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LA DÉFENSE

quablement tenaces dans leurs desseins, ont su allier la patience à la persévérance.

La défense

On n'attend pas de nous, dans le cadre restreint de cet ouvrage une appréciation sur la technique de la défense. Nous nous bornerons à rappeler quelques dates qui jalonnent l’évolution de la France républicaine sous ce rapport. La guerre de 1870, comme nous l'avons déjà dit, coupa court à l’espoir utopique de la suppression des armées permanentes que les républicains s'étaient jusqu'alors flattés de pouvoir réaliser. La préoccupation de réorganiser l’armée nationale s’affirma dès 1872 et Gambetta ne fut pas le moins ardent à la réclamer. Il ne se laissait pas effrayer par la prédiction de Tocqueville affirmant l'impossibilité pour ‘une république démocratique d'entretenir une puissante armée. Le prince de Bismarck, au contraire, en était convaincu ©. Les pronostics fâcheux semblaient d'autant plus justifiés qu'il s'agissait avant tout de substituer la « nation armée » à l’armée de

de relations extérieures, s’abstenant de gêner par une intervention indiscrète, l’action du ministre des Affaires Etrangères.

(1) On en a eu la preuvé entr'autres par la publication ultérieure de sa correspondance avec le comte d’'Arnim, alors ambassadeur à Paris. Par contre, le prince de Bismarck qui s'est tant de fois trompé en ce qui concerne la France, se montra au début favorable à la politique d'expansion coloniale, cherchant même à pousser le pays dans cette voie. Or cette politique servit puissamment l’armée à laquelle elle procura d’excellents terrains et d'excellentes occasions d'entrainement.

métier si l’on voulait avoir des effectifs suffisamment nombreux pour tenir tête à une agression allemande éventuelle. Cette substitution s’opéra en 1889 ; on l’étudiait depuis longtemps ; elle supposait la réduction du service jusque-là. inégalement réparti. La loi établissant le service de trois ans égalisa les charges militaires et suscita, bien entendu, beaucoup d’oppositions dont le temps seul pouvait avoir raison. Mais la préparation technique n’en fut aucunement ralentie. En 1887, on avait tenté un essai de mobilisation d’un corps d'armée ; en 1891, les grandes ma-

nœuvres réunirent pour la première fois quatre

corps d'armée. Dans l'intervalle, Ch. de Freycinet, ministre de la Guerre, réalisant une pensée qu'avait eue déjà Gambetta, avait confié le . poste de chef d'Etat-Major général à un officier. supérieur connu à la fois pour sa compétence. exceptionnelle et pour ses préférences monarchiques. Par là s’affirmait l'aspect exclusivement . patriotique sous lequel le gouvernement désirait continuer à envisager les questions militaires.

Une crise n’en était pas moins infaillible. Des -

raisons matérielles, sociales, intelectuelles concouraien/t à y acheminer le pays. L'affaire Drey-

fus ne fit que donner corps à de sourdes querel-

les longtemps contenues et dans ce champ clos. inattendu, se rencontrèrent, si l’on peut dire, tout le passé et tout l’avenir : tout ce que le préjugé et l'utopie, l'esprit de tradition et l’es- …

prit de nouveauté, l'idéal et l'intérêt peuvent . / A

accumuler ee hostiles les uns aux autres. Quels que soient les dommages qu'aient produits ces heurts, on put constater qu’en fin

de compte, ils n'avaient pas laissé de traces pro-

fondes. A la façon dont l’union se fit en 1914 A

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