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CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES CHAPITRE PREMIER

Que sera l’Ere nouvelle ? — Notre jeunesse : son passé, son avenir.—Il faut qu’elle atteigne les sommets. — Comment y parviendra-t-elle ?

Alors que l’on discute ce qu’il faut faire pour que le Canada gd le plus possible des fruits de la victoire; qu’on recherche es moyens d’assurer une place de choix à notre province dans la Confédération, n'est-il à propos, n'est-il pas même d’importance primordiale de considérer par quelle voie la j unesse canadiennefrançaise atteindra, à son tour, les destinées qui lui sont assignées ?

Ce serait vraiment se désintéresser d’un des plis graves problèmes de l’avenir de notre race que de laisser aux événements de décider du sort de milliers de jeunes gens et ce serait, croyonsnous, presque un crime de lèse-nationalité.

Il faut, bien au contraire, s’attacher à l'étude de l'avenir de notre jeunesse; et à l’aube de l’Ere nouvelle de paix, il importe de diriger notre jeunesse vers les sommets. Les dons dont elle est douée et sa très noble lignée, lui commandent d’aspirer au faîte de la vie nationale.

C’est bien ce que le R. P. Hermas Lalande, s.j., conseille à notre jeunesse dans un poême que le compositeur Larrieu vient de mettre en musique:

La Sainte-Eglise et la Patrie ‘ Tout chante et tout bien haut crie:

Vers les sommets fixez vos yeux

Montez toujours, montez joyeux,

Tout comme les aleux

Montez, montez, montez.

N'est-ce pas là, mis en vers français, l’In summis excelsisque verticibus des Livres Saints ?

Mais comment donc notre jeunesse parviendra-t-elle aux sommets, si elle ne connaît pas ses devoirs de l’Ere nouvelle ?

Ce que sera l’Ere nouvelle

: Il est bien vrai que l’Ere nouvelle est une ère de paix ; mais elle n’est pas une ère de repos. Elle s’ouvre avec la victoire que

sion de la race française qui est de répandre la culture la plus pure et la civilisation la plus parfaite ?

L’Ere nouvelle sera :ne ère de liberté. — C'est pour l: triomphe de la liberté que les peuples alliés se sont battus, mais il ne faut croire pour cela que notre Fes ag jouira toujours de la HibertŸ dans toute sa plénitude, Il faudra lutter pour reconquérir toutes celles qu’à la faveur de la Li un gouvernement absolu

érogera-t-elle ? Abandonnerz-

Le R. P. Lalande le rappelait dans le poème déjà cité :

t la uê Qesne ae STE he conte Consns (oi 1200 à le tempéte

tre berté, Fe les clement cire n our mm À Lg = ver! rance

Et à notre jeunesse, le R. P. Lalande disait :

La lutte encore n'est pes finie

Ne nous berçons pas de vains mots, Plus que jamais chez nous l’on nie 3 Leurs droits aux fils de nos

La patrie, amis, nous regarde, Formons-nous aux rudes combats, Afin d’être, un jour, de la

Qui, malgré tout, ne se pas.

L’Ere nouvelle sera l’ère d’une nouvelle orientation politique. —I1 s’en trouvera i les Canadiens pour vouloir rendre plus étroites, par le ce de notre autonomie, nos relations avec la métropole ; d’autres voudront peut-être acheminer notre pays vers l'annexion, pour être englobé dans le grand tout américaiu ; quand d’aucuns espèreront pour notre - trie l'indépendance la plus complète et la plus absolue. À quelle groupe notre jeunesse se ralliera-t-elle ? comment parviendra-t-elle à faire triompher ses vues, si elle n’a ni le prestige ni l’influence pour les imposer et ni le courage pour les soutenir ?

Voilà ce que sera l'ère nouvelle, Notre jeunesse est-elle préparée au rôle qui l'attend ?

J'hésite à le dire ; mais je ne crois as qu’à l’heure qu’il est la jeunesse canadienne-française soit = 10 à accomplir la tâche qui lui incombe.

Ce qu’est notre jeunesse

.… Est-ce à dire que notre jeunesse est vouée d'avance à l’asservissement ? Faut-il croire que la tâche à accomplir est au-dessus de ses forces ? Oh ! bien loin de là et s’il en était ainsi nous eus-

sions été le dernier à entr vrendre le travail que nous publions aujourd’hui.

