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à Tours. Le roi est abbé de Saint-Martin de Tours et premier chanoine de Saint-Quentin. Défenseur des églises, il guerroyait saintement le brigandage des seigneurs de Montmorency et du Puiset et l'exécrable férocité de Coucy.

Orléans étant le coude de la Loire, le lieu où se rapprochent les deux grands fleuves, la clef du Midi, et la grande route aussi du Nord, le passage éternel des soldats, le sort de cette ville a été souvent celui de la France; les noms de César, d'Attila, de Jeanne d'Arc, des Guises, rappellent tout ce qu'elle a vu de sièges et de guerres. Jeanne d'Arc contre les Anglais, Guise contre les calvinistes. A l'époque où les brigandages des Armagnacs firent passer toutes les villes dans le parti bourguignon, Orléans resta fidèle.

La sérieuse Orléans * est près de la Touraine, près de la molle et rieuse patrie de Rabelais, comme la colérique Picardie à côté de l'ironique Champagne. L'histoire de l'antique France semble entassée en Picardie. La première victoire de Pépin qui est considérée comme la chute de la famille de Clovis fut remportée à Testry, entre Saint-Quentin et Péronne. La royauté, de Clovis

1. La raillerie orléanaise était amère et dure. Les Orléanais avaient reçu le sobriquet de guépins. On dit aussi : « La glose d'Orléans est pire que le texte. » — La Sologne a un caractère analogue : « Niais de Sologne, qui ne se trompe qu'à son profit. »

à Charles le Chauve, résidait à Soissons *, à Crépy, Verbery, Attigny. Vaincue par la féodalité, elle se réfugia sur la montagne de Laon^ Laon, sur son inaccessible sommet, fut la villes royale et eut le triste honneur de défendre le» derniers Carlo vingiens. Il fallut que les ravages des Normands fussent passés, pour que nos rois de la troisième race se hasardassent à descendre en plaine, et vinssent s'établir à Paris, dans l'ile de la Cité, h côté de Saint-Denis, berceau de la monarchie et tombe de nos rois.

Laon, Péronne, Saint-Médard de Soissons^ asiles et prisons tour à tour, reçurent Louis le Débonnaire, Charles le Simple, Louis d'Outremer, Louis XL La royale tour de Laon a été détruite en 1832; celle de Péronne dure encore. Elle dure, la monstrueuse tour féodale des Coucy.

Je ne suis roi, ne duc, prince, ne comte aussi, Je suis le sire de Goucy.

Les révolutions communales qui se font partout, à petit bruit, vers l'an 1100, pour la reven»^ dication de la liberté, ont commencé dans let villes du centre, dans l'Oise, dans la Somme *.

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