‹ Notre jeunesse et l'ère nouvelle [microforme]Chapitre 17 sur 24 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

L'industrie: sa grandeur et sa beauté. —Le grand rôle du génie civil.—L'importance des métiers. — L'école technique

A l'a du pays, le premier ministre feste un si reconforta

prospé- Quand le capital affluera, vil et des ouvriers de tous ra partout le bien-être et la périté

C’est à cette grande oeuvre de réveil économique que la jeunesse canadienne est conviée quand elle est invitée à embrasser la

Carrière industrielle.

L'industrie: sa grandeur et sa beauté

* Mair ce serait se faire une bien fausse idée de ce que c’est que lindusti e si on allait croire qu’elle fera de nous un peuple exclusivement adonné à la matière; un peuple chez qui l’industrialisme ou le matérialisme tuerait l'idéal.

Entretenir un telle pensée signifierait done que la Canadienfrançais doit se désintéresser du Progrès économique de sa province et que ce n’est pas pour lui que le Créateur a répandu sur une aussi vaste étendue les riche compte, il vaudrai i bi i

avec nous la tâche de gnerons nous-mêmes.

c'est dire que nous contribuerons de plus en plus à nous assujettir à l'esclavage économique,

À ceux qui croiraient encore que l'industrie, qu’ils confondent avec l'industrialisme, tuerait l'idéal chez nous, je pourrais dire que bien au contraire, un peuple mourra s'il ne vit ge l'idéal et

c'est bien ce qu'un poète, le comte du Pontavice de Heusse disait lui-r1ême quand il écrivait :

“Car tout peuple amolli dans ses grasses campagnes, “Oisif près de l'engin eg «4 de le nourrir, “Tout peuple satisfait est bien près de mourir,”

Mais c’est la réalisation d’un idéal que l’industrie poursuit quand elle recherche les moyens d'assurer le plus de bonheur à l’homme en mettant, sous mille formes diverses, tout ce qui pourra lui rendre la vie moins pénible et plus heureuse.

En effet, comme l’écrivait Gausseron : “Quoi de plus grand, de plus véritablement poétique que la transformation de la nature

rute on oeuvres d’art et en produits utiles à l’homme, que la vapeur, l'électricité, le fluide magnétique mis au service de notre

nsée et devenus des instruments en nos mains ?” Mais c’est ‘ina, “trie qui, augmentant sans cesse la production contribuera à faire baisser le coût de la vie: c’est elle encore qui nous habille; c’est elle qui meuble nos maisons ; c’est elle qui garnit notre table ; c’est elle qui met à notre portée les choses les plus usuelles.

Développer l’industrie, c’est encore aider à la solution de la question sociale, puisque c'est répandre de pres en plus le bienà non seulement parmi une classe privilégiée mais parmi le peuple. |

Et l’industrie, comme l’agriculture, est une des professions où il n’y aura pas de sitôt de l'encombrement, car quelques multiples que soient les er industrielles, “les besoins augmentent avec la facilité de les satisfaire.”

Le rôle économiqu= de l'ingénieur civil

Et quel sera le grand collaborateur, le cerveau de l’industrie, ur agitat molem, qu'on pourrait dire, si ce n’est l'ingénieur civil, :

Sans doute l'industriel est celui qui conçoit, mais c’est l’ingées civil qui exécute; sans lui l’industrie ne serait qu’un concept.

Le R. P. Didon, qu’on rie saurait accuser de matérialisme, décrivait dans les termes suivants, le granG rôle de l'ingénieur civil:

“Ceux dont l'intelligence a la force de s'initier aux secrets de } nature, à ses lois, aux maniemerits de ses énergies mystérieuses, deviennent les pionniers de la civilisation matérielle, Ouvriers sublimes de Celui qui a fait le monde, ils sont destinés à la trans-

elles.

de la bienmi le

sions mulaug-

strie, rieur

ingécon-

, dévil:

8 de 1ses, riers ANS-

former, l'océan e

ent les mers olossales et utipar leur beauté, par leurs , l'incontestable supériorité de l’homme sur te créature visible,” Le qe civil ainsi entendu devient don sans de un peuple, dont il m

oses et fournir l’occasi

uire et de s'affirmer.

e devrait être la politique de demain de nos gouvernements et de nos grands industriels, Qu'ils demarident la coopération du génie civil, qui domptera la nature; c'est “l'esprit vivant qui s’em- Parera du monde inanimé.”

Il est incontestable que c’est l’industrie qui a fuit de l’Allemagne un des grands pays du monde et ce sont des ingénieurs qui ont couvert d'usines jusqu’à la moindre petite ville; de même en est-il des Etats-Unis, et je dirais même de l’Ontario, dont Je vieux

uébec est aujourd’hui un des tributaires au point de vue de l’industrie manu acturière,

Avec l’Ere nouvelle il faudrait activer chez nous l'essor in-

el et mettre à contribution le génie civil, qui deviendra alors

lle et grande Carrière,

C'est à l'Ecole Polytechnique que se forme l'ingénieur civil. Cours est de quatre ans et le coût est de $150 par an, soit $15 par mois.

le, mieux démontrer l'importance des X proverbe français qui dit: “Méieux que rente”, — Quand un avocat, un notaire, un

médecin, un professeur, bref, un homme dit de “profession” sera parfois dans l'obligation de déserter sa carrière pour aller deman-

der à une autre sa subsistance et celle de sa famille, l’homme qui possède un métier est tou ours assuré du lendemain.

