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PRÉFACE XI

faisaient horreur à ceux du Nord. » Et, pour nous livrer le secret de cette aversion, tout de suite il met les deux partis aux prises. Ce n'est d'abord qu'une mêlée confuse :

« La campagne, à la voir de loin, était toute noire de ces bandes fourmillantes : gueux ou soldats, on n'eût pu le dire; qui à pied, qui à cheval, à âne;. bêtes et gens maigres et avides à faire frémir, comme les sept vaches dévorantes du songe de Pharaon. »

La lumière se fait pourtant dans cette cohue tumultueuse ; les Méridionaux sont les premiers qu'elle frappe. Nous allons donc voir ces barbares, « ces brigands », les Armagnacs * :

« Quoique le caractère ait peu changé, nous ne devons pas nous les figurer comme nous les voyons et les comprenons aujourd'hui . Tout autres ils apparurent à nos gens du xv^ siècle, lorsque les oppositions provinciales étaient si rudement contrastées et encore exagérées par l'ignorance mutuelle : la brutalité provençale, capricieuse et violente comme son climat ; l'âpreté gasconne du rude

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