Rome a gardé Avignon jusquer
Le fils de saint Louis, Philippe le Hardi, qui en hérite au moment même par la mort de son oncle, croit devoir céder une seconde fois à l'Église ce bien d'Albigeois.
Le pape, exilé de Rome, se sentait là chez lui *. C'était une frontière, une position mixte, une sorte d'asile qui dépendait de plusieurs et de personne. C'était terre d'empire et vieux municipe, une république sous deux rois. Le roi de Naples comme comte de Provence, le roi de France comme comte de Toulouse, avaient chacun la seigneurie d'une moitié du Comtat.
Que de vicissitudes il avait déjà traversées dans le passé! Sur ce petit coin de terre, dernière ramification de nos Alpes françaises, ont tourbillonné les peuples. Les premiers habitants virent fondre sur eux, comme une avalanche de la montagne, Goths, Alains et Vandales, s'en allant guerroyer à l'ouest dans l'Aquitaine ou plus bas jusqu'en Espagne. Les Burgundes y passèrent aussi pour aller fonder, à l'ouest du Jura, leur royaume de Bourgogne. Avignon, colonie romaine, se vit inféodée à leur royaume. Puis, vint Clovis avec ses Francs; puis les
1. Le séjour des papes à Avignon date de plus haut, du moment où Philippe le Bel eut besoin d'avoir un pape à lui, sous sa main, pour supprimer l'ordre ecclésiastique dea Templiers.