CHAPITRE CINQUIEME
La médecine et ses diverses branches.— Médecins d’ fois et médecins d’aujourd être homme de “ science ” et homme de “ conscience.”—Ce qu’il peut
ue nous en sommes uctives sont immédi vidu et à la $ tre de côté la médecine toutes ses branches, dentaire la pharmaci
comme ils se sont ation décidée,
de la science, le notaire n’ c’est notre vie que le médecin doit sauvegarder d’un inlassable dévouement, aussi bien dans les les villages.
Il faut donc que notre jeunesse sache bien ce que c’est qu’un médecin et ce qu’on exige de lui, afin qu’elle n’aille pas se fourvoyer,
La carrière médicale
Le médecin est 1 ger l'humanité souff:
que la médecine est
m les nuits
La médecine est une arr qu'on ne peut embrasser sans vecation, tant il me semble se exige de science et de philosophie, je dirais de sérénité, que] courage physique et de quel courage moral un pen homme a besoin d’être doué pour penser que toute sa vie, il la dépensera au soulagement de ses semblables. Comme l’écrivait un jour M. Gabriel Hanotaux, en parlant des médecins : “Ils braveront le dégoût des études longues, fatig'ntes, écoeurantes ; ils consentiront à passer leur vie près des
rtes par où s'échappe la vie; ils seront de toutes les misères, e toutes les hontes, de tous les deuils, gardes des corps ou concierges des tombeaux.”
Et quelle vie que celle du médecin!
Pour lui pas de vie de famille ; son foyer est sans cesse envahi par tous ceux qui souffrent et, quand il sort de chez lui, c'est e1core pour aller chez ceux que la douleur torture. Toujours aux prises avec la mort et la maladie, il faut vraiment qu’il ait un tempéament spécial pour ne pas faillir à la tâche et ne pas se découreper.
Et puis, le médecin est souvent celui Li paie avec le plus de répugnance. C’est bien là qu’on reconnaît l'ingratitude humaine. Cet homme qui au premier appel accourt pour Le. ghes ses soins, qui La aps au foyer inquiet le réconfort, la joie et qui y ramène la vie, c’est l’homme dont on hésite le plus à apprécier les services. Pourtant il faut qu’il vive, lui aussi, comme ceux qu'il sauve ; la science qui lui a fait vaincre la mort, il l’a acquise parfois au prix de grands sacrifices pécuniaires et o1 semble ne pas s’en rendre compte, pourvu que la santé soit recouvrée.
N'est-il pas vrai qu’il faut vraiment avoir une grande abné- Lead et aimer sa profession con amore pour persister quand même :
En outre d’un cours classique de huit années, on exige encore de l’étudiant en médecine ciny années d'université. Le coût est de $100 an, plus $10.00 d’inscription annuelle et en plus les frais d’hôpitaux.
Ses études terminées, le jeune homme a pour l’aider l’avanrage d'obtenir une place d’interne dans un hôpital ; seulement, ce n’est que le très petit nombre à qui cet avantage échoit. Et ceux qui l’obtiennent, en outre de pouvoir compter sur un léger appoint, ont le privilège d'acquérir en peu de temps une grande expérience et une habileté consommée.
Les médecins se partagent de nos jours en bien des groupes. Les uns se spécialisent dans la chirurgie, d’autres dans le traitevent des affections particulières des organes, tandis qu’une grande partie optent pour la médecine générale, et ce sons ceux-là, je crois, qui sont les plus sages.
La branche de la médecine qui depuis quelques années a pris
un grand développement chez nous c’est l'art dentaire, Des dendistes, on en trouve partout, Et la concurrence est telle que je m'étonne toujours de voir un si grand nombre de spécialistes réussir. Rien d'étonnant pourtant. L'hygiène de la bouche a été longtemps si négligée chez nous qu’aujourd’hui tout est à refaire parmi deux générations. De plus, la science a démontré qu'une mauvaise dentition est la cause de la plupart des maladies de l'estomac. Dans ces conditions on s'explique que l’art dentaire ait pris un tel développement.
Pour devenir dentiste, il faut suivre un cours de quatre ans à l’école de chirurgie dentaire. Le coût de l’enseignement est de 160 par an. Si l'étudiant peut trouver quelque emploi rémunéré chez un dentiste, c'est autant qu'il gagnera pour aider à défrayer ses frais d'instruction.
Aussi bien pour soigner les bêtes que les hommes, il faut un me. On l'obtient en suivant un cours de trois ans à l’école de
accorde cha l'étude Vét
ni
venue autant un commerce
e l’apothicaire, de nos jours,
pilules ; ce sont des bonbons,
du papier à lettres, du tabac et que sais-je
Le cours de pharmacie est de trois ans et le prix des cours varie selon les leçons. Comme l'étudiant dentiste, l'étudiant phar-
macien a l’avantage de pouvoir gagner durant sa cléricature en prenant du service dans une pharmacie.
Telle est la médecine avec ses diverses branches: que ceux qui se sentent des dispositions pour cette profession l’embrassent : mais qu’ils songent qu’ils auront à soutenir une dure concurrence. car l'encombrement est grand dans les grands centres, quand ii f.udrait encore des médecins dans bien des villages.
