XIV PREFACE
pays d'Armagnac, sans pitié, sans cœur, faisant le mal pour en rire ; les durs et intraitables montagnards du Rouergue et des Cévennes, les sauvages Bretons aux cheveux pendants, — race de silex et de caillou^ — tout cela dans la saleté primitive, baragouinant, maugréant dans vingt langues que ceux du Nord croyaient espagnoles ou mauresques. Cette diversité de langues était une terrible barrière entre les hommes, une des causes pour lesquelles ils se haïssaient sans savoir pourquoi. Elle rendait la guerre plus cruelle qu'on ne peut se le figurer. Nul moyen de s'entendre, de se rapprocher. Le vaincu qui ne peut parler se trouve sans ressource; le prisonnier, sans moyen d'adoucir son maître. L'homme à terre voudrait en vain s'adresser à celui qui va l'égorger. L'un dit : Grâce!... L'autre répond : Mortî »
Suivez maintenant une méthode toute con- •»• traire à celle-ci; séparez ces deux sœurs qui j se tiennent par la main ; enseignez la géo- I graphie d'un côté, l'histoire de l'autre, et ce I tableau, d'une réalité saisissante, n'existe ! plus. En outre, privé des moyens de faire saisir sur le vif et d'une façon rapide la relation qui existe presque toujours entre la nature des lieux et la physionomie d'un peu-