En ces dernières snn 8, alors que tant de revers de fortune ont bouleversé bien des existences, combien de ceux qui furent frappés eurent été heureux de posséder un métier ? Sans métier, ils durent accepter des emplois bien peu rémunérateurs, parfois bien modestes, et nombreux sont ceux qui, après avoir connu la splendeur, virent la gêne, et quelquefois : misère entrer chez eux.

gnité et le san de nos ploitait.

seulement assuré à l'ouvrier e influence presque prépondépermet de vivre une vie rela- Vraiment, je ne connais pas S un traitement aussi avantan apparence l’homme de pro-

es exigences professionnelles et ser beaucoup plus que l’ouvrier.

élève l’homme qui l’embrasse il

Que l'artisan se rende bien com plus, à la société pas de vue

verser l'ordre social; qu’il n’y a que lui qui compte, qu’il est le génie qui délivrera le monde de l'oppression : mais que l’ouvrier ne se laisse pas endormir et qu’il se rappelle la remarque du renard: “Que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute”. C’est ce qu’on a vu dans toutes les révolutions et c'est encore le spectacle que nous offre le hideux bolchévisme.

Oui, l’ouvrier a des droits sacrés, et pour cela même incontestables, mais membre d’une collectivité, il a ‘aussi des devoirs, et c’est la pratique de ses devoirs qui assureront la paix et le bienêtre, à lui, aux siens et à tous ses compatriotes, sans quoi ce sera le désordre social dont il souffrira autant que quiconque.

De nos jours il n’est Pas un ouvrier qui ne trouve l'avantage de s’instruire ; qu’il mette son instruction au service de son métier et il verra quelle valeur il pourra acquérir,

inier Lenôtre, le potier Wedgewood, l’ébéniste Boule, qui ont été de grands

artistes, sans cesser d'être des hommes de métiers.

L'homme de métier est autant que l'ingénieur civil, le collaborateur de l'industriel. C’est lui en somme qui donnera une forme aux conceptions de l’un et de l’autre et c’est ici qu’il devient un homme indispensable.

Nos jeunes compatriotes auraient donc bien tort de dédaigner

les métiers, puisque c’est une carrière, plus assurée du succès que

aucoup de professions dites “libérales”. L'homme de métier,

intelligent, actif, qui cherche sans cesse à se perfectionner fera

fortune bien plus vite que d’autres qui moisiront sur des dossiers ou des actes, pourvu qu'il soit économe, probe et bon citoyen.

L'école technique

C’est pour assurer un bel avenir aux hommes de métiers que Sir Lomer Gouin a créé les écoles techniques et les résultats obtenus jusqu'ici démontrent bien que le premier ministre n'a pas été trompé dans son espoir.

Jusqu'à l'ouverture de l'école technique à Montréal, nos jeunes gens n'avaient pour apprendre un métier et s’y perfectionner que les cours des Arts et Manufactures. Nombreux ét

e, elles virent augmenter le nombre de leurs élèves. Il en ser’ ‘e même aussi longtemps que

notre jeunesse saura apprécier les bienfaits de cet enseignement, qui est l’enseignement d l'avenir.

Aux écoles techniques on enseigne tout ce qui peut former un expert, et l'élève de ces écoles apprend la mécanique, la modèlerie, menuiserie, la forgerie, la fonderie, le dessin, l’ajustage, l’automobile et les applications de l'électricité, É

Le cours à cette école est de trois ans et le coût varie de $3 à $5 par mois, selon l'importance du cours. Des bourses sont aussi accordées par le gouvernement après concours.

née qui, durant leurs Vacances gagnent assez pour subvenir à leurs dépenses, à leur subsistance et au coût de leur enseignement,

L'école technique est appelée à jouer un grand rôle dans le

à ceux qui auront su en pro-

fiter. Il ne sera plus besoin, comme autrefois, d’aller chercher à

l'étranger des experts ès-métiers; on trouvera ici même ceux qui

organiseront nos grandes usines et qui les dirigeront. L’ouvrier

canadien-français, ou qu’il soit dans sa province ou à l'étranger,

est renommé. Qu’on en parle aux grands industriels de la Nouvelle-Angleterre :

gence, n’a pas son pareil. Il faut donc lui donner toutes les chances de réussir et aujourd’hui avec les avantages qu’! trouve dans l’enseignement technique, et dans le trav

qu’à lui de faire un succès de sa Carrière.

Le bien plus les mains calleuses de }

sant un métier; en ce faisant il tiendra à la main non seulement loutil de sa propre fortune, mais

Page 1