‹ Notre jeunesse et l'ère nouvelle [microforme]Chapitre 12 sur 24 · Troisième Partie CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

Troisième Partie CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES

Les carrières utilitaires, et les carrières dites “ libérales.” —C'est vers les premières qu’il faut orienter notre jeunesse.—Leur supériorité sur les autres.

—“ Enrichissez-vous, messieurs.”

John Stuart Mill écrit quelque part : “Le mérite d’un Etat se

ve à la longu es individus qui le composent.” Or, n’ mérite d’un individu sera d'autant plus à la collectivité?

r et cette prospérité, ce ne tellectuelle toujours contes.

onomique, Et comment donc notre f i s’obstine à s’engouffrer pu improductives, com-

ères de choix, de celles qui de-

vraient être réservées à une élite, il reste à entretenir nos jeunes i i ilitaires, de celles qui les rendront

même temps il convient de dire

es professions qu'’improprement,

eudi soir, 9 jane nos écoles, qui,

encombremen qui me sembl ON PUBLIQUE.

prédicateurs et autres s devant /’

les ne manquent pas de 8 de succès, et qu’on doit orienter les jeunes gens vers les écoles pratiques”.

Je n'ai

devant l'es parents un idéal en démontrant

Les carrières utilitaires La carrière utilitaire est selon moi cell temps possibl

de ses parents pour ce qui regarde le côté

qui fait de l’adolescent un homme utile à sa race et à son pays. Et comment un jeune homme devient-il utile à’sa race et à

son pays, si ce n’est en possédant tout ce qu’il faut pour assurer à

lune comme à l’autre la prospérité et le bien-être, ,qui apportent

avec eux l'indépendance de l'esprit et la plus complète liberté. N'est-il pas vrai

plus estimée

ce économique com concours de toute sa j

Samuel Smiles le déclarait: “ ’esprit de spontanéité individvelle est la source de tout développement normal dans l'individu, et lorsqu'il se manifeste chez un grand nombre d'hommes, il constitue le vrai fondement de la force et de la vigueur nationale.”

Autant l’aide qui vient qu dehors est d'ordinaire affaiblissante dans ses effets, autant celle qui vient du dedans est invariablement fortifiante, “Tout ce qui est fait pour nous, nous ôte dans une certaine mesure le besoin et par conséquent le désir de le faire nous-même.” La tendance d’un tel système, Smiles le remarque bien, c'est de réduire à un état d’impuissance relative. C’est un peu ce qui menace notre race et notre prov'nce si notre jeunesse ne réagit pas.

L’étranger s'empare de nos richesses, il les met en valeur. à son profit, et habitués que nous sommes à avoir tout fait, nous nous abandonnons à une impuissance qui amènera, avant qu'il soit longtemps notre asservissement complet.

Et le moyen de réagir au plus tôt, c’est de diriger notre jeunesse vers les carrières pratiques. Qu'on se souvienne bien de cette pensée d’un économiste angiais dont j'oublie le nom: “Le progrès national est la somme des activités, des énergies, des vertus de tous, de même que ja décadence nationale est la somme des lâchetés, des égoïsmes et des vices de tous.”

Ce sont les carrières pratiques qui empêcheront la décadence

de notre race, parce qu’elles stimuleront les activités, elles réveilleront les énergies et assureront l'épanouissement de toutes nos vertus nationales.

Les professions dites libérales

au commerce,

ait M. H. Beaudrillard quand

sions libérales! Pourquoi cet

dire par là que l’agriculture,

le crédit sont indignes d’un homme libre.”

n croire, on cesserait d’user de cette appella-

ésigner les vieilles carrières et ce sont les car-

qu’on appellerait libérales, parce que ce sont elles

qui font vaiment un homme libre et au plus tôt.

