‹ Notre FranceChapitre 49 sur 65 · Voir page 22c · texte numérisé non relu

Voir page 22c

Cette belle plaine de Nancy, cette ville élégante et guerrière lui semblait, autant et plus que Dijon, le centre naturel de Tempire bourguignon, il l'eût voulue pour capitale. Mais là vint s'achever le destin de la maison de Bourgogne. Vous pourrez voir à Nancy la dalle, le jpam noir où l'on étendit mort le grand vaincu. Elle donne encore la mesure de sa taille *.

1. Voyez aussi, près de la ville, le marais où l'on a élevé la colonne commémorative. Ce marais, habilement inondé tous les ans, est couvert de beaux légumes. On attribue sa fécondité à la chair des Bourguignons. Mais les pauvres Bourguignons furent tués sur une longueur de plusieurs lieues, depuis Saint-Nicolas (près duquel le duc avait dressé sa batterie pour foudroyer le chemin, que les Suisses tournèrent) jusqu'à la chapelle de Bon- Secours, qui déjà existait. Le duc y avait mis son arrière-garde et il la rejoignait, blessé, lorsqu'il enfonça dans l'eau faiblement glacée au confluent des deux ruisseaux, tout près des peupliers où il avait fait pendre Sifîron.

La tradition populaire a très bien conservé le lieu. Il suffit de regarder pour voir que le terrain se déprime à l'endroit où les deux ruisseaux se rencontrent. Le courant et le remous empêchèrent l'eau de geler sur ce point aussi fortement qu'au-dessus et au-dessous. C'est là que Charles le Téméraire enfonça. La colonne n'est donc pas à sa place.

Page 1