CHAPITRE SIXIEME
La finance et ses diverses branches.—La banque.—La Bourse.—Le courtage.— La comptabilité,
gnement prampatriotes visent que confier té les risquer et peut-être les perdre. Aujourd’hui il n’en est compatriotes i
Je définirais donc la finance: “la profession qui a pour objet sa faciliter le placement des capitaux en vue de les rendre productifs”.
Comme on le voit ce n’est dans un
he ère de prospérité, à condition que nous voulions y contriuer. -
En ce moment où le problème social se pose p'us qu’en aucun temps par le fait du chômage de milliers et de milliers d'ouvriers, le capital peut jouer un grand rôle. I] peut plus encore que l’agriculture et l’industrie, dont il est l'indispensable instrument, aider à la solution de ce problème.
Ce capital accumulé et dont notre province abonde peut utilement servir à l'amélioration de toutes les classes, des agriculteurs, des industriels, des colons, des ouvriers, et alors il ne sera plus un capital mort, mais un capital social comme le définissait M. Schneider dans un interview du “Figaro”, le 6 août 1892; c’est-
-dire qu’en comprenant la production agricole, en construisant plus d'usines, en ouvrant d’autres régions à la colonisation, en érigeant des logis, on fait appel à la main-d'oeuvre, comprenant des milliers d'ouvriers, des milliers d'ingénieurs, et des milliers de colons. Alors plus de chômage, plus de mécontentement, c’est la paix sociale, c’est le bien-être, c’est la prospérité. Et l’homme qui ser2 appelé à opérer ces bienfaits n’est autre que le financier.
Mais la finance est une vaste profession, si je puis ainsi dire, puisqu’elle comprend la banque, la bourse, le courtage, qui luimême se suddivise en plusieurs sections, et la comptabilité, Il convient donc de faire connaître chacune de ces branches à la jeunesse, pour qu’elle soit moins embarrassée dans son choix.
La banque
Peut-être s’en trouve-t-il de mes jeunes lecteurs qui ne se font pas une idée exacte de ce que c’est que la banque ; je ne leur en fais pas de reproche, puisqu’à leur âge je l'aurais mérité peutêtre plus qu'eux. C’est pourquoi je veux bien leur donner la définition la plus saisissante, selon moi, qui est de Raphaël-Georges Lévis, et qui illustre bien la fonction de cette institution: “ La banque est cette branche de Pactivité économique qui a pour objet le commerce des capitaux indispensables aux autres négoces. Elle constitue dans son ensemble le réservoir où viennent puiser toutes les entreprises: sa mission consiste d’une part à recueillir les sommes disponibles qui cherchent un emploi fructueux, d’autre part, à mettre ces sommes en valeur en les faisant servir au commerce, à la finance, à l'industrie, dans leurs formes et les applications les plus diverses. C’est une pompe à la fois aspirante et foulante: elle sollicite l'épargne en recueillant les moindres capitaux, fruit du travail et de l’économie, puis elle lance dans la circulation les ressources ainsi concentrées par elle, qui permettent la création constante de nouvelles entreprises, l’utilisation de nouvelles forces, la production de nouvelles richesses.”
Et cette fonction de la banque se multiplie par le grand nombre de succursales qui existent n.sintenant jusque dans les plus
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mployé de banque n’est sûrement pas ce Cez jeunes gens qui entre-: au service d’une e responsabilité dont is ne
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tions ; ils e rd onfie le soin et le placement. Commette
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Pourtant l'employé de banque ne reçoit pas toujours un traitement en rapport avec l’importance de ses fonctions, et quand il arrive à l'obtenir, c’est après avoir longuement et durement peiné. Toutefois sa situation n’est pas sans issue; grâce au commerce presque journalier avec des hommes d’affaires, il peut arriver à se trouver un bon emploi de confiance, qui lui assurera un bel avenir. C’est pourquoi l’employé de banque ne devrait jamais
désespérer et pue sa position comme temporaire et comme es perspectives sérieuses,
La bourse
devant lui ouvrir
it 1 ble ce que c’est que la
mes agioteurs, naïfs; mais aujourd'hui les Canadiens-
que cela et reconnaissent que la Bours
et ils y recourent parfois un peu trop
Comme l'écrivait un jour M. À.