Médecins d’autrefois et médecins d’aujourd’hui
Quand je le de médecins d’a Forte aux années de mon enfance médecin jouissant de beaucoup de qu’il avait été mon sauveur, Jai so de sa jovialité, même de sa géné avait environ soixante-cinq ans, il nuit ou le ntempéries, comme par les plus beaux temps — d on l’appelait et en entrant dans un foyer c'était la joie qui i i
S, ceux qui attendaient
’était pas aussi étendue qu’iujourd’hui, presque toujours aussi ef'icace.
Le médecin d'autrefois ne se spécialisait pas; il s'attaquait au mal sous toutes ses formes et dans tous ses domaines, et il était
rare que le médecin n’eût pas le dessus.
J'en a
soulage et guérit.
Le médecin d'autrefois était avec le pasteur l’homme le plus respecté de l'endroit ; il était l’ami de tous, le conseiller des familles et souvent leur bienfaiteur. Et ses concitoyens lui marnuaient leur estime en lui confiant tous les honneurs, de marguillier, de conseiller municipal, de maire, de commissaire d'écoles.
Il existe encore des types de ces médecins d'autrefois; je m’honore même de l’amitié de l’un d’eux, médecin à la campagne, qui pourrait sûrement supporter la comparaison avec nos meilleurs médecins de Montréal; mon médecin de famille est encore de
FLN EE Le DM
4 type, mais il me semble que les exemplaires se font de plus en plus :
Sans doute que le médecin d’aujourd’hui commande toujours l'estime et le respect, mais on dirait qu’il n'a pas toujours le dévouement des médecins d'autrefois; il n’est pas toujours tout à
Le médecin d’aujourd’ et c’est avec plus de diffic famille jouissant
t faibles, et’ tout dentiste.
rtout est, de nos jours, plus in-
ÿ en a-t-il qui ne font plus de service la nuit ?
’épidémie de grippe, il s’en est trouvé qui ont fait r, disaient-ils.
-entait d’une bonne Rosijours ‘! faut au docteur
Le médecin homme de ‘“ science ” et de “ cons ience ”
C’est Léon Daudet qui veut que le médecin pour réussir soit tout à la fois homme de “science” et de “conscience”.
La science du médecin “embrasse toute la nature et pénètre homme jusqu’à l’âme.” Le médecin qui veut être de son temps est “un perpétuel étudiant,” comme le remarque M. Hanotaux, et les médecins s’amuseraient à lire là-dessus une page de cet écrivain eur le bagage scientifique de la médecine moderne.
Et cette science immense varie à peu près tous les cinq ans. Elle n’a rien de définitif, laissant à ch moyens curatifs. Vous êtes pris d’ap] traitera à la glace: un autre vous dira ‘le cette nuisance d’une façon, les auhe thique,
decine est la science des quot capita, tot sensus; chacun a son idée et son traitement, c’est sur vous, c’est sur moi que ces messieurs expérimentent leurs connaissances si vastes.
. C’est dire que le médecin qui veut réussir a besoin de s’instruire, de se tenir au courant des progrès de la science médicale, . quoi il sera supp'anté par un confrère, mieux renseigné que
ui.
Mais la science n’est pas tout, il faut de plus la conscience. Comme le disait encore M. Hanotaux: “Le médecin n’est pas seulement un répertoire ambulant de physique, de chimie et d’histoire naturelle; il est surtout un homme attentif penché sur un autre homme qui se plaint.” C’est dire qu’il se doit d’être très prudent, très sage et de faire honneur à sa profession. Hippocrate, le maître de la médecine, définissait le bon médecin : “Un homme instruit et adroit dans son art, honnête dans toute ses actions.” Un médecin de conscience seu] deviendra digne de la confiance de ses clients et de leur estime, Il en deviendra le confident et l'ami. “Il faut qu’on puisse croire en lui, car dans notre existence, il tient une grande place, une trop grande place”, écrivait Victor de Battincourt.
Pour le médecin de conscience, le dévouement n'est pas un simple facteur de succès, mais un devoir, Il lui faudra plus que l'amour du gain; il lui faut le feu sacré.
Ce que le médecin peut faire pour la race
J'ai déjà eu l’occasion de l'écrire (1), cinq fléaux déciment notre race: ce sont l'alcoolisme, la tuberculose, l’avarie, la mortalité infantile, le malthusianisme. C’est au médecin surtout qu’il incombe de conjurer ces fléaux, Toutes les campagnes ne pourront réussir sans l’aide du médecin. Armé de la science, il peut devenir le plus redoutable et le plus fort défenseur de nos foyers. Qu'il se jette dans la lutte et qu’il sauve notre race.
Dans les villes, le malthusianisme fait des progrès; de grâce
ue le médecin ne se fasse pas l’exécuteur d'odieux desseins. Qu'il n’aille pas devenir un faiseur d’anges. Il ne commettrait pas seulement un crime contre la personne, mais un crime contre la race.
Dans les villes, comme à la tampagne, le médecin peut encore, er dehors de l'exercice de ses fonctions, faire beaucoup pour la race. Jouissant de l'estime de ses compatriotes, étant l’ami qu’on interroge, le cor..eiller qu’on écoute, le consolateur de ceux qui souffrent, le dépositaire de bien des secrets, il jouit toujours d’une grande influence; cette influence, qu’il la mette au service de notre nationalité,
En outre d’être un homme de science, qu’il devienne un apôtre et son oeuvre sera doublement bienfaisante.
. a U “Le Vieux Québec se libéra-t-11 de lenclavage économique” Pp,