement naturelle chez l'homme, qu'elle n'a pas été atténuée par l'invention des Montgolfier et des Charles.

Depuis 1783, un grand nombre d'esprits distingués en même temps qu'une foule de rêveurs ont cherché à se débarrasser du réservoir à gaz qui supprime si facilement la pesanteur, mais qui a l'inconvénient d'être excessivement volumineux. et d'obéir docilement au plus léger zéphyr.

La suppression du dernier 'de ces obstacles, à la suite de l'emploi de la machine à explosion de pétrole, n'a fait qu'augmenter ce légitime désir.

M. Santos-Dumont, dont nous avons déjà raconté le rôle majeur dans l'invention des dirigeables, sentit lui-même l'impulsion de cette noble tendance. Il s'est lancé dans cette voie avec son élan habituel, et n'a pas tardé à être récompensé de ses efforts par un succès inoubliable qui a produit dans le monde des chercheurs une incroyable émulation.

Les champions de l'Aviation se divisent en trois écoles bien distinctes, que nous nous bornerons à esquisser sans entrer dans de complexes considérations que le cadre de ce Volume ne comporte pas.

Aucun des appareils construits jusqu'à ce jour ne peut encore prétendre h l'honneur de figurer dans notre armée de Tair, dont la composition nous préoccupe exclusivement.

Nous n'avons nul besoin de remonter jusqu'à Dédale pour affirmer que l'idée de construire des organes plus ou moins semblables à ceux que les oiseaux utilisent si brillamment est la première qui se soit présentée à l'esprit des hommes désireux de les imiter.

Le droit à Taile a été revendiqué éloquemment et même fiévreusement par les premiers apologistes du plus lourd que Vair, Mais, en dépit de leur prose enthousiaste et de leurs savants calculs, les essais inspirés par leur rhétorique n'ont produit que des résultats lamentables. A Londres, deux trop intrépides aviateurs se sont fait détacher d'un ballon parti du jardin du Vauxhall; le premier qui ait tenté cette aventure est le Français Leturr, en i854, et le second, de nationalité belge, se nommait de Groof.

Tous deux pensaient qu'ils pourraient se maintenir dans l'atmosphère à l'aide d'un système d'ailes mues par leur simple force musculaire. Mais à peine l'un et l'autre étaientils en liberté, qu'on les vit précipités avec une vitesse effrayante contre le sol, où ils furent réduits en bouillie.

En résumé, de leurs ailes articulées, de leurs orthoptères, il n'est rien resté que des monuments d'impuissance dans une de ses plus remarquables productions. A l'Exposition de 1900, on a vu figurer dans la section aéronautique .une sorte d'oiseau artificiel de taille géante qu'on avait pris soin de recouvrir de plumes fort élégantes. Ce prodige avait été exécuté quelques années auparavant aux frais du Gouvernement français, qui avait dépensé pour sa création des sommes importantes.

Quoique ce volateur ait été inventé par un des électriciens les plus célèbres de notre époque, M. Ader, il ne put jamais quitter terre, et c'est à peine s'il parvint à agiter l'air de ses ailes inutiles.

Au cours d'une conférence prononcée devant la Société des Ingénieurs civils, le créateur du Lehaudy fit remarquer que, si les oiseaux pouvaient employer des hélices, ils s'empresseraient de renoncer à leurs ailes ; l'aigle et le vautour imiteraient la colombe.

Il est facile, en effet, de montrer par un exemple saillant jusqu'à quel point M. Juillet a raison, au point de vue mécanique, de préférer le mouvement rotatif à l'alternatif, le seul dont les animaux puissent se servir, de sorte que le mouvement continu est l'apanage exclusif de notre industrie et le fruit de notre génie inventif^

Un homme, avec ses jambes seules, ne peut parcourir en moyenne que 5^*» à 6^™ à l'heure pendant unç course d'une

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