‹ Notre jeunesse et l'ère nouvelle [microforme]Chapitre 13 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'agriculture la plus a cienne et la plus belle d f. sions * Éa 22 Elle . d : ser va

evenue une grande industrie.—Comment elle peut enrichir, —L'enseignement agricole.

ont nous trouvions la lecture si aride,

ne grande ville +. ort peuplée d'artisans occupés à amollir les moeurs par les dé.

otre jeunesse est dans le cas d’un un patrimoine d’une étendue et à

Comparaison n’a peut-être pas le mérite d'être bien neuve, mais elle illustre bien ma pensée.

plus grande erreur que les vent commettre, c’est de déserter

ion du paysan vers les villes, dont les feux des grands fournaux des fabriques de munitions l’attiraient comme la 'imière attire : les phalènes,

Que la paix ramène done aux foyers désertés les milliers d’a-

griculteurs qu’une infâme sollicitation ou une trompeuse tentation avait éblouis !

J’ai vécu assez longtemps la vie des champs pour en connaître tout le charme, toute la bonté; comme le vieil Horace j'avais rêvé

ses gazons et son potager; nge regorgeant de froment, de céréales et avec son poulailler et son colombier, dont un beau et e berger au pliage soyeux eût été le gardien vigilant et le défenseur redoutable. Mais ce beau rêve, comme tant d’autres, ne put jamais se réaliser, Commen

généri té qu’ ouir par ce mot pompeux de professions libérales: on croirait déroger en se f. t agriculteur, en devenant homme des champs, et on ignore le premier mot du beau poême de la terre.

Oui, l'agriculture est bel et première,

plus belle des professions mme la douceur de vivre:

a sécurité qui le fait jouir du vrai bo -—“Une belle vie, dira-t-on, que celle de se lever à l'aurore, d'aller de grand matin par un froid sibérien, aux étables ; de pasei ses jours en été, à se faire rôtir par le grand soleil des canicules. !”

. Mais l’employé d’ industrie, le grand négociant, le plus

des près, à l'atmosphère empoisonnée de nos tramways, de nos usines, de nos maisons et même de nos rues ?

Et d’ailleurs, quelles compensations donne la vie rurale à ceux qui la vivent ! Avec la liberté, le repos durant de longs mois, n’apporte-t-elle pas une vie paisible sans tracasserie, sans rivalité,

sans chocs et sans conflits, à celui qui sait vivre sa vie d’agriculteur ?

“L'agriculture est une profession belle entre toutes parce qu’elle n'est pas réservée à une élite, mais qu’elle est la seule qui est illimitée: c'est la seule qu'on n’arrivera jamais à encom-

Je ne saurais résister au pu de faire lire à mes lecteurs cette belle page d’un écrivain çais, {ant elle exprime bien et mieux que je pourrais, toute ma pensée.

“La multitude d'hommes et de femmes dans la force de l’âge n'ont pour toute rich

dans toutes les proporà tous les âges, à toutes les conditions, à toutes les fortunes, à tous les de, d'instruction, d'énergie et de capacité. Elle convient aux faibles et aux forts; aux humbles qui ignorent, obéis. sent et exécutent: aux ambitieux qui savent, commandent et tirent leur gloire des fructueuses applications de la science.”

M one est-il une autre profession, dont on peut en dire

L'agriculture profession libérale, — Quelque soit le sens que vous donnerez au mot “libéral”, qu'il veuille dire “qui est digne d’un homme libre’, “qui aime à donner généreusement”, “qui veut la liberté pour tous,” comme le définit le dictionnaire, aucune profession n’est plus libérale que l’agriculture,

Libérale, l’agriculture l'est plus que toute autre parce qu’aucune n’est aussi digne d’un homme libre, puisqu’elle assure l’indépendance et la liberté,

pour les caractères indépendants qui supportent mal la subordination et le joug des autres hommes, l’agriculture leur ouvre une ère libre et honorable qui n’impose d’autres maîtres que la terre à féconder, d’autres lois que les lois de la nature à suivre.” Est-ce parce que vous seriez instruits que vous dédaigneriez l'agriculture? Maïs c’est précisément par ce que vous êtes instruits que vous devriez lembrasser, parce que votre instruction et votre labeur vous assureront plus vite la fortune; parce qu’étant instruits vous seriez plus utiles à vos compatriotes, à la con-

trée que vous habiteriez et à votre pays. Instruits vous feriez profiter vos concitoyens de vos connaissances; vous seriez leur leur modèle; vous seriez un réformateur, un novateur, un sandriez autour de vous l’encouragement : vous

exemple et vous seriez un grand citoyen respecté et

Voyons donc! cette satisfaction, cette oeuvre bienfaisante ne constituent-ils 2 une existence des plus enviables et tenant en quelque sorte de la souveraineté ?