Notre race a reçu en patrimoine la province la plus riche, que deviendront ces richesses si notre jeunesse les laisse improductives? Il est évident qu’elles seront accaparées par d’autres et il ne se passera pas un quart de siècle avant que les Canadiens-français soient devenus les obligés, les commensaux des autres peuples. Nos forêts, nos pouvoirs d’eau, nos richesses minières, nos prés et nos troupeaux deviendront la propriété d’autres gens et nos fils et petits-fils gémiront sous le joug du plus dur des esclavages. Ils redeviendront des serfs, comme à l’âge féodal.

Eh bien! sont-ce les hommes des professions qu’on appelle libérales qui libèreront notre province de cet esclavage, ou bien si ce sont ceux qui embrasseront les carrières nouvelles ?

La supériorité des carrières utilitaires Pour faire voir la supériorité des carrières utilitaires sur les

professions libérales, il n’est pas besoin de s’abandonner à de bien longues considérations: on n’a qu’à comparer un étudiant d’une de nos facultés avec le premier jeune homme qui s’en va à son établissement de commerce ou de finance. Ils ont tous deux le même âge; disons vingt ou vingt-deux ans. Tandis que l'étudiant est encore à se préparer à la lutte de la vie, il y a déjà. quatre, cinq ou six ans que son jeune compatriote joue des coudes dans la grande mêlée et qu’il lutte pour atteindre au succès. Suivons-le: encore dans la vie,

Je ne saurais mieux: illustrer ma pensée qu’en citant l'exemple de deux de mes jeunes amis. L'un est avocat de la fournée de Juillet 1913.et l’autre était alors employé de commerce. Le nouveau jeune maître, plein d'enthousiasme, grisé par le succès, revenait après un mois de vacances ouvrir son étude dans notre ville.

égociants qui lui confièrent la u bés dans les filets

pas plus versité que son avenir

Vers le même temps, mon autre jeune ami perdait son emploi

au magasin que la mauvaise administration du patron avait amené à la faillite. Nos deux jeunes

affaires.

pour faire croire à notre frais déballé de l’uni

pe & bien voir que ces mar- -ques de sympathie ne le touchaient pas plus

Des mois s’écoulèrent. Le jeune avocat vit que la perception Comme celle que nous

t. Ce que voyant, le jeune avocat .

eux que de chercher à son tour un emploi chez un

t presque la place de clerc avec un ridicule traite-

t la guerre vint, On sait que ce fut un Louleversement dans notre vie économique; franchement, je pensai que c’en était fini de mes jeunes négo-

Ï Y à un an, je retrouvais le jeune avocat échoué dans un brables bureaux d i i j i

exem Je dirai que d

pu participer au partage des gros

es autres ont ou végété ou battu le nuer de beaucoup.

Durant ce temps-là, l’homme d’affaires, l'artisan même fai-

saient beaucoup d'argent, tout en écartant de notre Province la plus

à rôle a été celui des hommes de profession durant ces années d'épreuves ? Quelle fut leur existence? De quelles inquiétudes nombre d’entre eux furent assaillis et de quelles angoisses ils ont

té tourmentés ?

Sans doute, il y a eu des avoca Pas eu trop à souf.

; Je pourrais ra tioniste ardent avant

ule après cette date, en e ceux qui voulaient éviter la conscription.

Pourquoi faut-il insister sur la supériorité des carrières utili- » Quand aujourd’hui c’est vers elles que les plus grands éducateurs, les plus grands penseurs de tous les pays et du nôtre veulent orienter la jeunesse.

e Enrichissez-vous, messieurs ”

Ce ue je donn

conseil q un grand maître de la x is

Quel scrupule Canadiens-français et qui reste mon maître en

Le Père Didon, parlant précisément du choix d 20 juillet 1894, à ja distribution de

issantes ne sont autres que les carrières

litaires, à savoir: l'agriculture, la colo-

erce, l’industrie, la finance. Que notre Jeunesse,

. elles mènent aux succès et à la prosonale.

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