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LES ÉVÊCHÉS DE METZ, TOUL ET VERDUN

ne savait pas trop son origine, vivant sur le commun, sur le noble et le prêtre, qui les prenaient tour à tour à leur service. Metz était leur ville, à tous ceux qui n'en avaient pas, ville mixte s'il en fut jamais. On a essayé en vain de rédiger en une coutume, les coutumes contradictoires de cette Babel. C'était, dès l'origine, un peuple agriculteur et commerçant qui envoyait des blés à César dans la Gaule ro-^ m aine du midi : Lœtum fronte severa ingenium^ (Auson.)

Nous avons déjà vu Metz obligée de lutter avec les évêques et les ducs de Lorraine pour sauvegarder son indépendance. Affranchie des premiers, elle était devenue une riche république marchande. Auiour de Metz s'entr'ouVraient les routes ; mais les invasions se faisaient plus haut ou plus bas. Derrière le rideau de montagnes qui la protégeait, elle fut plus ménagée que les autres villes lorraines. Leur position exposée les obligeait d'être singulièrement sages et avisées. Mais soldant les meilleurs hommes d'épée, les plus braves aventuriers du pays, elles se trouvaient souvent compromises par eux avec les seigneurs et même avec leur duc qui les convoitait.

Au-dessus des brouilles locales planait toujours la grande querelle. Metz et les autres

villes libres, Toul, Verdun, étaient-elles françaises ou allemandes? Quelle était la vraie et légitime frontière de l'Empire? Français de langue, Allemands d'intérêts, les Messins eussent voulu l'Empire sans l'empereur. Toul et Verdun crurent plus prudent de se mettre sous la protection des rois de France. Metz, ayant sous sa dépendance d'autres villes et autour d'elle vingt-quatre ou trente forts, se sentait souveraine et voulait être indépendante. Ni à l'Allemagne, ni à la France, mais rester ville libre et neutre, c'est-à-dire un poste d'avant-garde, être un bouclier protecteur entre les deux nations.

François de Guise aida Henri II à prendre les trois principautés sur Charles-Quint. Ces trois évêchés devinrent le fief d'un autre Guise, du cardinal de Lorraine.

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