‹ Notre flotte aérienneChapitre 7 sur 28 · III. — Le dirigeable électrique « La France · texte numérisé non relu

III. — Le dirigeable électrique « La France

Dans la séance de l'Académie des Sciences du i8 août 1884, Hervé-Mangon, un des membres de cette illustre Compagnie les mieux qualifiés pour Tentretenir des recherches de direction aérienne dont il s'était lui-même occupé avec un certain succès, se levait pour annoncer avec solennité que la journée du 9 août serait désormais célèbre dans les annales de la conquête de l'air :

a En effet, disait-il, ce jour-là j'ai j^assisté à la première sortie d'un ballon militaire dirigé par deux officiers qui étaient dans la nacelle et qui réussirent à virer de bord, comme l'aurait fait un navire en plein Océan, et à revenir à leur point de départ dans l'intérieur du parc de Chalais- Meudon. »

L'orateur, qui fut couvert d'applaudissements, terminait par ces mots prophétiques que les Comptes rendus ont précieusement conservés : « La France a désormais son navire aérien, elle aura sa flotte quand elle le voudra ».

Nous sommes heureux de constater que si ce grand événement s'est fait attendre plus longtemps que l'illustre académicien ne le pensait, on peut dire aujourd'hui qu'il appartient désormais à l'histoire, mais il fallait pour cela attendre l'arrivée du moteur à pétrole, dont personne ne soupçonnait alors les merveilleuses propriétés.

Ce dirigeable, qui venait d'exciter à un si haut degré l'attention de la population parisienne, avait un volume de 1864*°*' et sa force ascensionnelle dépassait légèrement 2000^. Le matériel montant pesait i746**e:, ce qui laissait pour le lest et les aéronautes un poids disponible d'environ iÇ^o^^.

La forme de l'enveloppe n'était point une surface géométrique unique, mais la combinaison de plusieurs paraboloïdes de révolution dont le paramètre variait par degrés insen-

sibles, de manière à ne produire nulle part aucun point saillant. Mais après avoir augmenté assez rapidement le dia-

Le dirigeable La France vu de face.

mètre jusqu'à la valeur de 8°»,4o, il décroissait lentement jusqu'à l'arrière pour se terminer tout à fait en pointe.

Page 1