te français, “la Bourse répond à un résultante, amenée yar la force des la division du travail.
ristique. L’épargn vient y chercher d les i peuvent couvrir à l'aide des impôts annuels et que les grandes entreprises, auxquelles ne suffirait pas la fortune d’un ou de plusieurs individus, se procurent les ressources nécessaires.”
Ainsi c’est à la Bourse qu’on peut acheter des obligations émises par les gouvernements fédéral ou provinciaux ou par les municipalités ou les obligations et les actions des compagnies, et d'institutions diverses, comme les chemins de fer, les entreprises industrielles, les banques.
C’est à la Bourse que se pratique la spéculation “qui est l’opération du commerce faite en vue d’un changement prévu dans 1e prix coûrant de la marchandise qui en fait l’objet. Elle se dis-
tingue des opérations ordinaires en ce ge celles-ci sont faites en vue des prix existants ou pour la satisfaction des besoins actuels ou habituels”,
rogrès”.
oin que de poursuivre
à ceux qui ne la conn Si d opérer au grand réveil ent se désintéresser de la Bourse, qui n’a autre fonction que d’aider à amener ce réveil et j’inviterais avec d'autant plus d’empressement mes compatriotes à étudier ce mécanisme, que ceux qui s’y sont spécialisés jusqu'ici ont presque tout réussi à devenir des experts.
Le courtage
Le courtage, divise en beaucou mobilières
ge qu'il y a ra de l’inté-
rêt des courtiers en ces valeurs de continuer à faire l'éducation de notre peuple là-dessus, et: du même coup ils s’assureront une clientèle de plus en plus nombreuse et des bénéfices de plus en plus considérables.
LE COURTIER EN ASSURANCE peut aussi espérer au succès s’il veut s’en donner la peine. De nos jours on s'assure contre tout: la mort, la maladie, les accidents corporels, les valeurs, le feu, les naufrages, la grèle ; on assure sa vie et celle de son bétail, on assure ses propriétés mobilières, ses marchandises, Or, c’est à des courtiers ou agents qu’on a recours pour s'assurer, et les agents retirent toujours une bonne prime.
On ne saurait trop recommander à nos compatriotes de placer une partie de leurs capitaux ae dans l'assurance sur la vie, parce qu’elle constitue la meilleure épargne et le plus impérieux des devoirs. M. Paul Leroy-Beaulieu faisait bien voir le quadruple avantage d’un tel placement quand il écrivait: “I1 procure en cas de mort prématurée un capital qui n'aurait pu être formé intégralement par l'épargne : il induit, s’il ne contraint pas à une épargne régulière, continue et méthodique : il facilite la capitalisation a intérêts composés, une grande société outillée à cet effet pouvant mieux la pratiquer qu’un simple particulier: il garantit l'épargne contre les mauvais traitements.”
Pas un de mes jeunes lecteurs ne devrait rejeter ce conseil d’un homme qui a vu tant d'exemples, et encore récemment, des conséquences terribles de l'imprévoyance. Et plus on s’assurera
plus il faudra d'agents d'assurances, et ce sera autant de chances pour les nôtres de réussir dans cette profession. :
Le courtier en immeubles
De celui-ci on ne saurait dire autre chose à cette heure, qu’il traverse une crise terrible. De 1908, environ, à 1913, les courtiers en immeubles ont fait florès, seulement la crise financière de 1913, suivie aussitôt de la guerre a été pour un grand nombre une désastreuse épreuve ; maïs il faut espérer en des jours meilleurs ; toutefois il faut attendre qu'ils reviennent avant de s’engager dans cette carrière, sans quoi on courrait au devant de bien des déboires et des déceptions.