C'est parce que nou. savons notre jeunesse éminemment douée, c'est que nous mettons en elle tout notre espoir, c’est parce æ nous avons même, en elle une foi inébranlable, que nous vou-

er” la voir conquérir les sommets,

‘inspirant d'une pensée d'Ernest Legoué, je rrais dire:

“On s’émerveille de nos richesses naturelles ; ue Le nez-vous

bien que les têtes dans notre province sont cent fois plus riches,

que les terres, Sachons bien qu’il y a chez nous plus de facultés

intellectuelles, enfouies et inactives, que de millions dans les en-

les de notre vieux sol, Le capital improductif qui dort dans

les cerveaux canadiens-français d passe cent fois, non seulement

le trésor métallique de nos hanques, mais cette puissance de pro-

duction qui jaillit comme enchantement de notre s6l et de son sous-s0], de nos pouvoirs ydrauliques.”

A-t-on jamais bien longuement observé un visage de jeune Canadien-français, que les meurtrissures de la vie n’ont encore défiguré, que la souffrance n’a pas encore fané, que {e vice n’a pas encore ra

C’est une habitude, à découvrir l’âme d’un indivi me suis arrêté à

viner 80 franc touj lui de }’ bien, ous fait d vrir u telligence vive et un coe

e tels dons que notre jeunesse restedans notre pays ? Est-ce avec autant la verrait jouer un rôle effacé sur la grande

Ce que fut le passé de notre jeunesse

Si on repasse l’histoire des dernières trente années de notre histoire, on constatera que la jeunesse des environs de 1895, par exemple, ne tient pas la place qu’elle devrait aujourd’hui occuper dans la Confédération. Notre jeunesse d'alors s’est engagée à peu

près dans une seule voie, celle des professions libérales et aujourd’hui, moi un contemporsin, j'arrive avec peine à calculer le nomde ceux qu'on a désiynés d'un mot bien dur mais bien juste, les ratés. Pourtant j'en ai connus de ces ratés d'aujourd'hui qui étaient des jeunes gens pleins de promesses, doués d’un grand talent et auxquels le plus bel avenir scuriait. est-ce à dire, si ce n'est que ces jeunes sens se sont aventurés dans une carrière qui n'était pas la leur ?

Que constate-t-on d'autre part ? On constate que tandis que l'encombrement des professions libérales était de plus en plus pus les carrières, comme le commerce, l’industrie, l’agriculture, a colonisation, l’enseignement étaient ou désertées ou embrassées par nombre de jeunes gens qui s’y aventuraient sans goût et sans p tion. t-ce que j’exagère ? C’est pourtant bien ce que e P. nur de la compagnie de Jésus, signalait lui-même un jour dans l'Action française,

C'est parce que notre jeunesse n’a pas suivi sa vocation qu'aujourd'hui elle ne commande pas le respect comme au temps où une poignée de ses ancêtres tenait tête à la bande des bureaucrates et à l'oligarchie. Notre jeunesse de 1895 s’est éparpillée dans tout le pays, et dans tout le pays notre race est attama et persécutée ; trouvera-t-elle des hommes assez puissants

s toutes les sphères de la société pour résister à l'assaut ? de le souhaiterais bien.

Mais je me console et je m’encourage à la vue du tacle que je vois aujourd’hui, d’une jeunesse qui se réveille, qui secoue lapathie, qui sort de sa torveur, et à la vue de ce que notre gouvernement provincial fait pour l’encourager à entrer non plus dans les vieilles carrières, mais dans les carrières nouvelles, en donnant son haut patronage à l’enseignement commercial et technique, en stimulant l'instruction agricole et en ouvrant des terzitoires à la colonisation, comme celui de l’Abitibi.

L'avenir de notre jeunesse

Ce n’est pas en se caitonnant dans quelques fessions d'élite que notre jeunesse obtiendra le maximum d'influence dont notre race s bescin, mais c’est en se répandant dans toutes les carrières. a jeunesse est l'espoir de l'avenir; c’est la fleur de notre race et c'est vers elle que nous devons nous tourner, C’est en elle qu’il faut mettre toute notre confiance: c’est à elle que va échoir la tâche d’assurer à notre race sa place, et une grande place, dans le Canada de demain.

C'est pourquoi il faut éclairer la jeunesse, la guider, et seraitce de l’impertinence de notre part de lui indiquer les grandes avenues qui la conduiront vers les sommets de la vie nationale.

11 semble que ce n’est pas m’arroger un rôle qui ne m’appartient pas que d’entreprendre cette tâche patriotique. L'expérien-

io

ce acquise, les exemples que j'ai vus, i rencontrés,

es échecs j'ai subis, me com tre de jeter un ur l’avenir qui se

vie de Van a les lèvres du mond Comme faire fort faire sa Carrière à reux jeune homme ! rière toute faite”, Et /’ pare

Je veux donc d res et je vou

dira: “P, i pée”, tantôt traire utravailler, il a devant lui sa car-

surmonter, et X, j

pionniers race qui

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r Chacune des Carrièautant les ue les jeuque les jeunes *, Mais celle qui abondamment la vie Sociale le

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