‹ Notre flotte aérienneChapitre 9 sur 28 · LE DIRIGEABLE ÉLECTRIQUE « LA FRANGE · texte numérisé non relu

LE DIRIGEABLE ÉLECTRIQUE « LA FRANGE

vent, mais pour obtenir ce beau résultat il avait dû employer les 4o éléments dont il disposait. Le moteur Gramme tournant avec une grande vitesse en donnant le maximum de sa force, se mit à chauffer et refusa bientôt tout service.

Les travaux nécessaires pour changer la dynamo exigèrent deux mois. C'est seulement le 8 novembre que Ton effaça ces impressions fâcheuses par deux sorties éclatantes, dans la même journée. Le matin, le dirigeable traversa la Seine pour se rendre au-dessus de Boulogne; il vira de bord au moment où il planait au-dessus de Billancourt et rentra avec facilité à Meudon en triomphant d'un vent un peu supérieur à celui qui avait interrompu sa sortie précédente, mais il fallut employer la puissance entière de la pile, que la nouvelle dynamo transmit cette fois sans inconvénient.

Malgré le brouillard qui s'éleva dans Taprès-midi le colonel Renard n'hésita pas plus que le commandant Krebs à quitter une seconde fois la terre. Ils se contentèrent de demander à leur navire des manœuvres diverses, soit en altitude soit en direction. Ces différents exercices leur donnèrent toute satisfaction, et de même que dans la matinée, le ballon réintégra .facilement là pelouse des départs malgré le mauvais fonctionnement des balais qui réduisit la vitesse à 4™ par seconde.

La saison d'hiver, peu propice aux sorties, fut employée par le colonel Renard à apporter certaines modifications au navire aérien ; il s'attacha surtout à obtenir un allégement suffisant pour emmener un troisième coopérateur qui resterait chargé spécialement des manœuvres aéronautiques.

Malheureusement, ce ne fut plus le commandant Krebs qui prit part à cette seconde campagne; à la suite de circonstances que nous ignorons, cet éminent ingénieur quitta rétablissement de Chalais au mois de décembre et bientôt même abandonna l'armée pour prendre la direction de l'importante usine Panhard-Levassor.

C'est le commandant Renard qui prit place dans la nacelle avec son frère le colonel etraéronauteDuté-Poitevin pendant la campagne de i885; les expériences ne commencèrent que le 25 août par une sortie n'ayant paraît-il pour but que l'étude des perfectionnements apportés pendant l'hiver.

Du reste, le vent soufflait assez vivement, environ 7°» par Db F. 3

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seconde, aussi après avoir lutté énergiquement pendant I heure, l'aérostat termina son voyage sans encombre à Villacoublay, petit village dans les environs de Versailles, où les ouvriers militaires Tattendaient.

Toutes les parties du mécanisme avaient parfaitement fonctionné, chaque détail faisait prévoir que la véritable sortie serait de nature à convaincre les adversaires les plus obstinés de la direction aérienne.

Mais il est probable que les circonstances atmosphériques ne se montrèrent pas favorables, car elle ne put être entreprise que près d'un mois plus tard, le 22 septembre.

Cette expérience mémorable est certainement la mieux réussie des deux séries, car, pour la première fois, les Parisiens virent dans leur ciel la preuve matérielle que le temps approchait où notre flotte aérienne de guerre allait se montrer aux regards du monde entier.

Malgré un vent contraire assez sensible, la France parvint au Point-du-Jour en 4? niinutes, après avoir couvert une distance de 7^™, 700. Le voyage au-dessus de Paris aurait pu être prolongé notablement, si l'air, dès le début, n'eût été extrêmement humide, ce qui nécessitait une grande dépense, de lest pour se maintenir à une distance suffisante du sol.

Il fallait songer au retour qui s' effectua en 11 minutes seulement, parce que le vent qui avait ralenti la première partie du voyage et n'avait pas changé de direction se trouvait naturellement favorable.

C'est dans cette journée que le colonel Renard inaugura le loch aérien, qu'il imagina dans le but de déterminer la vitesse propre à l'aide d'une manœuvre analogue à celle des marins. C'est grâce aux résultats de ces mesures qu'il annonça que la France avait acquis un mouvement propre de 6" par seconde.

Le colonel Renard tenant à faire constater officiellement que la démonstration qu'il avait demandée à l'électricité était complète, convoqua le général Campenon, alors ministre de la guerre, à une expérience finale qui eut lieu le lendemain même. Le ministre se présenta accompagné du général Bressonnet, président du Comité des fortifications. Cette sortie, comme la précédente, fut parfaitement réussie; le ministre, après avoir félicité chaudement le colonel, se retira

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