Quel autre homme de profession pourrait se proclamer plus

agri-

De nos jours

Léon Say écri-

industrie qui doit être

t les principes que l'in-

ses affaires qui seuls peuvent appartient.’

M. de Béhagne disait à son me jadis, un métier, mais une e savoir, l'ordre et l’économie, trie, comme la comptabilité en

uvre par l'emploi de ilisant les données de science.

Comment s'enrichir avec l’agriculture?

Devrait-on seulement question après ce que nous venons de dire plus précis,

umerons to “tant vau

Pour grenrichir en agriculture il faudra connaître ce

qu'on a l"“Economie rurale” qui est la “branche de la science agri-

Cole qui enseigne la manière dont i] faut er les des divers éléments Se

com nt les ressources du cultivateur, soit entre eux, soit vis-à-vis on la plus grande Prospérité de l'entreprise comme la définit M, E. Youzier: “L/6.

conomie rurale, dit encore Loudet, a pour but d'enseigner au cultiateur à produire avec profit.” ï

Mais comment doutera-t-on que l’agriculture puisse enrichir quand c’est elle dui nourrira les populations affamées de l'univers : ns 17 a la machine pour remplacer la main-d'oeuvre ;

de fer pour transporter ses produits aux coeurs des pres vill

monde; quand la science, r quels procédés ed 4 les méthodes elle peut le mieux obtenir les plus beaux produits de nature végétale ou de nature animale ?

Qu'il fasse de la culture intensive ou d agriculteur peut, s’il le veut, faire fortu

e faire produire à notre vieux sol, généreux et toujours fécond tous les produits qu’il veut puisqu’avec les engrais chimiques il possède, au dire de M. Hanotaux un instrument d’ extraordinaire, Ê ”

L'enseignement agricole

La science qu'il lui faut pour s'enrichir dans l’agriculture le jeune homme l’acquerra dans les écoles et les collèges d’agricul. ture de sa province.

Dans le district de Montréal, à Oka, se trouve une des plus célèbres de ces écoles ; elle est dirigée par les trappistes. Le cours est de quatre ans au coût de $180 par an, comprend l’enseigne. inent et la pension. Des bourses au montant de $50 sont aussi accordées par Je &ouvernement sur recommandation.

science agricole le jeune agriculteur peut encore la puiser dans ces innombrables revues et périodiques, qui chaque semaine et chaque mois viennent le renseigner,

incomparable vie des

, je fonderais à cette fin des colonies l'avantage de se

Si j'en avais les moyens de vacances, pour donner à nos enfants des villes,

one En A à. D

tremper dans la grande et réconfortante vie au grand air, de la srande à et belle vie des prés et des bois.

J'espèrerais ainsi faire naître chez eux l'amour de la terre, de la bonne terre, qui vous donne santé, fortune et bonheur.

Un poète “ à son ami le payson.”

Comment Pourrai-je mieux clore ce chapitre autrement qu’en citant ces vers de Charles Grandmongin, qu’il adressait “à son ami le paysan” et que je dédie à tous les pères :

Ton fils grandit, qu'en vas-tu faire ?

J tu » lui

et notre atmo Et le tralala d'aujourd'hui...

Tu veux pour ta Progéniture L'apothéose du trottoir,

t tu veux aussi le grattoir Qu'on manie à la Préfacture,

Et dans ton délire d'orguei!

Paysan, tu contemples même

Comme une couronne suprême

Le vieux rond de cuir d'un fauteuil !

© toi dont l'ignorance folle Et dont l'impatient émoi Révent pour tes fils et pour toi Je ne sais plus quelle auréole,

Songe donc à la liberté !

le des champs, regarde la terre !

Scrute le palpitant mystère De sa rude fécondité >

Et si les cités sont stériles, Si plus d’un moderne cerveau Dédaigne les ardeurs civiles,

fais-nous un Peuple nouveau.

Un peuple fort comme les chènes, Et fiers de ses coeurs indomptés Tout prêt pour les luttes prochaines Et les prochaines libertés !

: Mine RENE ag, à

Page 1