J’ai indiqué ici les principales classes de courtiers ; pas n’est besoin d’allonger cette énumération ; je ne voudrais pas tout de même terminer l'étude de ce sujet sans dire que pour réussir comme courtier il faut jouir «2 la confiance et de l'estime du public, et cette confiance et cette estime on les acquerra par une conduite irréprochable, par une grande loyauté, par une plus grande intégrité et par une scrupuleuse honnêteté.
Il ne faut jamais ‘romper personne, et pour ne pas tromper les autres il faut commencer par ne pas se tromper ; pour cela il faut bien se renseigner, se bien pénétrer de ses fonctions ; une
erreur, une faute, une malhonnêteté peuvent amener la ruine de biens des familles et de cela les preuves abondent.
La comptabilité
D’aucuns croiront qu’en parlant de la comptabilité j'ai en vue cette fonction qui consiste à tenir scrupuleusement, avec ordre et exactitude les livres d’un établissement ; on se tromperait. La comptabilité de nos jours joue un bien grand rôle. On comparerait l'organisme économique à un grand navire, que c’est au com er se je confierais le soin de conduire le navire ; il en serait e pilote.
pour l’agricuiteur, l’
qui les éclaire sur 1 sert à se diriger dans leurs opération: mptable qui est en somme le grand financier de toute institution ; Sans lui la maison en apparence la plus solide peut s’écrouler ; il est le pilier, — C’est lui qui découvrira les écueils et les récifs sur lesquels le navire pourrait aller se briser.
Les affaires ne se font plus comme autrefois et le 25 avril 1914, M. Georges Gonthier, qui jouit d’un grand renom comme comptable expert et financier, le disait bien lors du premier banquet de l’Institut des Comptables dont il est le fondateur et le président: “Autrefois les transactions a:
temps entre
anonymes le commerçant, l’industrie ï
traite avec des hommes qu’il n’a jamai
à des centaines voire des milliers de
pour des sommes plus considérables
toute leur vie,
fidèlement le détail
leur ensemble,
De 8 les cas les plus graves;
édecin, celle du comptable itive et sans appel et dans r prononcer un
que sera dévolue la tâche de protésoient financières ou commerciales, M. Savigny appelle “l'inertie on la con-
fiance aveugle des actionnaires, l'imprévoyance ou l'impéritie des administrateurs ou gérants.”
avocats ou les no
a deux associations, Accountants) et
titut des Comptables et Audite
tefois dans l’une
fran Pare
un nis et en Angleterre, Il fau urtant que cela vienne. On ne peut plus, dans les conditions actuelles, laisser au premier venu e soin des affaires parfois gigantesques, comme d’ailleurs on ne consulterait pas le premier homme qui se dit avocat ou médecin ed élucider un point de droit ou un cas de maladie, Le public a besoin de plus de cela; il faut que le comptable devienne un homme d'autorité, autorité que lui confèrera son titre de membre de la profession, qui ellemême garantira par le brevet + 6 octroira, de la science, la compétence et l’honorabilité du titulaire.
L'organisation économique va prendre une trop grande importance pour que le comptable reste un homme qu'aucune institution ne recommande, Et quand la profession sera organisée il y aura encore plus d'avenir pour les jeunes gens, puisqu’en outre du titre qu’ils porteront, ils jouiront du prestige de la profession dont ils feront partie. Il faut donc encourager nos jeunes compatriotes à se spécialiser dans la comptabilité ; c’est une science aride, fatigante, qui cause bien des insomnies, mais elle a aussi ses avantages, et on voit tous les jours d'anciens comptables atteindre les plus hauts sommets du monde des affaires. La tâche n’est pas au-dessus de l'intelligence du Canadien-français, qui dans cette sphère encore, a su faire ses preuves, parfois au grand étonnement de ses compatriotes anglais.